Image de Sylvain H pour le Mois de la cybersécurité.
Chaque jour, nous comptons sur la technologie pour enseigner, apprendre, mener des travaux de recherche, collaborer et communiquer. L’environnement numérique de l’Université d’Ottawa n’a jamais été aussi essentiel à notre mission, mais il n’a jamais été aussi complexe non plus.

La cybersécurité est souvent associée aux pare-feu, aux mises à jour logicielles et au contrôle technique. Bien que ces éléments demeurent importants, les cybermenaces d’aujourd’hui ciblent de plus en plus quelque chose de beaucoup plus difficile à protéger : la confiance.

L’intelligence artificielle accélère à la fois l’innovation et la tromperie. Les cybercriminels peuvent désormais générer en quelques secondes des courriels d’hameçonnage convaincants, cloner des voix, créer des hypertrucages réalistes et usurper l’identité de personnes de confiance avec une précision redoutable. Parallèlement, les fraudeurs continuent d’exploiter les émotions humaines au moyen d’arnaques conçues pour susciter un sentiment d’urgence, de peur, de curiosité ou de précipitation enthousiaste.

La réalité est simple : tout le monde peut devenir une cible.

C’est pourquoi le Mois de la sensibilisation à la cybersécurité n’est pas seulement une initiative des Technologies de l’information (TI). Il s’agit d’une opportunité pour nous tous de mieux comprendre les risques auxquels nous faisons face et le rôle que nous jouons dans la protection de notre communauté.

Tout au long du mois d’octobre, nous explorerons certains des défis de cybersécurité les plus importants auxquels les individus et les organisations sont aujourd’hui confrontés. Nous examinerons comment l’intelligence artificielle transforme le paysage des menaces par l’entremise des hypertrucages, du clonage vocal, des arnaques par usurpation d’identité et des attaques d’hameçonnage de plus en plus sophistiquées. Nous nous pencherons également sur la montée en puissance de l’ingénierie sociale, qu’il s’agisse d’arnaques sur les places de marché en ligne, de fausses offres d’emploi ou encore des arnaques utilisant des codes QR et des textos qui exploitent la confiance plutôt que la technologie.

Nous partagerons également des conseils pratiques pour renforcer votre cybersécurité personnelle, notamment en matière de la bonne santé des mots de passe, l’authentification multifacteur, la protection de la vie privée, la sécurité sur les médias sociaux et l’adoption de comportements numériques plus sécuritaires.

En dernier lieu, nous aborderons les mesures à prendre lorsqu’une situation semble inhabituelle : comment signaler une activité suspecte, ce qui se passe après un signalement et pourquoi la rapidité du signalement demeure l’un des moyens les plus efficaces de se protéger contre les cybermenaces.

Tout au long du mois, des ressources additionnelles, des témoignages, des conseils et des discussions seront diffusés sur les canaux des Technologies de l’information de l’Université d’Ottawa ainsi que sur LinkedIn.

La cybersécurité est souvent perçue comme un problème technologique. En réalité, elle repose avant tout sur les décisions humaines. Bien que les cybercriminels continuent de faire évoluer leurs outils et leurs techniques, ils s’appuient toujours sur une stratégie bien connue : manipuler une personne pour qu’elle accorde sa confiance à une source non fiable. Qu’il s’agisse d’un courriel, d’un texto, d’un appel téléphonique, d’une publication sur les médias sociaux ou même d’une vidéo qui semble authentique. Prendre le temps de s’arrêter, de réfléchir de manière critique et de vérifier l’information demeure l’une des meilleures défenses à notre disposition.

La technologie continuera d’évoluer. Les menaces auxquelles nous faisons face aussi.

Ce qui doit demeurer constant, c’est notre engagement à favoriser une culture où la cybersécurité est comprise, discutée et mise en pratique par tous. La sécurité n’est pas uniquement la responsabilité d’une équipe spécialisée en cybersécurité. Il s’agit d’un effort collectif qui contribue à protéger nos activités d’enseignement et de recherche, notre communauté et notre réputation.

En tant que professionnels de la cybersécurité, nous parlons souvent de technologie, de mesures de contrôle et de gestion des risques. Pourtant, la cybersécurité concerne avant tout les personnes. Chaque membre de notre communauté a un rôle à jouer dans la protection de notre université, que ce soit en remettant en question une demande inhabituelle, en signalant une activité suspecte ou en adoptant de bonnes pratiques de sécurité au quotidien.

J’espère que le Mois de la sensibilisation à la cybersécurité contribuera à démystifier la cybersécurité, à encourager des conversations enrichissantes et à offrir des connaissances pratiques que les membres de notre communauté pourront appliquer aussi bien à l’Université d’Ottawa qu’à la maison.

La cybersécurité n’est pas une question de peur. C’est une question de résilience, de prise de décisions éclairées et de collaboration afin de protéger ce qui est de plus important.

- Sylvain Hupé, chef de la sécurité de l'information