Des étudiants passant devant le Pavillon Tabaret
L’entente témoigne d’une volonté commune de mener des recherches respectueuses, ancrées dans les communautés, et de favoriser la préservation des savoirs autochtones.

L’Université d’Ottawa et l’Université Vanderbilt concluent un accord international afin de favoriser la préservation des savoirs autochtones par les peuples autochtones et de faire progresser la recherche dans ce domaine. L’Université d’Ottawa a en effet signé un nouveau protocole d’entente avec l’Université Vanderbilt, amorçant ainsi un partenariat stratégique au centre duquel se trouvent les archives numériques autochtones et le Laboratoire d’histoire mobile d’Ottawa. L’entente témoigne d’une volonté commune de mener des recherches respectueuses, en collaboration avec les communautés, et de favoriser la préservation des savoirs autochtones grâce à des approches collaboratives appuyées par le numérique. Elle réunit deux établissements aux forces complémentaires en recherche, en savoirs numériques et en collaboration internationale. Signé par le provost et vice-recteur aux affaires académiques, Jacques Beauvais, et le bibliothécaire de l’Université Vanderbilt, Jon Shaw, le partenariat bénéficie du soutien et de la collaboration de la Faculté d’éducation et du Bureau international de l’Université d’Ottawa, d’Affaires mondiales Canada ainsi que du PDG de Fulbright Canada, Michael K. Hawes.

Un engagement pour une préservation des savoirs autochtones par les communautés autochtones

Au cœur de ce partenariat se trouve une volonté commune de voir la préservation des savoirs autochtones prise en charge par les communautés autochtones. Il viendra appuyer les initiatives liées aux archives numériques autochtones et au Laboratoire d’histoire mobile d’Ottawa, en reconnaissant l’importance de la souveraineté des données autochtones, des pratiques archivistiques menées par les communautés, de la gestion éthique et du partage réciproque des connaissances. En privilégiant la bienveillance, le respect et l’établissement de relations durables, la collaboration vise à contribuer à des pratiques archivistiques et de recherche qui prennent en compte les communautés dont les histoires et les systèmes de savoir sont concernés.

« Des partenariats comme celui‑ci montrent bien que la diplomatie scientifique rend possibles l’établissement de liens et une compréhension réciproque entre les nations », a déclaré Jacques Beauvais. Le Laboratoire d’histoire mobile d’Ottawa offre un cadre particulièrement propice à ces travaux. Les modèles de recherche mobile permettent d’étendre les pratiques archivistiques au‑delà du cadre universitaire et jusque dans les communautés, et ouvrent la voie à des approches plus flexibles, accessibles et axées sur le terrain pour aborder l’histoire orale, la documentation et la création collaborative de savoirs. Ceci contribue à renforcer les liens avec les partenaires communautaires, tout en veillant à ce que les méthodes de recherche soient adaptées aux réalités et aux priorités locales. 

« Ce nouveau partenariat en matière d’archives numériques autochtones, qui touche plus particulièrement le Laboratoire d’histoire mobile d’Ottawa, constitue une étape importante dans notre façon d’aborder la recherche et la préservation historiques », a affirmé le professeur Nicholas Ng‑A‑Fook, responsable du projet à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. « Pour notre équipe de recherche, cette collaboration viendra grandement enrichir les retombées intergénérationnelles du projet à l’Université d’Ottawa. En partenariat avec des survivantes et survivants, nous avons commencé à visiter divers centres d’archives afin de documenter et d’examiner de façon critique les liens historiques de l’Université avec le système des pensionnats. La collaboration vient également réaffirmer notre volonté d’agir en faveur de la réparation et du renforcement des relations avec les communautés algonquines, en travaillant dans le respect des principes de PCAP (propriété, contrôle, accès et possession) des Premières Nations afin de garantir la gouvernance communautaire des savoirs. »

Anita Jean Tenasco, membre d’une communauté des Premières Nations et conseillère en matière d’affaires autochtones auprès du doyen de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, estime que la nouvelle initiative offrira un lien essentiel entre les générations. « Les archives numériques axées sur la sauvegarde et le partage des histoires, des cultures, des traditions et des langues autochtones (avec l’appui des communautés des Premières Nations, métisses et inuites concernées) sont à l’heure actuelle essentielles à la transmission des savoirs d’une génération à l’autre, affirme-t-elle. Le partenariat entre l’Université d’Ottawa et l’Université Vanderbilt représente une occasion porteuse pour la Nation Anishinàbe algonquine (nation hôte d’Ottawa). »

Préservation responsable des savoirs

Situées à Nashville, au Tennessee, les bibliothèques Jean and Alexander Heard de l’Université Vanderbilt mettent à profit dans ce partenariat une expertise reconnue en matière de préservation numérique et d’administration de connaissances à grande échelle. Les bibliothèques Heard accueillent notamment le Slave Societies Digital Archive, la plus vaste collection au monde de documents retraçant l’histoire des personnes d’origine africaine et de leur descendance dans le monde atlantique, le Vanderbilt Television News Archive, les archives les plus complètes au monde sur les actualités télévisées, ainsi que le Vanderbilt Cloud Innovation Lab for Libraries and Applied Digital Preservation, propulsé par AWS, une initiative unique qui offre à la population étudiante des expériences d’apprentissage axées sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et des technologies infonuagiques pour mettre au point de nouvelles approches en préservation numérique. Installé au sein du Digital Lab des bibliothèques, le Vanderbilt Cloud Innovation Lab est le premier programme d’innovation infonuagique d’AWS à être hébergé dans une bibliothèque universitaire et à se consacrer à la préservation archivistique. 

« Cette collaboration prometteuse entre l’Université Vanderbilt et l’Université d’Ottawa profitera aux générations futures. Elle nous survivra, a affirmé Jon Shaw, bibliothécaire de l’Université Vanderbilt. En plus de contribuer à la préservation des langues et des histoires des peuples autochtones, elle donnera à la population étudiante engagée dans la collecte de données l’occasion de nouer des liens significatifs avec des communautés des Premières Nations. » 

Pour l’Université d’Ottawa, ce partenariat s’inscrit dans une volonté plus large d’établir des collaborations internationales fondées sur le respect mutuel et en phase avec les priorités autochtones. Il met en évidence la valeur de rapprocher l’expertise en recherche, l’innovation technologique et des approches ancrées dans les communautés afin de favoriser une préservation responsable des savoirs.

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