Femme et homme dans un lit
Vitaly Gariev (Unsplash)
En bref
• Une étude d’une équipe de recherche de l’Université d’Ottawa permet d’observer que lors d’une rupture, il est plus facile pour les deux partenaires de passer à autre chose si la personne ayant pris l’initiative de la séparation l’a fait dans une approche qui soutient l’autonomie.
• C’est ce « soutien à l’autonomie » qui est la clé – le fait d’être honnête, d’avoir un discours qui n’est pas contrôlant et de prendre le temps de reconnaître le point de vue de l’autre personne.
• Lorsque la personne qui amorce la rupture est honnête et exprime ses raisons de façon non contrôlante, on voit une amélioration de la vitalité positive après la séparation; à l’inverse, le maintien du contact entre les ex-partenaires est associé à une hausse de la dépression et de l’anxiété.

Il n’est jamais facile de mettre fin à une relation. Et s’il y avait certains comportements ou certaines techniques de communication qui facilitaient la période après la rupture?

Des chercheuses et un chercheur du Laboratoire de recherche des couples et de la santé (ReaCH) de l’Université d’Ottawa se sont penchés sur le sujet et ont constaté que quand la personne qui amorce la rupture a un comportement « permettant l’autonomie » – être honnête, avoir un discours non contrôlant et prendre le temps de reconnaître le point de vue de l’autre personne, par exemple –, cela a un effet positif sur les émotions et la vitalité (au sens subjectif) des deux ex-partenaires. Lorsqu’un certain respect pour l’ancienne relation est démontré, il devient plus facile de boucler la boucle.

« Beaucoup d’études sur les ruptures portent sur les caractéristiques physiques qui peuvent servir à prédire la détresse ou le bien-être à venir : le genre, la durée de la relation, le maintien du contact entre les ex-partenaires, ou la fonction et l’utilisation de technologies, par exemple », contextualise Erin McClung, autrice principale et candidate au doctorat en psychologie expérimentale de la Faculté des sciences sociales. « Toutefois, on n’en sait pas autant sur les effets des stratégies utilisées pour mettre fin à une relation amoureuse – les paroles ou les comportements qui peuvent adoucir l’expérience. »

L’étude, publiée dans le Journal of Sex & Marital Therapy, permet d’observer que le soutien à l’autonomie pendant la rupture est associé, après la séparation, à des émotions plus positives chez les deux partenaires, mais pas à une diminution des émotions négatives comme la dépression et l’anxiété. Par soutien à l’autonomie, on entend de reconnaître la perspective de l’autre, de fournir des raisons claires, d’offrir des choix et de donner des commentaires qui ne visent pas le contrôle.

« Quand on sait pourquoi notre partenaire a décidé de mettre fin à la relation, la rupture n’est pas moins difficile à vivre, mais ce genre de “soutien à l’autonomie” peut aider les deux personnes à avoir une image plus claire de la relation et à passer à autre chose », explique Erin McClung.

Il semble particulièrement important de comprendre les raisons de la rupture au moment où elle a lieu, étant donné le lien constaté entre le maintien du contact par les ex-partenaires et l’augmentation des émotions négatives après la séparation.

« On sait que ce n’est pas tout le monde qui sera dans une situation, lors de la rupture, où il est possible d’offrir un soutien à l’autonomie, ou que ce ne sera pas nécessairement possible d’en mettre en pratique tous les aspects », nuance la professeure agrégée Serena Corsini-Munt, qui a supervisé l’étude à titre de directrice du Laboratoire ReaCH. « Nous espérons cependant que cette approche de communication axée sur le soutien à l’autonomie aide à poser un cadre pour la communication constructive et l’amélioration de l’état des personnes après la rupture. »

« Don’t Break My Heart: A Retrospective Cross-Sectional Study Examining Autonomy Support During Romantic Relationship Dissolution », paru dans le Journal of Sex & Marital Therapy. DOI: 10.1080/0092623X.2026.2628652. Autrices et auteur : Erin McClung, Ryan Pecore, Elisa Stragapede, Paola Michelle Garcia Mairena, et Serena Corsini-Munt.

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