Des bénévoles du marché de fruits et légumes gratuits organisé par le Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa, Myrie H' Jac, Melissa Wenza Pageot, Iman Olivia Louré et Calynne Niyonziza, posent devant des bacs remplis de bananes plantains.
Grâce au nouveau plan d’action sur l’aide alimentaire de l’Université, la communauté étudiante aura accès à un plus grand nombre de paniers alimentaires gratuits, de repas chauds et de sacs de produits frais. Le nouveau Carrefour du soutien alimentaire facilitera aussi l’accès aux différentes ressources.

La hausse du coût des aliments, du logement et d’autres biens essentiels au Canada met à rude épreuve des budgets pourtant déjà serrés. Certaines personnes sont contraintes de sauter des repas ou de moins bien s’alimenter. Cette réalité n’est pas étrangère aux campus universitaires, y compris à celui de l’Université d’Ottawa.

Un effort concerté pour simplifier l’accès à l’aide alimentaire

« La communauté universitaire se mobilise pour aider les étudiantes et étudiants qui en ont besoin, notamment en voyant à faire connaître les programmes de repas, les banques alimentaires, les rabais sur les aliments, les ateliers et l’aide d’urgence offerts par les programmes, les services et les partenaires de l’Université », explique Marcel Labelle, vice-recteur associé aux affaires étudiantes.

« La collaboration est l’un des piliers de cette stratégie. Bien malheureusement, la hausse du coût de la vie et l’insécurité alimentaire sont des réalités complexes qui touchent des milliers de membres de notre population étudiante. Nous cherchons à en atténuer les effets par une intervention mieux coordonnée, et guidée par l’équité, qui favorise la réussite étudiante. »

« Plus le coût de la vie et les loyers augmentent, plus les files d’attente devant notre banque alimentaire s’allongent, enchaîne Elnaz Enayatpour, présidente du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (SÉUO). La demande y a bondi de 400 % au cours des quatre dernières années. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir concilier saine alimentation, contraintes budgétaires, études et bien-être. Cette initiative, c’est un pas important pour accroître l’accès à des aliments de qualité. »

Mesures prévues pour l’année en cours

  • Le Carrefour du soutien alimentaire en ligne, qui facilite la recherche de ressources alimentaires sur le campus et ailleurs
  • La distribution de 2 685 repas chauds supplémentaires sur les campus Lees et Roger-Guindon grâce à la campagne Sur notre faim du SÉUO
  • La distribution de 2 200 sacs de fruits et légumes additionnels au marché d’aliments frais du SÉUO, soit le double de l’année dernière
  • L’augmentation de la capacité de la Banque alimentaire du SÉUO, avec l’ajout de 377 paniers alimentaires
  • La mise à l’essai d’un marché de produits frais où chacun paie selon ses moyens, qui vise la distribution de 1 900 paniers alimentaires
  • Une augmentation de 50 % de l’offre de collations au Salon du mieux-être
  • La remise gratuite de produits frais à une centaine d’étudiantes et d’étudiants au Centre de ressources autochtone Mashkawazìwogamig, en plus des dîners de soupe et de bannique et des autres activités qui y sont organisés

Une stratégie quinquennale visant à renforcer la sécurité alimentaire

Le nouveau plan mobilise des partenaires de l’ensemble de la communauté universitaire pour renforcer les programmes existants et améliorer l’accès à l’aide alimentaire.

Ce plan s’inscrit dans une stratégie quinquennale à l’échelle de l’Université visant à renforcer la sécurité alimentaire chez les membres de la population étudiante et à contribuer à leur santé, à leur bien-être et à leur réussite scolaire.

« Auparavant, l’information sur les ressources alimentaires était dispersée, explique Rachelle Clark, directrice principale du mieux-être étudiant. Le nouveau Carrefour du soutien alimentaire regroupe ces ressources en un seul endroit, ce qui permet aux étudiantes et étudiants d’obtenir plus facilement de l’aide lorsqu’ils en ont besoin. Notre stratégie prévoit également le suivi des progrès réalisés à mesure que nous améliorons l’accès à l’aide alimentaire et évaluons d’autres pistes possibles. »

Le Bureau du développement intensifiera également ses campagnes annuelles de collecte de fonds du Mardi je donne et de la Journée générosité. Ces campagnes appellent la grande famille de l’Université à aider la communauté étudiante, notamment en dirigeant leurs dons vers des fonds consacrés à la sécurité alimentaire. Au cours des trois dernières années, plus de 160 000 $ ont été recueillis pour des initiatives facilitant l’accès à l’alimentation.

