Sarah Hobson, Melissa Probert Gilhooly
Félicitations à Sarah Hobson (École de psychologie) et à Melissa Probert-Gilhooly (Faculté d’éducation), lauréates du prix Kirsti-Lagerspetz 2026, décerné par l’International Society for Research on Aggression (ISRA).

Sarah Hobson et Melissa Probert-Gilhooly ont été récompensées pour l’excellence de leurs présentations scientifiques lors du Congrès mondial 2026 de l’ISRA, tenu à l’Université Brock. Nommé en l’honneur de Kirsti Lagerspetz, cofondatrice de la société et pionnière de la recherche sur l’agression humaine et l’intimidation en milieu scolaire, ce prix compte parmi les distinctions étudiantes les plus prestigieuses de l’ISRA. 

Tracy Vaillancourt est professeure, fondatrice du Laboratoire d’étude du cerveau et du comportement de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé mentale et en prévention de la violence chez les jeunes. Pour elle, voir les deux chercheuses de la relève être reconnues sur la scène internationale a constitué un véritable moment fort. « Je sais tout le travail qu’il y a en amont de ces présentations. Leur avenir est prometteur, et je me sens privilégiée d’avoir fait partie de leur parcours.

« Comme directrice de recherche, il n’y a rien de plus gratifiant que d’assister à la réussite de ses étudiantes et étudiants. »  

Sarah Hobson : le sentiment de compter pour les autres

Sarah Hobson a présenté une étude visant à déterminer si, chez les jeunes, les expériences d’intimidation sont associées au sentiment d’avoir de l’importance aux yeux des autres, et si cette relation diffère selon l’identité de genre et l’orientation sexuelle.  

À partir des données recueillies auprès d’environ 54 000 jeunes ayant participé à l’Étude sur la santé et les relations avec les pairs (ESRP), menée par Tracy Vaillancourt (Université d’Ottawa) et Daphne Korczak (Université de Toronto), elle a constaté que les adolescentes et adolescents qui subissaient fréquemment de l’intimidation étaient généralement plus susceptibles d’avoir le sentiment de compter moins aux yeux des autres.  

Indépendamment des expériences d’intimidation, les jeunes de la diversité sexuelle et de genre étaient également plus susceptibles d’avoir le sentiment de ne pas compter pour les autres que les filles et les garçons hétérosexuels. Ces résultats soulignent l’importance de créer des milieux où les jeunes victimes d’intimidation et les jeunes 2ELGBTQIA+ ont le sentiment de compter et de recevoir du soutien. L’article de Sarah Hobson a été accepté pour publication à la suite du Congrès mondial.

« Mon sourire en dit long sur la joie que j’ai ressentie en recevant ce prix. Être reconnue lors d’un congrès réunissant des chercheuses, chercheurs et spécialistes dont j’admire profondément le travail, aux côtés des membres du laboratoire, était tout simplement surréaliste, affirme Sarah Hobson.  

« Ce prix témoigne du travail acharné et de la persévérance dont j’ai fait preuve tout au long de mes études supérieures. Il me confirme également que ma volonté de mener une recherche qui donne une voix aux jeunes et qui contribue à améliorer leur vie, surtout celle des jeunes 2ELGBTQIA+, transparaît dans mon travail. Voir l’équipe célébrer cette réussite et pouvoir la partager avec Melissa m’a profondément touchée. » 

Melissa Probert-Gilhooly : pour des approches plus inclusives

Melissa Probert-Gilhooly a expliqué comment le genre, la race et l’origine ethnique se recoupent pour influencer la probabilité que les élèves de l’Ontario parlent de leurs expériences d’intimidation, ainsi que les conséquences de cette démarche.  

Fondés sur les données de plus de 40 000 élèves participant à l’ESRP, les résultats montrent que les élèves racisés de la diversité de genre étaient les moins susceptibles de se confier au sujet de leurs expériences.  

Parmi les élèves qui ont signalé avoir été victimes d’intimidation, les jeunes de la diversité de genre étaient les moins susceptibles d’affirmer que la situation s’était améliorée, peu importe leur race ou leur origine ethnique. Ces résultats laissent croire que l’inégalité la plus marquée tient au fait que certains groupes se sentent moins à l’aise de demander de l’aide. Les écoles doivent adopter des approches plus inclusives et culturellement adaptées afin que chaque élève se sente suffisamment en confiance pour signaler une situation d’intimidation et obtenir du soutien adapté.

« Mes recherches portent sur le personnel pédagogique et sur la collaboration entre ses membres. Entendre directement la voix des jeunes à travers ces résultats montre à quel point cette collaboration est essentielle. Je suis fière de notre laboratoire et de ma collègue Sarah, souligne Melissa Probert-Gilhooly.  

« Pour être honnête, je ne m’attendais pas à recevoir ce prix. J’ai assisté à tant d’excellentes présentations au congrès, mettant en lumière des travaux qui font progresser les connaissances sur l’agression. Je suis très heureuse que mon travail soit reconnu. Cette distinction me rappelle les efforts considérables que j’ai consacrés à mes études ainsi que les retombées que ces résultats pourraient avoir pour les jeunes. »   

L’Étude sur la santé et les relations avec les pairs (ESRP)

Financée par le programme Interconnectome cœur-cerveau de l’Université d’Ottawa, l’ESRP s’intéresse aux expériences vécues par les élèves de l’Ontario afin, comme l’indique son site Web, de « fournir des rapports détaillés aux écoles pour que des décisions fondées sur des preuves puissent être prises afin de promouvoir la santé, de réduire la violence et d’améliorer le climat scolaire ».