Des anciens combattants aux soldats : La Garde territoriale des anciens combattants, 1940-1946

AHL 3900 – Proposition de projet de recherche

Description du projet et objectifs

Plus de 620 000 Canadiens ont servi pendant la Première Guerre mondiale. La mémoire des victimes a été commémorée de manière formelle, officielle, publique, locale et privée.  Mais qu’en est-il des anciens combattants canadiens encore en vie? La nation leur a conféré l’autorité morale découlant de leur abnégation, qui s’est transformée en une forme de vénération nationale incontestable. Dans le Canada anglophone, du moins, l’État et la société ont élevé leur service au rang de forme suprême de citoyenneté et l’ont associé à un sentiment naissant de nationalisme identitaire d’après-guerre.  

Quel statut social et quelle notoriété au sein de la communauté ont-ils acquis? Ces quelque 500 000 hommes, dont beaucoup étaient inaptes au service ou en mauvaise santé, et dont peu avaient tiré profit de leurs expériences de guerre, cherchaient à se réinsérer dans la société et à retrouver une vie familiale; la plupart partageaient une identité qui les distinguait des autres Canadiens.

Cette situation s’est accentuée avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939.  La communauté des anciens combattants a exprimé avec force ses opinions sur les effectifs et la conscription, la volonté de mener une « guerre totale », son soutien indéfectible à la Grande-Bretagne et la crainte d’actes de sabotage de la part d’« étrangers ennemis ». Ce qu’on connait moins, qui tenait à leur statut d’anciens combattants, était le désir qu’éprouvaient bon nombre d’entre eux de reprendre le service.

En mai 1940, alors que la guerre tournait au vinaigre pour les Alliés, l’armée canadienne a créé la Garde territoriale des anciens combattants, composée exclusivement de vétérans de la Première Guerre mondiale. Il ne s’agissait pas d’une force auxiliaire ni d’un groupe de civils bien intentionnés, mais d’une partie intégrante de l’armée canadienne. Pour la première fois dans son histoire, le Canada disposait d’une communauté d’anciens combattants solide sur laquelle s’appuyer en cas d’urgence nationale.  

En juin 1943, les effectifs de ce groupe ont atteint leur maximum avec près de 10 000 hommes, même si des milliers d’autres avaient déjà servi et avaient été démobilisés, ou devaient encore s’enrôler entre cette date et la fin de la guerre. L’étude de la Garde territoriale des anciens combattants permet d’établir un lien intergénérationnel entre la Première Guerre mondiale et la Seconde. La plupart de ces anciens combattants ont principalement assuré des missions de garde ou de garnison au Canada, mais d’autres ont servi aux quatre coins du monde. Pas moins de 336 d’entre eux ont trouvé la mort en service actif, mais pas à la suite d’actions ennemies.

Comment les autorités militaires, politiques et civiles, ainsi que la presse et l’opinion publique, percevaient-elles ces anciens combattants?  Quelle était la vision des anciens combattants sur l’identité, le service et la nation, en temps de paix comme en temps de guerre?

Voici un lien vers un bref article préliminaire (en anglais) que j’ai publié sur le sujet.

Activités de l’étudiante ou de l’étudiant

Les recherches primaires se dérouleront à Bibliothèque et Archives Canada (395, rue Wellington). L’étudiante ou l’étudiant examinera et photographiera les documents administratifs et la correspondance de la Garde issus du groupe d’archives n° 24 (Défense nationale). D’autres documents se trouvent sur des bobines de microfilm; certains ont été numérisés, d’autres non. Cette activité de recherche pourrait inclure des documents photographiques et d’autres supports iconographiques, comme des affiches de recrutement.

Une partie des activités de recherche pourraient également avoir lieu à la Direction de l’histoire et du patrimoine du ministère de la Défense nationale et au Musée canadien de la guerre. (À noter : ces deux établissements ont embauché un grand nombre de nos étudiantes et étudiants en histoire au fil des ans, en plus des stages en alternance proposés par la Direction.)

La personne retenue doit maîtriser l’anglais, et le bilinguisme est un atout. L’étudiante ou l’étudiant devra disposer d’un ordinateur portable et d’un appareil photo (non fournis). 

Objectifs d’apprentissage/résultats

L’objectif est d’accompagner une jeune chercheuse ou un jeune chercheur dans l’apprentissage des techniques de recherche historique. L’étudiante ou l’étudiant obtiendra une précieuse expérience méthodologique dans le traitement de sources primaires variées et découvrira les principes de la gestion de projet, de l’organisation de l’information et des procédures de compte rendu. La personne retenue apprendra également à évaluer la pertinence des sources et à faire preuve de discernement dans ses recherches.

Attentes et évaluations

L’étudiante ou l’étudiant consacrera 6 à 7 heures par semaine à ce projet, sur une période de 13 semaines, pour un total maximal de 90 heures. Elle ou il remettra chaque semaine des rapports d’activité concis mais précis. Le responsable évaluera ses progrès en fonction des objectifs fixés et des résultats obtenus. Il fournira chaque semaine de la rétroaction constructive lors de réunions organisées à intervalles réguliers.

Répartition proposée des 90 heures :

  • Recherche autonome : 5 heures par semaine (65)
  • Rédaction de rapports et de synthèses : 1 heure par semaine (13)
  • Rencontre avec le superviseur et formation : 12 heures