Un réseau sur la sécurité alimentaire réunissant des représentantes et représentants du SÉUO, de la GSAÉD, des facultés et des services de l’Université veillera à la mise en œuvre du plan.

Selon Javier Armando Porras-Gil, commissaire à la gouvernance de la GSAÉD, « le fait de rassembler les responsables de divers services dans le cadre de ce réseau sur la sécurité alimentaire constitue une initiative exceptionnelle, qui permet d’améliorer la collaboration. »

Défense des intérêts étudiants, collecte de données et action stratégique

La stratégie de sécurité alimentaire trouve son origine dans le projet Assiettes saines, fruit d’une collaboration entre l’Université d’Ottawa, le SÉUO et l’Étude de quartiers d’Ottawa à l’Institut de recherche Santé Bruyère. L’initiative a vu le jour quand le SÉUO a sonné l’alarme au sujet du nombre grandissant d’étudiantes et d’étudiants en quête d’aide alimentaire.

Le projet s’est penché sur l’insécurité alimentaire étudiante sur le campus. Il a mené à la tenue du sommet Assiettes saines en octobre 2025, qui a réuni l’ensemble des partenaires pour élaborer ensemble une stratégie concrète.

« Un sondage réalisé à l’automne 2025 auprès des étudiantes et étudiants des cycles supérieurs montre que près de la moitié des personnes ayant répondu avaient réduit leurs portions ou sauté des repas au moins une fois au cours de la dernière année en raison du prix des aliments, déplore Javier. Une personne sur cinq a même déclaré avoir passé toute une journée sans manger par manque d’argent. »

« L’insécurité alimentaire peut avoir des répercussions sur l’énergie, la motivation et, ultimement, sur la réussite scolaire, souligne Elnaz. C’est pourquoi cette initiative revêt une telle importance et pourquoi le SÉUO est fier de voir ce plan de soutien alimentaire devenir réalité. »

Qu’est-ce que l’insécurité alimentaire?

Santé Canada définit l’insécurité alimentaire comme suit : « l’incapacité de se procurer ou de consommer des aliments de qualité, ou en quantité suffisante, de façon socialement acceptable, ou encore l’incertitude d’être en mesure de le faire. »

Statistique Canada, de son côté, établit trois catégories d’insécurité alimentaire : marginale, modérée ou grave. Les personnes en situation d’insécurité alimentaire grave peuvent se priver de repas, réduire leur consommation alimentaire ou, dans les cas les plus extrêmes, passer des journées sans manger.

Selon Santé publique Ontario, la proportion de ménages en situation d’insécurité alimentaire est passée de 17 % en 2019 à 25 % en 2024. Les hausses les plus marquées ont été observées chez les personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave.

Dans le milieu des études postsecondaires au Canada, beaucoup ont du mal à s’offrir des plats équilibrés ou nutritifs; il leur arrive même de sauter des repas par manque de moyens. En effet, plus de 56 % des étudiantes et étudiants de niveau postsecondaire au pays se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, selon un sondage réalisé par Meal Exchange sur plusieurs campus en 2021.

Selon le sondage Bien-être sur les campus canadiens de 2025, 42 % des étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa souffrent d’une forme d’insécurité alimentaire; 18 % se trouvent en situation d’insécurité modérée et 13 % en situation d’insécurité grave.

L’insécurité alimentaire demeure un défi de taille, mais ces efforts concertés pour y remédier contribuent à créer un campus accueillant où toutes et tous peuvent réussir.

Elnaz Enayatpour, présidente du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa
la sécurité alimentaire
« Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir concilier saine alimentation, contraintes budgétaires, études et bien-être. Cette initiative, c’est un pas important pour accroître l’accès à des aliments de qualité. »

Elnaz Enayatpour

— Elnaz Enayatpour, présidente du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa