S'appuyant sur la théorie des représentations sociales élaborée par Serge Moscovici, il étudie la manière dont différents groupes sociaux donnent sens à l'IA : les images, les récits, les espoirs et les inquiétudes qui lui sont associés, ainsi que leur rôle dans les pratiques sociales et le débat public.
Il soulève aussi une question de fond : comment les contenus produits par l'IA interviennent-ils dans la formation des représentations sociales ? L'ouvrage explore ainsi une double dynamique, où l'IA est à la fois un objet de représentation et une technologie qui intervient dans le processus même de représentation, en transformant les ressources culturelles à partir desquelles nous interprétons le monde.
Les contributions portent sur la science-fiction, les médias, le marché du travail, l'éducation et la politique. Elles s'interrogent également sur la manière dont les biais discriminatoires et les stéréotypes véhiculés par les systèmes d'IA générative peuvent perpétuer les inégalités et les injustices sociales. Dans un chapitre, Lilian Negura et Noëlle Tchatchou, doctorante en travail social à l'Université d'Ottawa, analysent des histoires pour enfants écrites par l'IA et montrent que ces récits risquent de renforcer les inégalités liées à la classe sociale, au genre et au niveau de scolarité.
Destiné aux milieux de la recherche, de l'enseignement et de la pratique, l'ouvrage propose des outils pour analyser la place de l'IA dans la production des savoirs et dans la vie sociale. Comme le souligne Lilian Negura, les sciences sociales apportent une contribution précieuse à la compréhension critique de l'IA et peuvent éclairer le débat démocratique sur ses usages et ses effets.