Collation des grades 2026 : une diplômée à la maîtrise en épidémiologie met les données populationnelles au service d’un système de santé plus équitable

Par Michelle Read

Rédactrice, Faculté de médecine

Une personne debout devant un tableau noir, souriante et tenant un bouquet de fleurs.
Le parcours de vie de Saredo Mohamed Bouraleh l’a amenée à effectuer des études supérieures en épidémiologie, et à s’intéresser à l’amélioration de la représentativité ainsi qu’aux façons de produire des retombées concrètes dans le système de santé.

En grandissant, Saredo Mohamed Bouraleh a vu ses parents, immigrants originaires de Somalie et de Djibouti, se heurter à de nombreux obstacles en bâtissant leur vie à Ottawa.

« J’ai constaté de près que les systèmes ne sont pas toujours conçus en tenant compte des communautés marginalisées, explique-t-elle. Cela m’a marquée et je me suis donné pour mission de tracer un trait d’union afin d’aider des personnes trop peu entendues à surmonter les obstacles en matière de santé. »

Le 8 juin prochain, elle obtiendra sa maîtrise en épidémiologie de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Choisie comme majore de promotion pour son programme, elle contribue déjà de façon tangible au mieux-être de différentes communautés.

Une personne se tient de profil par rapport à la caméra, le visage tourné vers l’objectif et souriante.
« Je me suis donné pour mission de tracer un trait d’union afin d’aider des personnes trop peu entendues à surmonter les obstacles en matière de santé »

Saredo Mohamed Bouraleh

— Maîtrise ès sciences épidémiologie, 2026

Un choix évident

Mohamed Bouraleh a grandi dans une famille à faible revenu et a dû composer avec des contraintes financières tout au long de sa formation. Première personne de sa famille à entreprendre des études supérieures, elle a obtenu, avec grande distinction, un baccalauréat spécialisé en sciences de la santé à l’Université d’Ottawa, avant d’entamer sa maîtrise.

« J’ai été admise dans plusieurs programmes, mais j’ai choisi de rester à Ottawa en raison du lien profond qui m’unit à la communauté où j’ai grandi et qui continue d’inspirer mon travail », dit-elle.

L’épidémiologie permettait selon elle d’étudier les inégalités en santé à l’échelle des populations.

Cela la plaçait d’ailleurs en bonne position pour atteindre son objectif, celui-ci s’inscrivant parfaitement dans le plan stratégique de la Faculté de médecine, qui fait de la responsabilité sociale une priorité, en visant à aligner les systèmes de santé et la formation médicale sur les besoins des communautés desservies.

« Cette priorité a profondément résonné en moi, explique-t-elle. Elle fait écho à mon parcours personnel et à ma volonté de promouvoir des soins équitables, adaptés aux besoins des communautés. »

Une personne étudiante chercheuse présente son affiche de recherche à une personne venue la consulter.
Mohamed Bouraleh termine son programme de maîtrise en épidémiologie, dans le cadre duquel elle a analysé des données sur les inégalités en santé à l’échelle des populations.

La recherche au service des communautés

Selon Mohamed Bouraleh, produire des retombées concrètes, c’est bien plus que révéler des inégalités.

« Il s’agit de concevoir activement des solutions ancrées dans les réalités des communautés et dans les expériences vécues », dit-elle.

Dans le cadre de ses études, elle a tenté de concilier recherche et participation communautaire afin d’arrimer son travail aux enjeux qui lui tiennent à cœur.

« La collaboration avec les communautés n’est pas un ajout à mon travail; elle en est le fondement, précise-t-elle. C’est ce qui nous permet de passer des présupposés à la compréhension, puis de l’intention à des résultats tangibles. »

Une personne s’adressant à une foule, un microphone à la main.
« La collaboration avec les communautés n’est pas un ajout à mon travail; elle en est le fondement. »

Saredo Mohamed Bouraleh

Elle a été fortement influencée par les travaux de la Dre Claire Kendall, doyenne associée à la responsabilité sociale au sein de la Faculté et directrice de recherche.

« Durant ma formation aux côtés de la Dre Kendall et d’autres membres du corps professoral, j’ai étudié les obstacles systémiques à l’accès aux soins, surtout aux soins primaires, causés notamment par la répartition de la main-d’œuvre, ce qui m’a permis de mieux comprendre l’influence des facteurs structurels sur les résultats en santé », poursuit-elle.

