Étudiante autochtone performant une expérience dans un laboratoire.
La recherche en STIM a des retombées majeures sur la société, et c’est pourquoi il est essentiel de voir à ce que cette communauté scientifique soit à l’image des collectivités diversifiées qu’elle sert. À l’Université d’Ottawa, l’initiative uOASISS cherche non seulement à attirer les étudiantes et étudiants autochtones dans les domaines des STIM, mais les aide aussi à s’y épanouir pleinement.

L’Alliance d’appui aux étudiantes et étudiants autochtones en sciences de l’Université d’Ottawa (uOASISS) a été fondée pour affirmer une conviction simple, mais puissante : les étudiantes et étudiants autochtones ont leur place dans les STIM. 

Créée au sein de la Faculté des sciences en 2023, puis étendue à la Faculté de génie, l’uOASISS est une initiative commune de la professeure Jaclyn Brusso (vice-doyenne, Affaires professorales et excellence en matière d’inclusion et professeure au Département de chimie et sciences biomoléculaires), du professeur Adam Shuhendler (Département de chimie et sciences biomoléculaires) et du professeur Cory Harris (Biologie). 

Dès le départ, l’équipe responsable a reconnu que l’association devait impérativement bénéficier d’un leadership autochtone. 

« Nous voulions vraiment que le projet uOASISS soit mené par une voix autochtone », explique la professeure Brusso, évoquant les contributions essentielles du Métis Connor Bourgonje, un ancien étudiant de cycle supérieur qui a depuis obtenu son diplôme.

Aujourd’hui, le programme entame un nouveau chapitre sous la direction de la professeure Terri Lovell (Département de chimie et sciences biomoléculaires), qui peut s’appuyer sur sa propre expérience en tant qu’étudiante autochtone en sciences pour l’orienter. 

Si l’équipe de direction a changé, la mission d’uOASISS, elle, est restée la même et demeure axée sur ses trois piliers : la communauté, le mentorat et le financement. Le programme continue d’offrir un réseau de soutien multidimensionnel aux étudiantes et étudiants autochtones en STIM.

Communauté

À la base, uOASISS, c’est avant tout une question de liens. Que ce soit à l’occasion d’un dîner-pizza ou d’un séminaire, les étudiantes et étudiants sont accueillis à bras ouverts, peu importe leur cycle d’études. 

De plus, s’inscrire à un programme de STIM ne veut pas dire qu’il faille troquer un système de connaissances contre un autre. Une série de séminaires mettant de l’avant des thèmes autochtones en sciences présente des chercheuses et chercheurs autochtones, de même que des scientifiques qui travaillent à la croisée de la science occidentale et des savoirs autochtones. Les STIM sont des domaines intrinsèquement collaboratifs, et se nourrissent des perspectives diverses de ceux et celles qui y travaillent.

L’uOASISS intervient aussi hors campus et continue de renforcer l’esprit communautaire en collaboration avec l’initiative Parlons sciences. Dans le cadre de ce partenariat, l’équipe de sensibilisation va à la rencontre des élèves autochtones du secondaire pour les encourager à envisager un avenir en STIM. 

Terri Lovell
Citation
« Notre objectif est d’aider les étudiantes et étudiants des programmes de sciences qui n’ont peut-être pas eu accès à tous les outils nécessaires pendant leurs études secondaires. »

Terri Lovell

— Professeure, Département de chimie et sciences biomoléculaires

Mentorat

Outre les événements visant à renforcer l’esprit communautaire, l’uOASISS propose de précieuses occasions de mentorat. Dans le cadre du programme de parrainage, des étudiantes et étudiants de deuxième année ou plus accompagnent les nouvelles cohortes pendant leur transition vers l’Université. 

La professeure Lovell, qui est originaire d’une petite communauté autochtone de Terre-Neuve, joue également le rôle de mentore auprès de cette population étudiante.

« La première fois que j’ai parlé de mon identité autochtone, les réactions ont été incroyables. Des étudiantes et étudiants de cycle supérieur m’ont remerciée d’en avoir parlé ouvertement. Ça leur a donné de l’assurance et grâce à cette transparence, il leur est plus facile de venir me parler. Non seulement d’identité, mais aussi de leurs difficultés personnelles. Ce sentiment de sécurité est vraiment important. »

Financement

Trouver une communauté où l’on se sent chez soi, de même qu’une personne pour nous guider à travers les méandres de la vie universitaire, peut tout changer pendant les études. Mais le soutien offert va encore plus loin. 

Le programme Pathways, qui met délibérément l’accent sur l’accès et le soutien pour les communautés autochtones, propose des stages de recherche estivaux rémunérés qui permettent aux étudiantes et étudiants d’acquérir une expérience pratique dans des laboratoires de recherche.

La professeure Lovell sait d’expérience à quel point l’accès à des occasions d’apprentissage expérientiel en STIM peut être limité pour les jeunes qui viennent de communautés isolées. Le programme Pathways contribue à aplanir les disparités en permettant aux étudiantes et étudiants de prendre confiance en leurs capacités de recherche et en leur donnant un avant-goût des différentes avenues envisageables aux études supérieures.

« Notre objectif est d’aider les étudiantes et étudiants des programmes de sciences qui n’ont peut-être pas eu accès à tous les outils nécessaires pendant leurs études secondaires. Ça les aide à intégrer le monde de la recherche et à décider si c’est quelque chose qui leur plaît. Peut-être que non, mais peut-être que oui. Pour ma part, c’est seulement quand je me suis retrouvée dans un vrai laboratoire que j’ai réalisé que c’était quelque chose que je voulais faire », explique la professeure Lovell. 

Perspectives d’avenir

À mesure qu’uOASISS prend de l’ampleur, sa vision s’élargit également. L’équipe prévoit d’offrir des occasions de stage pour des élèves du secondaire ainsi que de la formation en ligne qui permettrait aux étudiantes et étudiants de communautés isolées de réaliser une partie de leurs études depuis leur domicile avant de se rendre sur le campus pour suivre le volet pratique. En réduisant leurs frais de déménagement et de déplacement, on pourrait contribuer à rendre l’enseignement supérieur plus accessible.

En soutenant leurs aspirations et en leur donnant un meilleur accès à des occasions qui pouvaient autrefois sembler hors de portée, le programme donne aux étudiantes et étudiants autochtones les moyens d’explorer les différents parcours qu’offrent les STIM et de s’y accomplir. 

Vous êtes membre d’une communauté autochtone et étudiez en STIM à l’Université d’Ottawa? L’uOASISS vous intéresse? Écrivez à [email protected] pour établir le contact et vous joindre au groupe.

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