L'équipe « uoRocketry » de la Faculté d'ingénierie de l'Université d'Ottawa tient la fusée « Perigee-Gee ».
Pour l’équipe uoRocketry de l’Université d’Ottawa, faire signer par l’astronaute canadien Chris Hadfield le cône de nez de la fusée Perigee-Gee avant son lancement a été une expérience extraordinaire. La fusée a ensuite atteint une vitesse maximale de Mach 2,3 et une altitude de 34 801 pieds pour décrocher la première place au Launch Canada Challenge 2026.

En août, l’équipe uoRocketry de la Faculté de génie a remporté la 1re place dans la catégorie Restricted Launch ainsi que le Grand Launch Trophy au Launch Canada Challenge, une compétition annuelle réunissant plus d’une douzaine d’universités de partout au Canada. Organisée par Launch Canada, un organisme sans but lucratif qui se consacre à faire progresser l’innovation dans les domaines de la fuséologie et de l’aérospatiale par l’apprentissage pratique, la compétition a réuni 650 étudiants et étudiantes provenant d’une trentaine d’établissements, dont des collèges et des écoles secondaires.

L'astronaute canadien Chris Hadfield signe le cône de nez de la fusée « Perigee-Gee » sous le regard émerveillé de l'étudiant Nicholas Kuzyshyn.
uoRocketry
« J’ai eu la chance de tenir la fusée pendant que le colonel Hadfield la signait! Mais je pense que l’équipe est heureuse de rapporter, en guise de souvenir, un cône de nez autographié, en plus du trophée. »

Nicholas Kuzyshyn

— responsable de la propulsion de l’équipe uoRocketry

« Remporter à la fois la catégorie Restricted et le Grand Launch Trophy a représenté beaucoup pour nous, explique John Szewczyk, responsable de l’avionique du club. « Nous avions consacré énormément de temps et d’énergie à préparer la fusée pour son lancement, et ces victoires sont venues récompenser tous nos efforts. Cette réussite a été d’autant plus significative que nous étions en compétition avec des équipes universitaires de partout au Canada, notamment des universités de Waterloo et de la Colombie-Britannique. »

Les membres de l’équipe soulignent la valeur de l’apprentissage expérientiel, qui leur permet de mettre en pratique, sous pression, les connaissances acquises en classe, de travailler ensemble à la conception de la fusée de trois pouces de diamètre ainsi qu’à ses systèmes de propulsion et d’avionique, et même de retrouver et de récupérer la fusée à son retour sur Terre.

Le leadership d’Éloïse Plante Sabourin, de Dina Jamani et de Victoria Dore a été déterminant dans la victoire de cette année.

« J’ai beaucoup travaillé sur l’aérostructure de la fusée avec Dina Jamani, coresponsable avec moi de ce volet, en plus de veiller au respect de toutes les exigences de conception de la fusée », explique Éloïse, ingénieure en chef et responsable de la structure.

Éloïse Plante Sabourin à côté de la fusée « Perigee-Gee », chargée à l'arrière d'une camionnette.
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« J’ai utilisé SolidWorks et l’analyse par éléments finis. Nous étudions ces méthodes en classe, mais le fait de les appliquer à des conceptions réelles nous permet d’acquérir une expérience pratique. »

Éloïse Plante Sabourin

— Ingénieure en chef et responsable de la structure

Lorsqu’Éloïse a participé au défi pour la première fois, en 2023, elle raconte que l’équipe cherchait avant tout à faire décoller la fusée. Trois ans plus tard, l’équipe a remporté les grands honneurs.

John explique : « Nous conjuguons notre expertise autour d’objectifs communs, tout en faisant preuve de détermination devant les obstacles. Les intérêts que nous partageons et les défis auxquels nous nous attaquons ensemble nous ont permis de créer des liens d’amitié qui dépassent largement le cadre de l’équipe. »

« À titre de responsable de l’avionique, j’ai travaillé aux côtés de Randina Amarakoon, coresponsable du volet, afin de veiller à ce que tous les systèmes de récupération et d’enregistrement fonctionnent normalement avant le lancement. »

John Szewczyk, responsable de l’avionique chez uoRocketry, portant des lunettes de soleil lors du Launch Canada Challenge en août 2026.
uoRocketry
« Ce travail est directement lié à des notions abordées dans nos cours. Nous avons notamment utilisé des mesures de l’indicateur de puissance du signal reçu pour faciliter le repérage de la fusée après son atterrissage. »

John Szewczyk

— Responsable de l’avionique chez uoRocketry

Victoria Doré, cocapitaine et responsable de la récupération, a contribué au développement technique de la fusée tout en coordonnant l’équipe. En collaboration avec les responsables des différents volets, elle a établi les priorités et assuré le suivi des progrès pendant la période précédant le lancement.

« J’ai participé à la conception, à la mise à l’essai et à l’intégration du système de récupération, notamment les parachutes, le gréement et les dispositifs d’éjection à poudre noire. Il a fallu effectuer de nombreux essais et apporter plusieurs ajustements pour garantir le déploiement fiable du système et la récupération sécuritaire de la fusée après le lancement. »

D’autres occasions d’apprentissage par l’expérience attendent l’équipe. Son prochain objectif : construire une fusée propulsée par un moteur à ergols liquides. Éloïse explique que l’objectif est de réaliser une « mise à feu statique », soit un essai moteur au cours duquel la fusée est solidement arrimée au sol, à Launch Canada 2027, avant de l’inscrire dans la catégorie des lancements avancés de la compétition l’année suivante.

« Toute l’équipe a très hâte de mettre à l’épreuve notre nouveau moteur au kérosène et à l’oxygène liquide et de l’intégrer à la fusée pour le vol, souligne Nicholas. Aucun établissement canadien, qu’il soit privé, public ou universitaire, n’a encore réussi à faire voler et à récupérer un tel système. Je me sens extrêmement privilégié de contribuer à cette initiative novatrice. La réussite de l’essai moteur en 2027 ouvrirait la voie à un vol de fusée en 2028 et, avec un peu de chance, à un nouveau championnat!

« Ce que j’apprécie tout particulièrement au sein de cette équipe, c’est l’esprit de communauté. Participer à la compétition et y rencontrer une bonne partie des spécialistes en fuséologie au pays, qu’il s’agisse de membres de la population étudiante ou du milieu professionnel, constitue un immense privilège. »

La formule gagnante, aussi sur la piste

L’équipe Formula uOttawa, avec la capitaine Marie Levin assise dans la voiture de course.

De son côté, Formula uOttawa, l’une des neuf équipes de compétition de la Faculté de génie, a obtenu le meilleur résultat de son histoire au Pittsburgh Shootout, où elle a terminé troisième en août, au Summit Point Motorsports Park de Summit Point, en Virginie-Occidentale.

Marie Levin, capitaine de Formula uOttawa, attribue cette réussite aux leçons que l’équipe a tirées de situations susceptibles de se produire dans un véritable milieu de travail. L’an dernier, les préparatifs s’étaient faits quelque peu à la dernière minute. Au cours des semaines précédant la compétition, sept membres de l’équipe travaillaient chaque jour à l’atelier. L’épuisement était tel que l’équipe a à peine participé aux épreuves.

« Après cette expérience, nous avons vraiment cherché à rendre la GGR26, la voiture de course Gee-Gee Racing pour 2026, plus fiable et plus facile à entretenir, tout en nous imposant des échéances beaucoup plus strictes, explique Marie.

Cette démarche nous a permis d’aborder la saison en cours dans d’excellentes conditions, et nous profitons maintenant de cet élan pour construire la nouvelle voiture. Jusqu’à présent, la GGR26 est la voiture la plus performante que notre équipe ait conçue, tant sur le plan de la vitesse et de la fiabilité que de l’ampleur des essais réalisés. »

Selon Faran Rashid, directeur technique de Formula uOttawa, cette expérience place la population étudiante en position de tête pour acquérir, hors des salles de classe, des compétences recherchées sur le marché du travail.

Faran Rashid, directeur technique de Formula uOttawa, est assis dans la voiture de course et sourit.
Formula uOttawa
« Nous apprenons tout ... comme la bonne utilisation des logiciels de conception assistée par ordinateur, jusqu’aux techniques avancées, comme l’analyse par éléments finis et la mécanique des fluides numérique. »

Faran Rashid

— Directeur technique de Formula uOttawa

Le Pittsburgh Shootout est une activité sans but lucratif qui offre aux équipes étudiantes un cadre où mettre à l’essai et valider leurs voitures de type formule. Elles peuvent ainsi se préparer à se qualifier pour les courses organisées par SAE International, qui dirige le concours étudiant de conception Formule SAE. Créée en 2016 par des étudiantes et étudiants de l’Université de Pittsburgh, l’événement n’est ni homologué ni organisé par SAE International dans le cadre de la SAE Collegiate Design Series.

Se joindre à une équipe, une association ou un club étudiant de sa faculté constitue une autre excellente façon de profiter des possibilités d’apprentissage expérientiel à l’Université d’Ottawa. Les facultés des Arts, d’Éducation et des Sciences sociales, ainsi que l’École de gestion Telfer, comptent des clubs pour tous les goûts. Votre club a accompli quelque chose de remarquable que vous aimeriez faire connaître? Écrivez-nous à [email protected].

Découvrez un aperçu des occasions d’apprentissage expérientiel offertes à l’Université d’Ottawa.