L'extérieur du complexe BSC en automne.
Les scientifiques francophones qui présentent leurs travaux de recherche dans leur langue première le font avec toute l’assurance et la passion qui les animent au quotidien. Grâce au soutien de la professeure Emily Standen à l’égard du nouveau symposium en français organisé dans le cadre du congrès annuel de la Société canadienne de zoologie, la science devient plus inclusive, une présentation à la fois.

Pendant des années, la professeure de biologie Emily Standen a vu des étudiantes et étudiants francophones évoluer dans un milieu scientifique largement dominé par l’anglais. Bon nombre d’entre eux n’ont jamais eu l’occasion de présenter leurs travaux dans la langue qui est au cœur de leur identité.

Cette situation interpelle particulièrement la professeure sur le plan personnel. Son conjoint et sa fille sont Franco-Ontariens et parfaitement bilingues. Comme bien des personnes vivant en situation linguistique minoritaire, ils doivent souvent passer à l’anglais pour s’adapter à la majorité. Cette réalité lui a fait prendre conscience des liens étroits qui unissent la langue et l’identité.

La professeure est elle-même bilingue, mais l’anglais est sa langue maternelle. En enseignant la biologie en français à l’Université d’Ottawa, elle a mieux compris les difficultés rencontrées par la population étudiante francophone. 

« Quand j’enseigne en français, je me rends compte que je ne peux pas m’exprimer exactement comme je le ferais dans ma langue maternelle. Je pense alors à nos étudiantes et étudiants francophones en sciences. Ils maîtrisent leur discipline, mais ça peut être très difficile pour eux d’exprimer leurs idées avec toutes les nuances voulues dans une langue seconde. »

Sensibilisée aux défis vécus par les francophones, elle a décidé d’agir. 

Donner vie au symposium

L’idée de créer un symposium en français a pris forme en 2024, lors d’un atelier sur l’équité, la diversité et l’inclusion au sein de la Société canadienne de zoologie (SCZ). L’activité s’est tenue à Moncton, au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du pays, et a réuni de nombreuses personnes francophones désireuses de faire entendre leur voix.

Après plusieurs mois de préparation et une étroite collaboration avec le comité organisateur local et la communauté francophone, le premier symposium en français a vu le jour en mai 2026 à l’Université Carleton, à Ottawa, dans le cadre du 65e congrès annuel de la SCZ. Dans un souci d’inclusion, les responsables ont choisi d’ouvrir le symposium à l’ensemble des domaines de la biologie zoologique plutôt que de le consacrer à un champ de recherche particulier.

Parmi les personnes ayant contribué à la réalisation du projet, la professeure souligne la contribution d’Émile Vadboncoeur, doctorant en biologie à l’Université Carleton, qui a joué un rôle clé dans la mise sur pied du symposium. 

Emily Standen.
Citation
« Ce qui m’a le plus marquée, c’est la joie manifeste qu’éprouvaient les étudiantes et étudiants à s’exprimer dans leur langue maternelle. »

Emiliy Standen

— Professeure agrégée et vice-doyenne, affaires professorales et excellence en matière d'inclusion

Un succès retentissant

« L’événement a suscité un vif intérêt, tant chez les francophones que chez les anglophones bilingues », affirme la professeure Standen. Afin de répondre à cet engouement et permettre au plus grand nombre de présenter leurs travaux, les interventions ont été limitées à cinq minutes. 

« Ce qui m’a le plus marquée, c’est la joie manifeste qu’éprouvaient les étudiantes et étudiants à s’exprimer dans leur langue maternelle. Presque toutes les personnes qui ont pris la parole ont mentionné qu’il s’agissait de leur première présentation officielle dans leur langue. » 

De nombreuses personnes anglophones ont également assisté au symposium. Même sans comprendre toutes les présentations, elles ont pu ressentir l’enthousiasme contagieux qui régnait dans la salle.

Grâce au généreux soutien du programme de subventions uoConnect, de la Faculté des sciences et du Département de biologie, il a été possible d’organiser une pause-café de réseautage et d’offrir des prix récompensant les meilleures présentations étudiantes.

La professeure entend faire du symposium en français de la Société canadienne de zoologie un rendez-vous annuel afin d’offrir aux scientifiques un espace où présenter leurs recherches en français. 

Excellence en matière d’inclusion à l’Université d’Ottawa

En mai 2026, la professeure Standen a été nommée vice-doyenne aux affaires professorales et à l’excellence en matière d’inclusion. Elle espère qu’un symposium annuel semblable pourra éventuellement être organisé à l’intention de la population étudiante de la Faculté des sciences. 

« Je suis convaincue qu’une telle initiative serait très bien accueillie dans notre communauté. J’invite les personnes qui s’y intéressent ou qui travaillent déjà à des projets semblables à communiquer avec moi. Ce serait une belle occasion de renforcer la communauté de la Faculté des sciences. » 

L’Université d’Ottawa, la plus grande université bilingue (français-anglais) au monde, offre un cadre tout indiqué pour la tenue d’un tel événement. 

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, elle souhaite avant tout resserrer les liens au sein de la communauté étudiante en sciences. 

« Je souhaite offrir davantage d’occasions à la population étudiante de se sentir pleinement membre d’une communauté dynamique sur le campus. