Drapeau d'Alberta
Des séparatistes de l’Alberta disent avoir recueilli un nombre suffisant de signatures pour déclencher un référendum sur l’indépendance de la province. La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, n’exclut pas de convoquer un tel scrutin, des groupes autochtones s’y opposent invoquant les droits issus des traités, et le directeur du SCRS met en garde contre la menace d’ingérence étrangère dans le dossier.

Les médias peuvent communiquer directement avec  :

André Lecours (English and French)

Professeur titulaire, École d'études politiques, Faculté des sciences sociales.

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Les recherches et l'expertise du professeur Lecours portent sur les politiques canadienne et québécoise, le nationalisme et le fédéralisme.

« Voici ce qu’il faudra surveiller : la décision des tribunaux concernant la contestation autochtone de la pétition et, éventuellement, la décision du gouvernement albertain quant à la tenue d’un référendum sur l’indépendance. »

Robert Falcon Ouellette (English and French)

Professeur agrégé, Faculté d'éducation.

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Le professeur Falcon-Ouellette - ancien député libéral – peut discuter des affaires autochtones, les politiques canadienne, le droit constitutionnel, les droits de la personne.

« Le mouvement séparatiste albertain ne date pas d’hier. Il tend à s’intensifier lorsque la population éprouve un sentiment d’aliénation par rapport aux décisions économiques et politiques d’Ottawa, surtout en ce qui a trait à l’énergie et aux ressources naturelles. On a pu observer cette tendance de façon marquée lors de l’annonce du programme énergétique national dans les années 1980, et des frustrations semblables refont surface aujourd’hui.

« Ce qui rend la situation actuelle différente, c’est l’influence des médias sociaux et des acteurs étrangers. Des recherches récentes montrent que des réseaux en ligne artificiels et des chaînes YouTube associées à des intérêts étrangers amplifient le discours de mécontentement autour de la question, donnant au débat une résonance et une intensité accrues sur Internet.

« Du point de vue des peuples autochtones, la séparation de l’Alberta ne peut pas être considérée comme un enjeu relevant uniquement de la politique provinciale. Le territoire de l’Alberta est régi par les traités numérotés 6, 7 et 8, des accords entre les Premières Nations et la Couronne qui précèdent la création de la province. Toute discussion sur la séparation soulèverait inévitablement d’importantes préoccupations liées aux traités et de nature juridique et constitutionnelle.

« De manière générale, le débat fait ressortir une question plus profonde à propos du sentiment d’appartenance et de la représentation au pays. Nombreuses sont les personnes dans l’Ouest canadien qui souhaitent être entendues et respectées au sein de la Confédération, et cette frustration latente mérite d’être prise au sérieux, même si une séparation en soi demeure peu probable. »

Patrick Fafard (English and French)

Professeur titulaire, École supérieure d'affaires publiques et internationales, Faculté des sciences sociales.

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Le professeur Fafard peut aborder des thèmes autour des politiques canadienne et québécoise, le nationalisme et le fédéralisme.

« La pétition réclame la tenue, plus tard cette année, d’un référendum qui porte sur l’indépendance, sans que cela signifie pour autant que l’Alberta deviendra un pays indépendant à court terme.  Les embûches sont nombreuses, à commencer par un appui populaire à la séparation qui demeure limité selon les sondages. Cela dit, la montée du mouvement indépendantiste albertain est un symptôme de deux changements politiques profonds.

« Premièrement, le gouvernement provincial adopte une position prudente, ce qui tient notamment au fait que plusieurs membres du caucus conservateur et du cabinet sont favorables à l’indépendance de l’Alberta. Deuxièmement, l’appui au projet séparatiste témoigne d’une insatisfaction profonde à l’égard du système politique et d’un désir de changement radical. » 

Michael Bernard Wernick (English and French)

Professeur à temps partiel, École supérieure d'affaires publiques et internationales, Faculté des sciences sociales, et Chaire Jarislowsky en Gestion du Secteur Public.

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Les recherches du professeur Wernick portent sur les politiques canadiennes, incluant la gouvernance démocratique et la prise de décisions politiques au Canada, l’ingérence étrangère et la cybersécurité, et l’économie canadienne.

« À mon avis, la grande différence avec les référendums passés – au Québec, en Écosse, en Catalogne ou lors du Brexit –, c’est qu’on évolue désormais dans un environnement de désinformation sophistiquée, d’hypertrucages générés par l’intelligence artificielle et d’ingérences étrangères actives.

« Dans le passé, ce sont d’autres figures politiques québécoises, notamment Pierre Trudeau, Jean Chrétien, Claude Ryan, Jean Charest et Daniel Johnson, qui ont eu le dessus sur des souverainistes de premier plan comme René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry. S’il devait y avoir un référendum en Alberta, il appartiendrait aux Albertaines et Albertains attachés au Canada de se mobiliser et de convaincre les esprits et les cœurs. »

Errol Mendes (English only)

Professeur titulaire, Faculté de droit - Section common law.

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Le professeur Mendes est spécialisé dans la politique canadienne, le droit relatif aux droits de la personne, la Charte canadienne des droits et libertés, et le fédéralisme.

«  La façon dont le processus référendaire est conçu, et surtout le libellé de la question, pourrait être inconstitutionnelle, comme l’ont soutenu certaines Premières Nations. Une question sans ambiguïté et une majorité clairement établie sont requises pour qu’on reconnaisse la légitimité d’un référendum au regard de la Loi sur la clarté référendaire. »