Katherine Taplin et Tiffany Ange Tchigio Djomou
Aller au-delà de « Bonjour, Hello » : voilà l’objectif du projet CALMe, porté par Katherine Taplin et Tiffany Ange Tchigio Djomou, deux étudiantes en médecine à l’Université d’Ottawa. Leurs cartes de référence bilingues visent à soutenir l’offre active et à faciliter les premiers échanges avec les patients francophones.

Comment poursuivre l’échange lorsqu’un patient répond en français à une salutation bilingue? C’est à cette question que souhaite répondre le projet CALMe (Cartes cliniques d’aide linguistique médicale), porté par Katherine Taplin et Tiffany Ange Tchigio Djomou, deux étudiantes de troisième année de médecine à l’Université d’Ottawa. Leur objectif : soutenir l’offre active de services en français à Ottawa et faciliter les premiers échanges avec les patients francophones.

L’idée est née lors d’une séance consacrée à l’offre active à l’Hôpital Montfort, à laquelle participaient les étudiantes et étudiants de la promotion MD2028. Cette approche consiste à proposer aux patients des services dans la langue officielle de leur choix, sans attendre qu’ils en fassent la demande. Durant la séance, plusieurs se sont toutefois demandé comment poursuivre la conversation si, après un « Bonjour, Hello », le patient répondait en français. Cette incertitude peut freiner l’offre active dès le premier contact.

Pour répondre à ce besoin, le projet prévoit la création de petites fiches de référence bilingues regroupant des expressions et des questions courantes pour accueillir un patient francophone. On y retrouvera notamment des phrases comme « Comment vous appelez-vous? » ou « Je ne parle pas français, mais je vais trouver quelqu’un qui le parle ».

L’accès aux soins en français demeure un enjeu important. Selon les données de Statistique Canada pour 2022, 36 % des adultes de langue française en Ontario qui jugeaient important d’obtenir des services en français estimaient qu’il serait difficile, très difficile ou impossible d’y accéder dans leur communauté. La langue des soins peut aussi avoir des conséquences sur leur qualité et leur sécurité : une étude ontarienne menée auprès de bénéficiaires de soins à domicile hospitalisés a associé les soins prodigués par des médecins parlant la langue des patients à moins d’événements indésirables, à une mortalité hospitalière plus faible et à des séjours plus courts.

Les cartes CALMe visent ainsi à offrir aux étudiants et aux professionnels de la santé un outil simple et accessible pour amorcer l’échange et orienter les patients vers des services en français. Sans remplacer les services d’interprétation médicale, elles peuvent contribuer à un accueil rassurant pendant qu’on sollicite un interprète ou un membre du personnel capable d’offrir des soins en français.

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