Les transcripteurs par IA réduisent la documentation et aident les médecins à rester présents et engagés

Une visite en clinique demande beaucoup à tout le monde dans la salle. Un patient décrit ses symptômes, répond aux questions et se fait souvent examiner, le tout dans un court laps de temps. Le clinicien tente de comprendre le problème, de décider de la suite et de retenir les détails importants. Puis vient la documentation. Les notes doivent toujours être complétées, révisées et versées au dossier. Ce travail peut s’accumuler, surtout quand le nombre de visites par quart de travail continue d’augmenter.

Pour le Dr Venkatesh Thiruganasambandamoorthy, cette pression se traduit par un compromis, surtout lors d’un quart achalandé. « L’information peut se perdre en route, car soit je prends des notes très détaillées, soit je me concentre entièrement sur le patient et je suis vraiment engagé. » Son intérêt pour un transcripteur par IA ne venait pas d’une curiosité envers l’IA. Il venait d’un problème bien connu : même avec la dictée, il devait revenir après avoir vu un patient et écrire le récit de l’échange.

Le Dr Thiruganasambandamoorthy est médecin urgentologue à L’Hôpital d’Ottawa et scientifique principal à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa. Il utilise un transcripteur par IA dans sa pratique, un outil parmi une nouvelle catégorie conçue pour réduire le temps que les cliniciens consacrent à transformer une visite en note clinique. L’Association médicale canadienne estime que les médecins passent environ 10 heures par semaine à des tâches administratives, comme la tenue du dossier après les rendez-vous. Dans un projet pilote à L’Hôpital d’Ottawa, 60 médecins sur environ 100 se sont inscrits pour utiliser l’outil et il a permis d’économiser environ sept minutes de documentation manuelle par rencontre avec un patient.

Docteurs qui lisent une transcription en ligne

L’outil enregistre ce qui est dit pendant une visite en personne, puis produit une note clinique préliminaire. Le clinicien la relit, la corrige puis la finalise dans le dossier médical électronique du patient. Le Dr Thiruganasambandamoorthy a été impressionné par la façon dont le transcripteur par IA captait l’échange réel, dans un langage clair et professionnel. Il le décrit comme un excellent point de départ : au lieu de partir d’une page blanche, il commence avec un brouillon qu’il juge solide, il le vérifie puis le complète.

Dans le déroulement, on demande le consentement du patient chaque fois, avant de lancer l’outil. Le Dr Thiruganasambandamoorthy commence par une brève introduction qui donne le contexte de base puis la visite se déroule normalement. Quand la visite comprend un examen physique, comme l’outil ne peut pas voir ce qui se passe, il est utile de dire à voix haute ce qui est vérifié au moment où on le vérifie. Après la visite, un brouillon de note apparaît rapidement. Il le révise et le corrige. Plutôt que d’utiliser le résumé généré par l’IA, il choisit de rédiger le sien, car il trouve que le résumé produit par l’outil ne saisit pas toujours bien les principales conclusions et décisions de la visite. Une fois finalisée et partagée, la note fait partie du dossier que les patients pourront consulter plus tard.

Au-delà de la simplification du processus de documentation, le Dr Thiruganasambandamoorthy souligne aussi l’expérience du patient. Quand le clinicien n’est pas partagé entre la conversation et la documentation, la visite peut sembler plus centrée.

Rien de tout cela ne fonctionne sans garde-fous. Le Dr Thiruganasambandamoorthy dit que les bases ne sont pas négociables. « Il y a quelques règles fondamentales à respecter, dit le Dr Thiruganasambandamoorthy. Il faut une supervision humaine. Il faut aussi savoir où vont les données, qui les utilise et comment. »

le Dr Venkatesh Thiruganasambandamoorthy
« L’information peut se perdre en route, car soit je prends des notes très détaillées, soit je me concentre entièrement sur le patient et je suis vraiment engagé. »

le Dr Venkatesh Thiruganasambandamoorthy

— médecin à L’Hôpital d’Ottawa, scientifique principal à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa

En Ontario, la commissaire à l’information et à la protection de la vie privée a publié un document d’orientation et un aide-mémoire sur les transcripteurs par IA pour aider le secteur de la santé à intégrer cette technologie au quotidien. Le document met l’accent sur des mesures de protection et une gouvernance concrètes, dont un consentement clair, la responsabilisation, l’évaluation des fournisseurs, la surveillance dans le temps et l’attention portée à des risques comme les inexactitudes et les biais. L’objectif est d’appuyer une utilisation responsable de cette innovation utile, de manière à protéger la vie privée et à maintenir la confiance.

Ce cadre pourrait aider certains cliniciens à se sentir plus à l’aise d’intégrer les transcripteurs par IA de façon responsable dans leur pratique. À mesure que les applications d’IA médicale prennent de l’ampleur en santé, déployer des outils comme les transcripteurs par IA soulève une question bien concrète : comment favoriser une adoption plus large quand le coût est assumé par chaque clinicien, ce qui peut décourager ceux qui en auraient le plus besoin.

Au final, la promesse des transcripteurs par IA n’a rien de tape-à-l’œil. Elle est humaine. C’est moins de tenue de dossier après les heures de travail et un dossier plus clair. C’est moins de détails perdus « en route » et un clinicien plus disponible pour le patient dans la salle.