Micael Joseph, Baccalauréat science sociales spécialisé en administration publique 3ème année
Stage de terrain Pays : Bénin
ONG canadienne : Centre d’études et de coopération internationales (CECI)
ONG locale: Woman in law development in Africa (WiLDAF)
Alors que je m’apprête à écrire ce texte, six semaines sur douze se sont déjà écoulées et me voici à la moitié de mon stage au Bénin, plus précisément à Cotonou, une ville en pleine effervescence. Ça paraît peu en termes chronologiques mais, les préparations, les efforts consentis et les apprentissages acquis jusqu’ici représentent bien plus que ça.
Ce stage s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre l’Université d’Ottawa et le CECI (centre d’étude et de coopération internationale), à travers leur programme de coopération volontaire (PCV). Ce programme permet à des étudiants et des professionnels de divers horizons de remplir un mandat dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et tant d’ailleurs, notamment le Bénin, un pays de l’Afrique de l’Ouest. J’ai ainsi eu l’opportunité de participer à ce programme et de collaborer directement avec l’ONG locale WiLDAF, un réseau panafricain qui œuvre pour la promotion et la défense des droits des femmes en Afrique.
À titre d’agent en administration et gestion, mon rôle consiste à comprendre les réalités et le mode de fonctionnement de l’ONG local, à diagnostiquer l’organisation en analysant ses méthodes de gestion, de communication, de rapport et de suivi, puis à proposer des idées novatrices et de nouveaux outils. C’est dans cette optique que j’ai élaboré sous la supervision de mon point focal un plan de renforcement des capacités numériques pour le personnel WiLDAF-Bénin, structuré autour de cinq ateliers pratiques. Le premier, porte sur Sharepoint, pour centraliser et sécuriser la gestion documentaire de l’équipe. Le second introduit Google Docs comme outils de rédaction collaborative, pour réduire les doublons de documents et accélérer le travail d’équipe. Le troisième forme le personnel à Jibble pour le suivi du temps de travail et des présences. Le quatrième fait découvrir Kahoot pour dynamiser les formations internes à travers des quiz interactifs. Le cinquième enfin, initie l’équipe à Canva pour produire des supports de communication visuelle professionnels, afin d’harmoniser l’image de WiLDAF et réduire les coûts de conception graphique externe. Chacun de ces ateliers a été conçu avec un objectif général, des objectifs spécifiques, une activité pratique et des résultats attendus, le tout avec l’appui et la collaboration de toute une équipe dévouée, afin de soutenir et de renforcer les capacités de l’équipe terrain dans le cadre de sa mission.
La mise en œuvre de ce plan n’a toutefois pas été sans défis. Une partie de l’équipe travaille en ligne tandis qu’une autre est mobilisée sur le terrain, réunir tout le monde au même moment, pour un même atelier, s’est révélé être un véritable casse-tête à plusieurs moments. Expliquer certains logiciels a aussi demandé plus de temps et de patience que prévu, particulièrement pour les membres moins familiers avec les outils numériques, ce qui m’a appris à adapter mon rythme et mes méthodes de formation selon le niveau de chacun.
Voulant réaliser quelque chose de spécial et vivre une expérience qui sort de l’ordinaire dans le cadre de mes études, je me suis lancé dans cette nouvelle aventure au Bénin. Ce stage m’a donné l’opportunité de me redéfinir, de découvrir d’autres aspects de ma personne et de développer de nouvelles compétences tant sur le plan académique, professionnel que personnel. Sur le plan professionnel et académique, j’ai pu faire le lien entre les théories et la pratique, et réaliser qu’il existe une ligne qui sépare les théories apprises à l’université et leurs adaptations à la réalité du terrain, à l’échelle internationale en plus, ce qui ajoute une autre dimension à mon apprentissage. J’ai pu découvrir le monde du développement international à travers les ONG locales et internationales, mais aussi la découverte d’une autre culture. Je crois que je gagnerai en maturité après cette expérience car, tout au long de ce stage j’ai su prendre de très grandes responsabilités, faire des choix et en assumer les conséquences, m’adapter à des situations qui m’étaient complètement inconnues avant ce stage, mais aussi avoir la capacité à regrouper des outils et de faire la rencontre d’autres personnes et d’avoir une nouvelle communauté dans une ville où je ne connaissais personne au départ.
Du point de vue personnel le Bénin représente pour moi plus qu’un simple pays d’accueil choisi par hasard. C’est plutôt un moyen de me connecter avec l’histoire et me faire une idée de ce que les descendants afro-caribéens ont vécu à l’époque de l’esclavage. Bien que qu’éloigné de ma famille et de ma communauté, je me sentais, par plusieurs aspects chez moi. Dès mon arrivée sur le terrain, l’endroit m’était étrangement familier, ce qui m’a beaucoup aidé à accomplir mon mandat.
Visiter des sites touristiques et historiques comme la ville de Ouidah et sa célèbre porte du non-retour, un lieu chargé d’histoire par lequel des milliers de personnes ont été déportées durant la traite négrière représente un moment fort et marquant de mon séjour au Bénin, c’est une façon pour moi de boucler la boucle entre mes racines et cette terre qui m’a si chaleureusement accueilli.