Découvrez les artistes de SimArts 2026

Quelques membres de notre communauté étudiante en arts visuels ont accepté de nous parler d’eux et de leurs œuvres.

Aseel Alsaman

Sea of the Forgotten

Œuvre: Sea of the Forgotten

Technique : Huile sur toile 
Dimension : 30 x 24
Année : 2026

Description de l’œuvre : 
Cette peinture représente la profonde souffrance des familles du Moyen-Orient qui, fuyant la guerre et le désespoir, risquent tout dans une traversée périlleuse. La femme paisiblement allongée est le témoin silencieux de leur douleur, son corps se mêlant aux remous de la mer déchaînée remplie d’âmes en détresse. Les autres personnages représentent les personnes qui fuient la violence en quête d’un lieu sûr, souvent englouties pour toujours dans un vaste océan impitoyable. Le contraste entre la tranquillité de la femme et le chaos sous elle symbolise le devoir de mémoire. À la fois tombeau et passage, la mer témoigne de ces histoires faites d’espoir, de peur et de deuil.

Description du processus créatif :
Le processus a commencé par mes souvenirs de ce que j’ai vécu durant la guerre et de toutes les histoires que j’ai entendues à cette époque au sujet de personnes qui risquaient la traversée de la mer pour pouvoir vivre en sécurité. Mes premiers croquis étaient centrés sur le personnage à la fois témoin et symbole, un grand corps étendu qui se fond dans les eaux. Les couches de peinture créent l’illusion du mouvement des vagues, tandis que les petits personnages évoquent la lutte, la perte et la survie. Dans l’ensemble, l’œuvre s’est transformée en une réflexion sur le souvenir, le deuil et l’exil.
 

The Forgotten Drift

Œuvre : The Forgotten Drift

Technique : Huile sur toile  
Dimension : 24 x 24
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Cette peinture représente des enfants, qui sont nombreux à avoir souffert de la guerre et qui fuient par la mer dans de frêles embarcations. La scène évoque l’agitation et la tension des personnages qui luttent pour leur survie, tandis que d’autres apparaissent sans vie sous la surface de l’eau. Au centre, le jeune garçon qui s’agrippe à un ours en peluche semble lancer un poignant appel à l’aide muet. Le contraste entre l’innocence et la dévastation fait ressortir le coût humain des conflits. L’eau symbolise à la fois la voie vers la sécurité et la perte.

Description de votre processus créatif : 
La peinture se base sur ma propre expérience, comme celle de toutes les personnes réfugiées qui ont souffert de la guerre. J’ai réalisé mes premiers croquis à la recherche d’une composition autour des enfants. J’ai appliqué des couches de peinture pour créer de la profondeur et évoquer l’agitation de la scène. J’ai peint les personnages progressivement, en mettant l’accent sur l’émotion et leur histoire. J’ai peint le personnage central en dernier pour stabiliser la composition et accrocher l’œil directement.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis une réfugiée irakienne et j’ai souffert des horreurs et du traumatisme de la guerre en Irak. À cette époque, le dessin est devenu le seul moyen d’expression de mes émotions, de mes souvenirs et de mon vécu, sur lesquels je ne pouvais pas mettre de mots. J’ai trouvé dans l’art un refuge et un nouveau moyen de comprendre ce que je vis. Ce n’était plus un simple passe-temps : c’est devenu une deuxième existence dans laquelle je peux exprimer ma douleur, réfléchir à ce que j’ai perdu et maintenir vivants des souvenirs que j’oublierais autrement.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Je choisirais Vincent van Gogh pour sa franchise émotionnelle, sa capacité d’utiliser la peinture pour fuir sa difficile réalité et de traduire ses combats intérieurs dans un puissant langage visuel. Son œuvre nous rappelle que l’art réside non pas dans pas la perfection, l’esthétique ni la maîtrise technique, mais dans la franchise. J’aimerais savoir comment il a pu continuer à créer malgré ses difficultés et son isolement. Comme je me sers moi aussi de l’art pour exprimer mon propre vécu, je ressens cette même intensité et fragilité émotionnelle, et je crois qu’il aurait pu m’apprendre à renforcer mon style artistique.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels a joué un rôle déterminant dans mon développement artistique et intellectuel. Le professeur Martin, en particulier, m’a aidée à comprendre comment traduire dans mes peintures les pensées et les émotions qui ne m’étaient pas familières. Le Département m’a encouragée à réfléchir en profondeur à la signification, au-delà de l’apparence. Les critiques et les travaux m’ont appris à communiquer mes idées plus clairement et à oser expérimenter dans mes œuvres. Le Département m’a aussi donné confiance en moi pour intégrer mon vécu dans mon style artistique et développer une pratique artistique plus authentique et expressive.

Camille Charette

 Personal Mythology: femininity

Œuvre : Personal Mythology: femininity

Technique : Crayons de couleur sur papier blanc
Dimension : 22,5 x 30
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Ce dessin au crayon de couleur aborde la question de la « mythologie personnelle » par la féminité sous un nouveau jour et avec une touche scientifique. Comme les mots qui émergent du papier, semblables à des annotations d’illustrations scientifiques, mon œuvre dépeint les mythes et les vérités au sujet de la féminité. Les fleurs symbolisent la délicatesse et la douceur, mais le serpent représente la protection et la force, et l’ensemble fait fièrement écho aux différentes facettes de la femme que je suis.

Description de votre processus créatif : 
J’ai créé cette représentation à la fois imaginaire et scientifique pour un travail dans le cours de dessin sur le thème de la « mythologie personnelle ». J’ai d’abord découvert que je ne connaissais pas mes origines culturelles, et je me suis longuement interrogée sur la manière dont j’allais me représenter. J’ai entrepris une réflexion approfondie sur ce que j’avais envie de raconter à propos de ma personne. C’est là que la féminité s’est imposée et que j’ai eu l’idée de mettre des mots sur les forces des femmes et les difficultés que nous rencontrons.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

J’ai toujours eu l’âme artiste, mais c’est seulement lors de ma deuxième année à l’Université que mon parcours artistique a pris un virage, quand j’ai pris des cours de biologie en plus de mes cours d’art. Ce changement a influencé plusieurs de mes œuvres, car j’ai commencé à intégrer des éléments de biologie dans mon art. Bien que j’aie rencontré plusieurs écueils, ce processus m’a fait grandir et découvrir mon style artistique, et j’ai l’intention d’approfondir l’étude de l’illustration scientifique. 

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais beaucoup rencontrer Chidiebere Ibe, un illustrateur médical nigérien de 30 ans qui mène une carrière florissante. Il représente des personnes de couleur pour accroître la diversité dans les illustrations médicales et améliorer la santé des personnes sous-représentées. Il a fait de nombreuses interventions dans les médias à ce sujet et il continue de défendre l’inclusion en médecine. Son histoire m’inspire, et j’espère un jour atteindre le niveau de son talent pour créer des illustrations médicales d’une telle beauté.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

La première année, le Département d’arts visuels m’a aidée à améliorer ma technique. La deuxième année, nous sommes passés à une démarche plus exploratrice, qui a mis à l’épreuve ma réflexion créative. La troisième année, je me suis découvert un intérêt pour la biologie, que j’ai pris plaisir à explorer. La quatrième année, j’avais suffisamment confiance en moi pour explorer une démarche scientifique, avec le soutien de mes professeures et professeurs. Enfin, je peux affirmer que le Département d’arts visuels m’a fait découvrir l’artiste en moi et les forces qui font sortir mes œuvres du lot.

Carter Leynes

 A Working Artist

Œuvre : A Working Artist

Technique : Huile
Dimension : 24 x 32
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Mon œuvre intitulée The Working Artist exprime ma frustration devant le manque d’égards que la société témoigne à l’art et aux artistes. Je suis souvent découragé à l’idée que les artistes aujourd’hui ne peuvent pas vivre uniquement de leur art, mais doivent poursuivre une carrière parallèle. Déjà en tant qu’étudiant, je manque de temps pour créer parce que je dois étudier des matières qui ne m’intéressent pas, et que j’aime d’autant moins qu’elles m’éloignent de mon art. Au moins, ce ressentiment m’a inspiré cette peinture. 

Description de votre processus créatif : 
J’ai produit cette peinture dans le style de Norman Rockwell. J’ai fait la mise en place, pris une photo, puis je l’ai reproduite au fusain sur un panneau de bois à l’aide de la technique de la grille et j’ai peint par-dessus.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

J’ai commencé la peinture il y a seulement un an, mais du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. Je me passionne depuis toujours pour l’art; au départ, je ne voulais pas étudier en arts à cause de la difficulté de faire carrière dans ce domaine, mais j’ai quand même décidé d’essayer.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Norman Rockwell.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a donné la chance d’explorer mes intérêts créatifs et m’a procuré les outils pour le faire. Après seulement un an, je sens que le programme a beaucoup accéléré mes progrès artistiques.

Cece Klein

Personnages d’un scénario

Œuvre : Roles to Play / Personnages d’un scénario

Technique : Couture à la main et à la machine, boutons en poterie faits à la main
Dimension : 2 tapisseries de 14 x 15 chacune
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Le groupe de discussion représente les liens, l’amour, la famille. Il nous rappelle ce dont nous avons besoin pour nous adapter au changement, souvent un caractère à la fois. On peut voir trois émojis de cœur (modelés dans l’argile et peints à l’acrylique) sur les tapisseries. Les cœurs évoquent les relations humaines et les êtres chers. 

Description de votre processus créatif : 
Ce groupe de discussion raconte l’histoire d’une mère et de ses deux filles qui s’est déroulée en février 2025. Je pensais aux choses que nous nous disons, et je voulais évoquer avec cette pièce les changements dans nos façons de communiquer. Nous sommes des gens ordinaires qui font des choses ordinaires. J’ai fabriqué les boutons d’argile au studio de poterie. J’ai intégré un lettrage du commerce avec du fil et une aiguille et j’ai utilisé un modèle en papier pour placer les perles. J’ai coupé les tiges en bois à l’atelier d’ébénisterie. J’ai cousu les tissus à la machine. J’ai parlé de mon travail avec mes enfants adultes.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Mon œuvre parle du souvenir et du changement. J’ai commencé mes études en art à un âge tardif, et j’en suis environ à la moitié du programme d’arts visuels.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Si je pouvais rencontrer une figure de l’art vivante ou morte, je choisirais l’artiste inuite lumineuse qu’était Kenojuak Ashevak (1927-2013).

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Les encouragements que m’a prodigués le Département d’arts visuels ont façonné l’artiste que je suis; il m’a donné les outils nécessaires pour améliorer mes œuvres et mieux apprécier celles des autres; il m’a enseigné à construire, à déconstruire et à reconstruire; il m’a apporté la confiance en moi, du soutien, de la bienveillance et une communauté.

Charles Lin

 Portrait of a Socket

Œuvre : Portrait of a Socket

Technique : Acrylique sur toile
Dimension : 9 x 12
Année : 2026

Description de l’œuvre :
La peinture représente une prise de courant arrachée du mur dans un cadre en trompe-l’œil.

Description de votre processus créatif : 
J’aime partir d’une technique ou d’une idée établies et leur donner une touche moderne. J’aime les sujets peu orthodoxes et un peu sordides. J’aime combiner la solennité surannée avec des choses qui n’ont rien à voir avec elle, et c’est ainsi que j’en suis venu à cette pièce.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Quand cette description sera publiée, je serai déjà diplômé de l’Université d’Ottawa. Je pense que je vais davantage me tourner vers les arts numériques, mais je veux quand même poursuivre l’acrylique, le fusain et tout ça. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais dans tous les cas, j’espère que l’art occupera une place importante dans ma vie.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Parmi les artistes traditionnels, je choisirais des personnes comme Milić od Mačve, Honoré Daumier, J. M. W. Turner, Alex Janvier, Zhang DaQian et Franklin Carmichael. Je pense aussi à plusieurs artistes numériques avec lesquels j’aimerais avoir une conversation. En général, j’aime l’art un peu obscur et les artistes qui mettent beaucoup d’expressivité dans leurs œuvres.  

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

J’ai noué des relations (avec des professeures et professeurs et avec mes pairs) et je me suis amélioré en peinture et en dessin. J’ai l’impression qu’on me laisse toute la liberté de m’exprimer davantage à travers mon style.  

Eva Ma

 A Better Life

Œuvre : A Better Life

Technique : Huile sur toile
Dimension : 30 x 30
Année : 2025

Description de l’œuvre :
A Better Life rend hommage à ma mère, qui a quitté la Chine pour immigrer au Canada. Elle se tient au premier plan, resplendissante et toute en couleurs, devant un portrait qui ressemble à une vieille photo et qui représente la vie qu’elle a laissée derrière elle. Ce portrait se divise en deux : les membres de la famille que j’ai connus à gauche, et les personnes que je n’ai vues qu’en photo à droite. Deux personnages sont cachés par des pissenlits, qui symbolisent la survie dans un environnement inhospitalier. Le trognon de pomme représente l’absence de marques d’affection après le départ de ma mère. Les papillons de nuit symbolisent la liberté, la lumière et les possibilités.

Description de votre processus créatif : 
J’ai créé cette peinture à partir de vieilles photos de famille et de conversations avec ma mère. Bon nombre des symboles sont directement issus de ses propos : le pissenlit illustre son sentiment d’être une mauvaise herbe qui a poussé là où elle n’aurait pas dû. Le trognon de pomme évoque une habitude dans de nombreuses familles asiatiques, où les parents expriment leur amour non pas avec des mots, mais avec une assiette de fruits frais, et le regret de ma mère d’avoir perdu cela en quittant la maison. Les photographies m’ont procuré des visages, et les entretiens avec ma mère m’ont fourni les histoires derrière ces visages et tout le contexte.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

J’aime peindre à l’huile et reproduire la lumière, les textures, les couleurs et les histoires du quotidien pour transformer de simples moments et souvenirs en une œuvre vivante. J’ai commencé par les arts numériques, mais j’ai fini par passer à la peinture en explorant mes objectifs artistiques professionnels à long terme. J’ai déjà travaillé avec des enfants et j’espère faire carrière dans l’enseignement de l’art, un domaine qui me passionne! Pour le moment, je peaufine mes compétences en créant des œuvres qui parlent aux gens.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais beaucoup rencontrer Hung Liu. Cette peintre chinoise travaillait à partir de photographies représentant la vie de personnes qui n’ont laissé aucune trace, comme des paysans et paysanes, des personnes réfugiées et des travailleuses du sexe. Elle laissait toujours l’image se dissoudre sur les bords en faisant couler des gouttes de peinture comme des souvenirs qui s’effilochent. J’aimerais lui demander comment elle a pu supporter ce poids. Comment rendre hommage à une personne par la peinture sans l’aplanir? Je pense qu’elle savait le faire, et j’aimerais apprendre.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a influencée d’une manière que je n’avais pas prévue. La petite taille des groupes crée un vrai sentiment d’appartenance. Les professeures et professeurs connaissent notre travail, nos processus et nos objectifs, et nous apportent un soutien continu. J’apprécie particulièrement l’ouverture du programme : on ne nous demande pas d’entrer dans un moule, on nous laisse prendre la direction de notre choix. C’est ce qui m’a poussée à avancer et à définir mes propres normes. Cette liberté de création et l’étroit mentorat ont façonné l’artiste que je suis devenue.

Ivanka Hrycaj

Conversation

Œuvre : Conversation 

Technique : Huile sur toile
Dimension : 24 x 30
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Cette peinture à l’huile représentant trois amies après une sortie en soirée évoque les conversations simples qui s’engagent quand on se réunit spontanément. C’est l’une de mes premières peintures à l’huile. 

Description de votre processus créatif : 
Pour ces deux peintures, j’ai trouvé l’inspiration dans des moments marquants avec mes amies et amis. Nous prenons souvent des photos quand nous sommes ensemble, et je les ai interprétées à ma manière en mêlant et en ajoutant des éléments. 

Leo

Œuvre : Leo

Technique : Acrylique sur panneau de bois 
Dimension : 24 x 24
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Cette peinture à l’acrylique représente une fête du Nouvel an avec mon groupe d’amies et amies autour d’un buffet maison. L’abondance de nourriture témoigne de la joie qui nous envahit quand nous nous retrouvons ensemble.

Description de votre processus créatif : 
Pour ces deux peintures, j’ai trouvé l’inspiration dans des moments marquants avec mes amies et amis. Nous prenons souvent des photos quand nous sommes ensemble, et je les ai interprétées à ma manière en mêlant et en ajoutant des éléments. 

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je viens de terminer ma deuxième année au baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa. Je peins essentiellement des œuvres figuratives à l’acrylique et à l’huile. 

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Van Gogh parce que j’aime son utilisation des couleurs. 

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a aidée à repousser les limites de ma pratique artistique au cours des deux dernières années. J’aime beaucoup travailler auprès d’autres étudiantes et étudiants en arts et apprendre à leur contact. 

Jeongmin Seo

 Move and Feel

Œuvre : Move and Feel

Technique : Fusain, Conté et pastel mi-dur sur papier Stonehenge
Dimension : 22 x 30
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Ce dessin au fusain explore les limites brouillées entre les humains et les animaux. L’émotion et le mouvement du ballet et de la danse contemporaine m’ont inspiré cette association d’une danseuse, d’un léopard et d’un oiseau du paradis dans une composition en superposition. Les personnages se chevauchent, mais leurs formes et leurs silhouettes restent visibles et bien présentes dans l’image. Cette combinaison peut sembler étrange, mais je voulais fusionner les trois pour créer une nouvelle forme. Leurs corps superposés et leurs mouvements qui se rejoignent donnent l’impression d’une harmonie et d’une tension entre ces êtres différents, qui ne font qu’un dans un mouvement fluide et continu.

Description de votre processus créatif : 
J’ai d’abord fait des croquis de chaque personnage séparément pour définir leur forme et la composition. J’ai choisi le fusain parce que c’est une technique idéale pour créer des flous, du mouvement et des superpositions. Ensuite, j’ai combiné les personnages dans une composition à l’aide de marques transparentes superposées et de contours transparents. Au lieu de brouiller complètement les contours, je les ai laissés visibles et j’ai superposé certaines parties les unes sur les autres pour que les formes se soutiennent entre elles. Pour suggérer le mouvement, j’ai laissé certaines lignes du croquis et flouté les contours extérieurs à la main.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je m’appelle Jeongmin Seo et j’étudie en arts visuels. J’explore actuellement les façons d’utiliser l’art pour exprimer mes pensées, mes impressions et le mouvement. J’expérimente différentes techniques, en particulier l’art numérique, le dessin et la peinture. J’en suis encore à développer mon propre langage visuel, mais je cherche à réunir l’émotion, la forme et le mouvement dans mes œuvres.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Alphonse Mucha si je pouvais choisir n’importe quel artiste, en vie ou non. Ses illustrations Art nouveau m’inspirent pour la combinaison harmonieuse des personnages, des objets, des motifs décoratifs et du design graphique. Ses œuvres sont belles et soigneusement structurées, et c’est ce qui m’intéresse dans les beaux-arts et le design. J’aimerais l’entendre parler de sa vision artistique, de son processus de création et de sa manière de coordonner la beauté, la composition et la narration visuelle.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le programme, les cours en atelier et les autres cours d’art du Département d’arts visuels ont influencé ma personnalité artistique. J’ai découvert de nouveaux points de vue et j’ai pu présenter mon travail et échanger des critiques avec d’autres artistes. En regardant les processus créatifs des autres, j’ai élargi ma propre vision artistique. Le programme m’a aussi offert l’occasion d’améliorer ma technique et de réfléchir aux façons de faire cohabiter l’art traditionnel avec les nouvelles technologies.

Khanh Nguyen

Wooden Desk

Œuvre : Wooden Desk

Technique : Céramique et bois d’érable
Dimension : 18 x 20
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Wooden Desk est une sculpture en argile et en bois d’érable. J’ai récupéré les pièces de bois d’un porte-bouteilles trouvé dans un magasin d’occasion, que j’ai démantelé et réassemblé.

Description de votre processus créatif : 
J’ai réalisé cette sculpture dans le cadre de mon projet final dans un cours de sculpture de deuxième année à l’automne 2025, donné par le professeur Jérôme Havre. Le sujet imposé était « une situation instable ». J’ai fait un croquis de la structure en m’inspirant de l’anxiété que j’avais éprouvée lors de mon premier jour à l’école primaire. J’ai essentiellement appliqué un processus de réduction pour ramener à de simples formes géométriques l’image d’un vieux bureau double en bois qu’on avait en classe à l’époque. Ensuite, j’ai réorganisé ces formes pour arriver à une composition finale représentant ce bureau en bois.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis en quatrième année d’études au baccalauréat en arts visuels. Mes techniques de prédilection sont actuellement la peinture et la sculpture sur métal, argile, bois, laine et objets fabriqués. En sculpture, je m’efforce de réutiliser des matériaux de seconde main pour fabriquer des objets. J’intègre aussi l’abstraction et le design dans ma pratique sculpturale. En peinture, j’emprunte aux styles figuratif et surréaliste en réalisant des collages expérimentaux à l’aide d’images découpées dans la revue National Geographic.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Mona Hatoum. C’est une artiste palestinienne contemporaine qui fait des installations, de la photographie, de la sculpture et qui utilise différents supports.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département m’a aidée à progresser dans mon art, plus précisément à réfléchir davantage à la conception de mes œuvres. Mes professeures et professeurs ont remis en question mes idées et mes approches de mes différents projets. C’est cette tension qui m’a amenée à mûrir ma réflexion sur la création d’une œuvre sculpturale. J’ai appris à étudier chaque aspect d’un projet artistique, qu’il s’agisse d’une peinture, d’une installation, d’une œuvre publique ou d’une sculpture. Les cours d’histoire de l’art m’ont ouvert les yeux sur les injustices sociales et la réponse des artistes contemporains aux troubles sociaux.

Kristina Fobes

 Sphinx

Œuvre : Sphinx

Technique : Acrylique sur toile
Dimension : 20 x 20
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Il s’agit d’une créature mi-féline, mi-humaine, assise dans une attitude sereine et contemplative.

Description de votre processus créatif : 
Pour peindre ce sphinx, je me suis inspirée du surréalisme, des sculptures grecques et de mon amour pour les chats. J’ai voulu y insuffler une sensation de sérénité avec un brin d’étrangeté.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je termine actuellement ma troisième année au baccalauréat en arts visuels à l’Université d’Ottawa. Je m’intéresse plus particulièrement au dessin et à la peinture. Je trouve l’inspiration dans les mythes et les histoires racontés dans les arts visuels et au cinéma ou dans des œuvres écrites, surtout du genre fantastique ou de science-fiction.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

S’il y a une artiste avec qui j’aimerais discuter, ce serait Leonora Carrington. J’admire beaucoup son œuvre, et je pense qu’elle connaissait probablement de nombreux secrets.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a fait découvrir le genre d’œuvres d’art que je souhaitais créer. J’ai l’impression qu’avant de commencer le programme, mes idées étaient plus diffuses, elles partaient dans tous les sens et n’étaient pas bien réalisées. Maintenant, je me sens beaucoup plus engagée dans mon exploration des moyens de m’exprimer dans chacune de mes œuvres.

Lauren Paquette

Immortality

Œuvre : Immortality

Technique : Acrylique 
Dimension : 16 x 20
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Immortality évoque ce qu’on contrôle et qu’on ne peut pas contrôler après notre décès – c’est-à-dire ce qui restera de nous, la façon dont on célébrera (ou pas) notre mémoire. Le crocodile n’a jamais rêvé de devenir un sac Birkin, mais c’est ce qu’il est maintenant. Une part de lui subsiste dans une réalité qui lui aurait échappé. Certaines personnes voudraient vivre éternellement, mais ce que cela représente au bout du compte est parfois très éloigné de leurs rêves.

Description de votre processus créatif : 
J’ai choisi de m’inspirer d’un sac en croco rouge de Hermès. J’ai réalisé un croquis à la main et appliqué une couche de terre de Sienne brûlée pour unifier les couleurs. J’ai ensuite appliqué plusieurs couches d’acrylique à partir des couleurs de base jusqu’aux nuances particulières. Le fond est un simple gris mélangé à partir de brun foncé et de bleu phthalo. J’ai choisi un fond uni pour mettre en valeur la peau de crocodile.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis une étudiante adulte et je viens de terminer ma deuxième année au baccalauréat en arts visuels. J’adore peindre, et j’espère vraiment m’y adonner plus sérieusement.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Wassily Kandinsky, parce qu’il est le créateur de ma peinture préférée, Composition VII. J’aime sa façon de relier la création artistique à la sphère spirituelle.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a appris à prendre mon art plus au sérieux en m’interrogeant sur mes motivations, mes valeurs et mes intérêts.

Maria Luiza Reis

 I Open Myself to You

Œuvre : I Open Myself to You

Technique : Acrylique sur toile
Dimension : 16
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Cette peinture représente une femme qui s’ouvre littéralement la poitrine, révélant des fraises à la place de ses organes. L’image à mi-chemin entre l’horreur et la beauté délicate crée un contraste frappant entre douleur et douceur. L’acte de s’ouvrir la poitrine symbolise une extrême vulnérabilité et l’exposition de soi, comme le fait de vouloir faire plaisir aux autres : se donner entièrement, souvent au détriment de soi. Les fraises représentent la richesse émotionnelle et la gentillesse qu’on porte en nous, la « douceur » du moi intérieur.

