Les législateurs devraient-ils réglementer l’IA ? C’est l’une des principales questions auxquelles sont confrontés les gouvernements et les dirigeants de l’industrie, alors qu’ils cherchent à mettre en place une coordination et une supervision efficaces de l’IA à l’échelle mondiale.
Les journalistes peuvent communiquer directement avec :
Karen Eltis (français et anglais)
Professeure titulaire, Faculté de droit - Section de droit civil.
[email protected]
La professeure Karen Eltis se spécialise en droit de l’intelligence artificielle et en cyberdroit dans une perspective comparative, incluant l'utilisation et son impact sur le système judiciaire canadien. Elle peut aborder les points suivants :
- La souveraineté numérique et l'IA.
- Le risque de « capitulation cognitive ».
- La question ne porte pas sur la précision ou l’efficacité de l’IA, mais sur sa légitimité et la confiance qu’elle inspire.
- Le déploiement de l’IA dans le système judiciaire.
- Les enjeux liés à la concurrence.
Kelly Bronson (français et anglais)
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en science et société; Chercheuse principale, Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique; Professeure agrégée, École d'études sociologiques et anthropologiques, Faculté des sciences sociales.
[email protected] (Entrevues en français : uniquement sous forme écrite ou préenregistrée, svp)
Les recherches de la professeure Bronson portent sur l’approche du Canada en matière d’IA, y compris les aspects sociaux, éthiques et liés au développement durable de cette technologie. Ses recherches visent à concilier les valeurs publiques et le savoir-faire technique afin d’élaborer des cadres et des processus de gouvernance éthiques et solides dans le domaine des technologies.
« Il faut une meilleure réglementation des répercussions de l’IA et des infrastructures sur la société — notamment sur l’environnement —, non seulement pour assurer la sécurité du public, mais aussi pour renforcer la confiance envers les technologies, l’industrie et les investissements. Lorsque le secteur technologique annonce la fin de l’humanité, cela alimente une certaine forme de battage médiatique (le P(doom)), qui détourne l’attention des répercussions quotidiennes auxquelles il faut s’attaquer immédiatement, comme la question de l’emplacement des centres de données. Ceux-ci ont des effets désastreux en matière de justice environnementale sur les communautés riveraines, c’est-à-dire celles qui vivent à proximité de ces grandes installations. »
Channarong Intahchomphoo (anglais seulement)
Professeur adjoint, École de conception et d'innovation pédagogique en génie, Faculté de génie.
[email protected]
Les recherches du professeur Intahchomphoo portent sur l’impact sociétal de l’IA et de la robotique avec un mise au point autour de la conception responsable des systèmes d’IA, pour guider les ingénieures et ingénieurs, les gens d’affaires et les décisionnaires politiques dans l’intégration de la responsabilité sociale aux pratiques technologiques.
« Le débat actuel sur les avertissements apocalyptiques liés à l’IA n’est pas nouveau, certains éléments de ce scénario faisant surface depuis un certain temps déjà. L’IA est déjà utilisée dans les systèmes automatisés de ciblage par drones dans les conflits entre l’Ukraine et la Russie ainsi qu’entre l’Iran et les États-Unis, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère de guerre fondée sur l’IA. Un code de conduite professionnel pour l’IA ne suffira pas. Nous pouvons élaborer un code de conduite rigoureux en matière de sécurité de l’IA, mais si les entreprises, les gouvernements et les ingénieurs en IA ne sont pas disposés à le respecter, il deviendra inefficace.
Les organismes de réglementation gouvernementaux devraient-ils intervenir? Oui. Les gouvernements auraient dû s’impliquer bien plus tôt dans la réglementation de la sécurité de l’IA. La réglementation de l’IA ralentira l’innovation, mais c’est précisément son objectif. Les pays pourraient instaurer des restrictions sur l’accès aux systèmes d’IA puissants et limiter la possession personnelle de processeurs graphiques (GPU) avancés destinés à l’IA. Les centres de données d’IA pourraient être soumis à des contrôles stricts concernant les personnes autorisées à y accéder et les fins auxquelles l’IA peut être utilisée.
Nous ne pouvons pas prédire avec certitude ce qui va se passer ensuite; par conséquent, les avertissements apocalyptiques et les affirmations selon lesquelles l’IA pourrait anéantir l’humanité d’ici 2030 ne sont pas exagérément dramatiques. L’une des choses les plus importantes que nous puissions faire dès maintenant est de nous sensibiliser mutuellement à l’IA, en apprenant à l’utiliser pour en tirer des avantages tout en comprenant les risques qui y sont associés. La communauté technique et les décideurs en matière d’IA doivent travailler ensemble pour élaborer des plans et des mesures visant à contenir les incidents liés à la sécurité de l’IA, à minimiser leurs effets sur la société et à réagir rapidement avant que les problèmes ne se propagent plus largement. »
Jason Millar (anglais seulement)
Professeur agrégé, École de conception et d’innovation pédagogique en génie, Faculté de génie; titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie éthique de la robotique et de l’IA; Directeur, Canadian Robotics and Artificial Intelligence Ethical Design Lab (CRAiEDL).
[email protected]
Le professeur Millar mène des recherches sur les aspects éthiques en génie de la robotique et de l’intelligence artificielle (IA), en mettant l’accent sur les enjeux de gouvernance et donner aux ingénieurs les moyens d’intégrer la réflexion éthique dans leur travail quotidien.
Umar Ruhi (English only)
Professeur titulaire, Analyse de gestion et système d’informations, École de gestion Telfer.
[email protected]
[email protected]
Les recherches du professeur Ruhi portent sur l’exploration des technologies contemporaines de l’information incluant la collaboration entre l’être humain et l’IA, de la gouvernance de l’IA et de la désinformation numérique.
« À la lumière de nouvelles preuves montrant que des systèmes de pointe permettent de mener des cyber opérations sophistiquées et d’entreprendre des actions ayant des conséquences qui dépassent leur champ d’application prévu, le débat sur le ralentissement du développement n’est plus théorique ni purement prévisionnel. Qu’il s’agisse d’acteurs malveillants utilisant une IA de plus en plus performante, de systèmes d’IA autonomes menant des actions non autorisées ou de systèmes d’IA contribuant de plus en plus au développement de systèmes successeurs, ces évolutions suggèrent que la croissance des capacités commence à dépasser les mesures de protection, les méthodes d’évaluation et les mécanismes de gouvernance nécessaires pour les gérer de manière responsable. La principale préoccupation réside dans un écart croissant entre les capacités de gouvernance et les capacités techniques, où notre capacité à évaluer, à contenir et à régir ces systèmes ne suit pas le rythme des capacités que nous créons. »