Robert Falcon-Ouellette (français et anglais)
Professeur agrégé, Faculté d'éducation.
Le professeur Falcon-Ouellette - ancien député libéral – peut discuter des affaires autochtones et des politiques canadiennes.
« Le premier ministre Mark Carney a-t-il eu raison d’annuler la cérémonie d’inauguration conjointe avec le président Trump, alors que ce dernier accorde une importance considérable aux apparences, aux cérémonies et à la reconnaissance publique? Cet événement aurait pu offrir au Canada une occasion diplomatique utile de célébrer un projet commun d’envergure tout en continuant de s’opposer fermement aux droits de douane. Une cérémonie conjointe aurait pu mettre en évidence à quel point les deux économies restent étroitement liées, malgré les tensions politiques actuelles.
Il y a également une dimension autochtone. Le pont se trouve sur le territoire des Anishinaabe, et les peuples autochtones entretenaient des relations commerciales, familiales et diplomatiques de l’autre côté de la rivière Détroit bien avant que la frontière internationale actuelle n’existe. »
Charles-Étienne Beaudry (français et anglais)
Professeur à temps partiel, Études politiques, Faculté des sciences sociales.
Les recherches du professeur Beaudry portent sur la politique canadienne et américaine.
« Ironiquement, le pont Gordie Howe a été nommé en l’honneur de « M. Hockey », connu pour son style « coudes levés », ce qui signifiait qu’il ne reculait jamais devant une bagarre sur la glace. Malheureusement, les enjeux étaient trop importants pour le gouvernement canadien, et tout retard dans l’ouverture du nouveau pont aurait nui davantage à l’économie canadienne qu’à celle des États-Unis. Le premier ministre Mark Carney a choisi de limiter les dégâts, et l’inauguration en solo du pont aujourd’hui est la seule mesure de rétorsion que le Canada ait prise.
Bien que le Canada ait financé le pont à lui seul, la moitié des fonds ira désormais à un fonds américain contrôlé par le ministère américain du Commerce. Cette situation survient au moment où l’ACEUM doit être renégocié et où l’administration Trump entame sa « partie de poker » en brandissant une nouvelle menace majeure de droits de douane contre le Canada, une autre stratégie de négociation. Les Canadiens et leurs dirigeants doivent se rassembler et mener une importante délibération publique sur cette question. »