Julie Cafley.
Julie Cafley, vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires de l’Université d’Ottawa.
La prochaine aventure de Julie Cafley comme vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires de l’Université d’Ottawa a commencé par une démarche à son image : l’écoute.

Pour se faire une tête de l’emploi, elle a multiplié les cafés-rencontres pour mieux comprendre les réalités du terrain, entendre les perceptions et mesurer ce qu’elle pouvait apporter.

La démarche étonne presque venant d’une dirigeante qui conseille certains des PDG influents au pays sur les questions d’inclusion et de leadership. Elle correspond toutefois à la façon dont Julie Cafley conçoit la francophonie : un espace de relations, de dialogue et de partenariats à construire. Elle envisage son mandat avec sa modestie et son enthousiasme naturels.

Pour cette diplômée de l’Université d’Ottawa et ancienne cheffe de cabinet au Bureau du recteur, revenir sur le campus après 14 ans, c’est revenir dans un lieu qui a façonné son parcours personnel et professionnel. C’est aussi découvrir une université profondément transformée, où elle voit un potentiel immense pour l’avenir de la francophonie.

Parcours francophile, appartenance francophone

Son nom ne trompe pas : Julie Cafley a choisi un parcours francophone traditionnel.

Devenue bilingue à l’Université d’Ottawa, celle qui vit au quotidien en français entre les perspectives franco-ontariennes et québécoises décrit la francophonie comme une dimension profondément ancrée dans sa vie professionnelle et personnelle. Son conjoint est franco-ontarien, ses enfants ont grandi au Québec et le français fait partie du quotidien à la maison depuis des années.

Pour elle, la compréhension de la francophonie dépasse largement la langue : elle se construit d’abord dans les relations, les partenariats et le sentiment d’appartenance.

Rassembler autour d’une vision commune

Mobilisatrice reconnue, Julie Cafley parle d’écoute et de collaborations parce qu’elle a su, au fil de sa carrière, réunir autour d’une même table des milieux qui ne se parlent pas toujours naturellement.

Au Forum des politiques publiques, à l’Alliance de recherche numérique du Canada puis à Catalyst Canada, elle a travaillé sur des projets réunissant gouvernements, secteur privé, milieu communautaire, communautés autochtones et monde universitaire, contribuant à des réflexions nationales sur l’inclusion, les politiques publiques et la transformation des institutions.

Susciter des discussions pour trouver des terrains d’entente entre des visions, des intérêts et des perspectives très différentes résume bien son approche inclusive du leadership.

Elle voit d’ailleurs ce nouveau vice-rectorat comme une plateforme pour créer des ponts, des collaborations et des initiatives entre l’université nationale pour les francophones qu’est l’Université d’Ottawa, les communautés francophones, les gouvernements et la société civile. 

« Julie Cafley possède une rare capacité à rassembler des milieux différents autour de projets porteurs. Son parcours en inclusion, en politiques publiques et en développement de partenariats correspond pleinement à notre vision d’une université profondément ancrée dans sa communauté et engagée dans l’avenir de la francophonie », souligne Marie-Eve Sylvestre, rectrice et vice-chancelière.

Marie-Eve Sylvestre.
« Julie Cafley possède une rare capacité à rassembler des milieux différents autour de projets porteurs. »

Marie-Eve Sylvestre

— Rectrice et vice-chancelière de l'Université d'Ottawa

Équité et francophonie

Selon Julie Cafley, l’équité doit s’inscrire et s’imposer dans toute réflexion actuelle. Ce n’est pas un ajout à la réflexion sur la francophonie, c’est une posture nécessaire pour poser un regard lucide sur les besoins, les occasions et les enjeux, et mieux saisir ses angles morts. 

Pour elle, c’est au croisement de l’équité et des francophonies que l’Université d’Ottawa s’impose désormais comme un chez-soi pour des milliers d’étudiantes et d’étudiants francophones en Ontario et au Canada, et comme un partenaire incontournable pour les gouvernements, les organismes communautaires et les gens de la région.

À la tête de Catalyst Canada, où elle conseillait des dirigeantes et dirigeants sur les questions de leadership inclusif et de transformation organisationnelle, elle a développé une précieuse expertise sur les réalités des milieux bilingues et sur la façon dont les institutions peuvent créer un véritable sentiment d’appartenance, une réflexion qu’elle a aussi portée sur la scène internationale, notamment à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

Ces réflexions viennent nourrir sa vision de la francophonie à l’Université d’Ottawa. Elle aborde ainsi son prochain mandat en posant un regard attentif sur les communautés qui participent aux conversations et qui s’y sentent représentées, sur les communautés autochtones, ainsi que sur les voix trop souvent en marge des espaces décisionnels.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle transforme déjà la façon de communiquer et de travailler, elle conçoit la culture et le sentiment d’appartenance comme des repères plus importants que jamais. Des repères qui, selon elle, devront continuer de s’affirmer dans un monde où les différences tendent parfois à s’uniformiser.

Se projeter en début de mandat

Si on lui demande de se projeter dans la prochaine année ou les prochaines années, Julie Cafley parle spontanément du vaste chantier de consultation sur la francophonie en cours à l’Université d’Ottawa comme d’un « cadeau d’entrée ».

Pour celle qui revient à l’Université d’Ottawa après plus d’une décennie à l’extérieur du campus, ce portrait collectif représente une occasion rare de mieux comprendre comment la francophonie a évolué, mais aussi comment elle est vécue aujourd’hui par les étudiantes et étudiants, les membres du personnel, les professeures et professeurs, et les partenaires.

Son enthousiasme est aussi une véritable soif d’apprendre : comprendre les stratégies déjà en place, reconnaître les relations existantes et aller à la rencontre des différentes communautés francophones qui gravitent autour de l’Université.

Dans cette réflexion, le Sommet de la francophonie qui se dessine pour 2028 représente déjà, à ses yeux, une occasion importante pour l’Université d’Ottawa de renforcer son rôle au sein des francophonies canadiennes et de faire avancer les collaborations en enseignement, en recherche et dans la cité.

Pour Julie Cafley, ce retour à l’Université d’Ottawa dépasse largement un simple changement de poste. Dans un monde qu’elle décrit comme, au mieux, « à l’envers », elle voit plus que jamais les universités comme des lieux essentiels de réflexion, de dialogue et de transformation humaine. Des lieux pour développer cette pensée critique attisée par la curiosité, l’ouverture et une compréhension réciproque.