Description de votre processus créatif : 
Le concept initial de la peinture reposait sur une approche plus littérale : je voulais peindre des organes entremêlés avec des fraises pour représenter directement la douceur intérieure. Mais j’ai réalisé que cette approche était trop explicite et limitait l’interprétation de l’œuvre. J’ai donc opté pour une composition plus symbolique et émotionnelle. En abandonnant la représentation réaliste des viscères pour les remplacer par des fraises, j’ai obtenu un résultat moins anatomique et plus métaphorique.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis en troisième année en arts visuels et je m’intéresse de très près aux peintres de la Renaissance et à leur goût pour le réalisme, l’anatomie et les compositions dramatiques. Mon œuvre est influencée par cette période, mais j’essaie de trouver le juste équilibre entre le réalisme et les qualités artistiques visibles, où l’on reconnaît à la fois l’illusion et la main de l’artiste.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Si je pouvais rencontrer un artiste, ce serait Alexandre Cabanel. J’aime la façon dont il mêle les techniques classiques, presque inspirées de la Renaissance, avec une imagerie surréaliste et déstabilisante. J’aimerais avoir son talent pour rendre le corps humain avec une telle précision tout en le déformant de manière étonnante, car je veux marier le réalisme et l’inconfort. D’ailleurs, L’Ange déchu est ma peinture favorite.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le programme d’arts visuels m’a amenée à me détacher de la technique pour me pencher de près sur l’intention qui sous-tend mon œuvre. Les critiques, les discussions et la découverte d’un large éventail de démarches artistiques m’ont appris à mieux organiser mes idées et à poser un regard critique sur les choix que je fais dans mes compositions.

Maya Lacroix

Who’s Going to Braid Your Hair Now?

Œuvre : Who’s Going to Braid Your Hair Now?

Technique : Huile
Dimension : 24 x 36
Année : 2026

Description de l’œuvre :
J’ai créé cette pièce pour ma sœur. Quand nous étions jeunes, je lui faisais toujours des tresses avant d’aller à l’école, au travail ou aux activités sportives. Je l’ai fait durant des années, et je suis devenue experte pour satisfaire ses demandes très particulières. Maintenant qu’elle est diplômée et qu’elle va peut-être aller étudier ailleurs, elle n’a plus besoin de moi de la même manière. J’ai créé cette pièce pour dépeindre mon amour pour ma sœur, mes inquiétudes et mon enthousiasme pour son avenir, et pour dire à quel point elle et nos rituels quotidiens vont me manquer.

Description de votre processus créatif : 
Quand j’ai commencé cette pièce, j’ai trouvé l’inspiration dans de vieilles photos, ma sœur et mes placards. Je voulais souligner nos différences tout en explorant la couleur et la similitude. J’ai voulu représenter notre apparence à ma sœur et à moi sans trop verser dans le réalisme. Je voulais des couleurs pâles et délicates. J’ai essayé d’utiliser les couleurs pour faire ressortir la transparence et la lumière afin de créer un effet de fugacité, comme lorsqu’on se remémore un souvenir. J’ai appliqué des couches très minces de peinture pour conserver la transparence et les coups de pinceau. 

The store

Œuvre : The Store

Technique : Huile
Dimension : 36 x 36
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Cette œuvre rend hommage à mon enfance. Elle représente des souvenirs qui me sont très chers, profondément sentimentaux et impossibles à reproduire. Quand j’étais enfant, ma Mamere possédait un dépanneur dans sa petite ville. J’y passais beaucoup de temps l’été à « travailler », c’était mon activité préférée. En grandissant, ces souvenirs se sont estompés. La vie à l’époque me semblait intense, chaleureuse et douce. C’est ce que j’ai essayé de reproduire dans cette peinture, pour figer mes souvenirs. 

Description de votre processus créatif : 
J’ai créé cette œuvre à partir d’une compilation de photos de famille. Je les ai principalement tirées de mes albums, sauf quelques-unes qui viennent des archives de mes tantes. Je me suis inspirée de ces références pour planter le décor, en me laissant aussi une certaine liberté créative d’après mes souvenirs. J’ai utilisé des couleurs vives, du rose et du bleu, pour rendre la gaieté de l’enfance. J’ai appliqué de fines couches de peinture pour créer un effet lumineux et tendre sur la peau et dans le décor.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

J’ai vingt ans et je suis peintre et illustratrice. Je fais de l’art et je ressens le besoin de créer depuis toujours. J’aime la musique rock, la poésie et les films cultes des années 1990. J’espère devenir enseignante en art pour les enfants ou les adultes. Je pense que l’art est un élément essentiel de la société et de la personnalité, et qu’il faut l’encourager sous un angle plus créatif et moins technique.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais beaucoup rencontrer Gustav Klimt. Je suis désespérément obsédée par son utilisation des motifs et des couleurs. J’adorerais lui poser des questions sur sa façon d’exagérer les formes humaines et lui demander où il a puisé l’inspiration.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a fait découvrir un grand nombre d’artistes au talent incroyable. Chaque cerveau fonctionne différemment des autres, et je trouve ça très inspirant. J’adore regarder les œuvres des autres et les entendre parler de leur processus. De plus, le Département a renforcé ma confiance en moi et en mon style artistique, parce qu’il n’impose pas une définition étriquée d’une « belle » œuvre.

Myriam Audet

Grand-mère

Œuvre : Grand-mère

Technique : Peinture à l’huile sur toile
Dimension : 31 x 39
Année : 2026

Description de l’œuvre :
L’œuvre démontre une abstraction construite par mon observation du manteau de ma grand-mère, un manteau de fourrure de lynx datant des années 1970.