Les conclusions de sa thèse, qui portait sur la contribution des facultés de médecine de l’Ontario à la formation d’une main-d’œuvre en soins primaires socialement responsable, soulignent la nécessité de réformes en matière de politiques et d’éducation afin de soutenir une main-d’œuvre plus ancrée dans la responsabilité sociale.

Lorsqu’elle s’est procuré les ensembles de données essentiels à ses recherches, elle a dû apprendre à faire preuve d’adaptabilité et de patience, et à aller de l’avant malgré l’incertitude.

« Cela a nourri une approche axée sur les solutions, qui a guidé directement ma façon d’aborder la recherche », conclut-elle.
 

Une professeure et une personne étudiante en enseignement assis ensemble à une table devant un écran de présentation, souriant à la caméra.
Mohamed Bouraleh (à droite) et la Dre Mwali Muray, professeure adjointe à l’École des sciences infirmières de l’uOttawa, présentent des travaux de recherche sur la santé mentale au sein des populations noires lors du Congrès de l’Acfas, en mai 2024.

Contribuer à transformer les systèmes

Désormais dotée d’un ensemble de compétences lui permettant d’étudier les inégalités en matière de santé à l’échelle des populations, Mohamed Bouraleh participe à des changements concrets au niveau des systèmes.

Dans le cadre de ses fonctions de recherche à l’Université d’Ottawa et à l’Institut du Savoir Montfort, ainsi que de ses responsabilités au sein de l’Agence de la santé publique du Canada et de Services aux Autochtones Canada, elle a collaboré à des travaux portant sur la santé maternelle et infantile, la lutte contre les maladies transmissibles et l’accès au système de santé, des domaines qui reposent fortement sur la mobilisation communautaire.

« La participation du corps professoral et des membres de la population étudiante comme Saredo nous permet d’avancer notre mission prioritaire, soit de renforcer les communautés grâce aux partenariats, souligne la Dre Kendall. C’est indispensable pour que la recherche, la formation et les soins demeurent en phase avec les besoins des populations que nous servons. »

Le fait de diriger et de soutenir des initiatives axées sur la santé des femmes a aussi occupé une place importante dans son parcours aux cycles supérieurs. Elle a créé des espaces favorisant une éducation adaptée aux réalités culturelles en matière de prévention, de santé mentale et de santé reproductive, notamment en organisant récemment l’événement communautaire Rooted in Wellness consacré à la santé des femmes, aux cliniques Restore Medical.

Ses fonctions de direction ont porté principalement sur la représentation et le mentorat. En tant que vice-présidente du Black Med Collective, elle contribue à créer des occasions pour les personnes noires qui envisagent une carrière en santé, notamment par des activités de sensibilisation auprès des élèves du secondaire. Elle a aussi organisé des colloques de recherche axés sur les populations francophones noires et travaille actuellement à la mise sur pied d’une plateforme nationale de mentorat destinée aux étudiantes et étudiants noirs en épidémiologie et en santé publique.

Un conseiller en orientation et trois personnes étudiantes en enseignement entourent une personne étudiante tenant un certificat de participation.
Mohamed Bouraleh (2e à partir de la gauche) s’est proposée volontaire pour agir comme panéliste dans le cadre du programme de professions en santé destiné aux élèves du secondaire provenant de la communauté noire, organisé à la Faculté en mars.

Diriger avec intention

Les efforts de Mohamed Bouraleh ont été récompensés par de nombreuses distinctions, dont une bourse de formation du Programme de bourses d’études supérieures du Canada des IRSC.

Elle envisage une carrière à la croisée de l’épidémiologie, de la recherche et de l’engagement communautaire. Elle pourrait entreprendre un doctorat à mesure que ses intérêts évolueront, mais son attachement à l’équité, à la défense des intérêts et à une pratique socialement responsable demeure présent.

« Tant que je continuerai d’agir avec intention, résilience et passion, affirme-t-elle, je suis convaincue de pouvoir apporter une contribution importante, quel que soit le rôle que j’exercerai. »

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Toutes les photos, sauf indication contraire : Saredo Mohamed Bouraleh

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