Description de votre processus créatif : 
J’ai choisi de peindre cet objet puisque pour moi, il évoque une énergie puissante cherchant à revenir à la vie. Je souhaitais partager ma vision invisible de l’objet avec le monde, ainsi que créer une image vivante et animée d’un objet inanimé, construit d’animaux à présent morts. L’œuvre témoigne également de la relation que j’ai construite avec l’objet lors de mes longues heures d’observation, où je l’ai constamment changé de position et d’angle, afin de capturer son essence en entièreté.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis une étudiante et artiste franco-ontarienne, entrant dans sa dernière année du baccalauréat en arts visuels. Dans ma pratique actuelle, je sélectionne et observe avec soin des objets, cherchant premièrement le vivant dans l’inanimé, ce qui évoque par la suite le reste de la scène dans l’image. Je suis animée par l’écart entre la réalité, ma vision et celle de l’autre, ainsi que la traduction par la création.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Francis Bacon, surtout afin de découvrir ses secrets concernant ses recettes expérimentales matérielles. Par exemple, une histoire veut qu’il réchauffait des pastels broyés dans une marmite – à quelles fins, je ne le sais pas. La manière dont il applique les médiums est d’un grand intérêt pour moi, puisque je suis également très concernée avec la matérialité de l’œuvre, cependant d’une manière très différente de lui (je peins habituellement en nombreuses couches très minces, concernée par les différentes opacités des pigments). Je suis également fascinée par la manière dont Bacon traduisait l’observation, surtout par la photographie.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Les ressources fournies par le Département ont renforcé ma discipline et motivation. Initialement une personne timide, les nombreux studios et grands espaces de travail m’ont permis de créer sans restrictions (en termes de temps, d’espace et de désordre) et donc de prendre ma place dans un environnement où tout est possible.

Narcisa Puf

The Life Within

Œuvre : The Life Within

Technique : Huile sur toile. Texture de pierre ponce. Pinceaux et spatule.
Dimension : 40 x 30 x 2
Année : 2026

Description de l’œuvre :
The Life Within explore la présence silencieuse de la vie à travers une feuille séchée. La feuille devient un symbole de transformation et de continuité, de connexion et d’interdépendance, révélant une beauté fragile mais essentielle.

Description de votre processus créatif : 
Le processus a commencé par l’observation d’une feuille séchée, trouvée sur une rangée de la bibliothèque de mon atelier et perçue non comme un élément mort, mais comme une forme encore habitée et en transformation. J’ai travaillé avec des textures pour créer un aspect géologique, en donnant une dimension tactile et organique, en laissant la matière participer à l’image. Le geste est resté libre, guidé par l’intuition, afin de révéler progressivement une présence intérieure plutôt que la définir.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis une artiste en exploration. Mon travail se développe souvent en séries, où j’essaie de créer un lien entre les formes, la matière et une réflexion intérieure. J’accorde une grande importance à l’intuition, tout en cherchant à approfondir une pensée conceptuelle. La nature, le corps et le temps sont des sources importantes dans ma pratique.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Marlene Dumas, pour sa manière de travailler entre présence et effacement. Ses œuvres me touchent par leur intensité émotionnelle et leur liberté gestuelle. Elle réussit à créer des images qui semblent à la fois fragiles et puissantes, ce qui rejoint mes propres recherches sur la présence instable et la transformation. 

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département m’a aidée à développer une réflexion plus profonde sur mon travail, notamment en m’encourageant à penser en termes de séries et de structures narratives. J’ai appris à mieux articuler mes idées et à relier mes œuvres entre elles. Cet environnement m’a permis de passer d’une pratique intuitive à une démarche plus consciente et conceptuelle.

Yousra Nimour

The Big Bad Wolf

Œuvre : The Big Bad Wolf

Technique : Superposition, pointillé, sous-couche
Dimension : 30 x 24
Année : 2025

Description de l’œuvre :
Le sujet principal est le Petit Chaperon Rouge qui se penche pour ramasser une pièce d’or. Plusieurs autres pièces d’or sont alignées l’une à la suite de l’autre sur le sentier qui mène à la maison de sa grand-mère. Le sentier est entouré de la forêt, et on voit au loin des montagnes peuplées de petites maisons. Le loup, tout petit, se cache parmi les arbres; le voyez-vous?

Description de votre processus créatif : 
Pour cette peinture, je me suis inspirée d’un événement que j’ai vécu, où je me voyais comme le Petit Chaperon Rouge (l’un de mes contes préférés), et une personne que j’estimais beaucoup comme le loup. J’ai commencé par créer une sous-couche à la peinture acrylique éclaircie à l’eau, puis j’ai appliqué les couches de peinture les unes sur les autres jusqu’au résultat voulu. J’avais deux références, l’une pour les montagnes (une photo que j’avais prise des montagnes de Kabylie, en Algérie) et une peinture que j’ai vue dans une galerie, mais dont j’ai oublié le titre.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je suis une Algérienne de 21 ans d’extrême gauche, féministe pure et dure, issue de la classe ouvrière inférieure et bilingue (français et anglais).

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Sophia Jackson et Anselm Kiefer.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a poussée à essayer des supports que je ne connaissais pas et que je n’aurais jamais employés autrement, comme l’argile, le bois, le métal et l’acrylique. Je suis très inspirée par l’art et les artistes qui m’entourent; ça me motive à poursuivre sur cette voie. L’édifice des arts visuels est unique en son genre : vu qu’il est relativement petit et qu’on y travaille tout le temps, on crée facilement des liens avec les autres. Pour moi, c’est un peu une deuxième famille.

Zinnia Plumb

Reaching

Œuvre : Reaching

Technique : Acrylique
Dimension : 40 x 16
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Quand une personne atteint son objectif, elle change en bien ou en mal. Souvent, on ne peut plus redevenir la personne qu’on était avant.

Description de votre processus créatif : 
Au départ, j’avais cette toile et une idée du concept de la peinture, et j’ai cherché quel genre de créature pourrait convenir. J’ai procédé par sections, en ajoutant les éléments brillants à la fin pour montrer l’effet du changement.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

Je travaille principalement à la peinture acrylique et j’aime évoquer des aspects de l’existence humaine au moyen de créatures étranges.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

J’aimerais rencontrer Monet, car il a été une grande source d’inspiration pour moi quand j’ai recommencé à peindre à l’école secondaire. Bien que je m’éloigne maintenant de l’impressionnisme, cette technique continue de me fasciner. 

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département d’arts visuels m’a rappelé que je devais essayer de nouvelles techniques au lieu de toujours rester en terrain connu. Il m’a aussi permis de m’inspirer des œuvres de mes pairs.

Zoé Geisler Lamonde

Mariage

Œuvre : Mariage

Technique : Peinture acrylique sur toile avec une seule couche de gesso, composée de nombreuses couches de peinture fines et transparentes.
Dimension : 24 x 20
Année : 2026

Description de l’œuvre :
Tout comme la première œuvre, cette peinture met en scène des images qui nous sont familières, particulièrement au Canada, surtout pour un observateur ayant étudié l’histoire de l’art. Elle explore les notions d’appropriation, d’histoire de l’art et de narration, notamment autour du mariage. Les figures centrales représentent un homme et une femme, entourés de plusieurs autres figures reconnaissables. On y observe également un mélange d’espaces intérieurs et extérieurs. Enfin, l’œuvre alterne entre des zones très détaillées et d’autres presque abstraites, ou bien volontairement inachevées.

Description de votre processus créatif : 
Cette œuvre s’inscrit dans la continuité de ma révision des encyclopédies d’art visuel. J’y observe des œuvres allant de l’époque paléolithique jusqu’au postmodernisme. Elle a été créée simultanément avec trois autres œuvres de format similaire. Ensemble, ces quatre pièces explorent des catégories récurrentes que j’ai repérées lors de mes recherches : le mariage, la science, la résurrection du Christ et la guerre. À partir d’une couche de vert fluorescent, j’ai ajouté des figures une à la fois, construisant progressivement une nouvelle narration afin d’encourager l’observateur à réfléchir au mariage et à ses modes de représentation.

À propos de l'artiste

Quelques mots sur vous :

J’ai vécu à Ottawa toute ma vie et j’ai toujours été intéressée par le monde des arts. Dès un jeune âge, j’ai participé à des camps et à des écoles d’art, ce qui a nourri ma pratique. Celle-ci est principalement fondée sur la peinture acrylique. Je viens de terminer ma troisième année de baccalauréat en arts visuels. J’ai également participé à quelques expositions, notamment à Art Mur et à la Galerie 115 de l’Université d’Ottawa. Actuellement, j’explore des questions liées à l’histoire, à la mémoire et à la culture en lien avec la nature.

Si vous pouviez rencontrer l’artiste de votre choix, en vie ou non, de qui s’agirait-il? :

Bien que cette question soit extrêmement difficile, je choisirais sans doute Max Ernst (peintre, sculpteur, graveur, dessinateur et poète allemand, 1891–1978). Il a été mon premier mentor artistique, et je peux toujours y revenir pour découvrir de nouvelles œuvres et idées. Il demeure une source d’inspiration constante pour moi. Ernst appartient au mouvement surréaliste, qui m’intéresse particulièrement. Toutefois, ce qui m’inspire le plus chez lui est sa soif inextinguible d’exploration et de découverte : il a expérimenté d’innombrables techniques et médiums, produisant une diversité d’œuvres remarquable, et encourageant les artistes à ne pas se limiter à un seul style.

Comment le Département d’arts visuels a-t-il contribué à votre formation artistique? :

Le Département m’a offert un espace où je peux rencontrer, collaborer, discuter et m’inspirer d’autres artistes qui, comme moi, souhaitent approfondir leurs connaissances et leurs habiletés, voire poursuivre une carrière en art. Dès mon arrivée à l’Université, j’ai découvert l’importance de l’expérimentation, du jeu et du hasard dans la création, des approches que je n’aurais jamais pensé adopter auparavant. Aussi, j’ai non seulement appris de nouvelles techniques et théories, mais aussi l’importance du public et de la présentation. Enfin, les professeurs et les cours d’histoire de l’art m’ont aidée à garder l’esprit ouvert et à adopter une pratique expérimentale. Le Département m’a donné la chance de côtoyer des artistes de tous âges et niveaux, professeurs ou étudiants, au sein d’une petite communauté très solidaire. La petite taille de cet environnement m’a également offert une grande liberté.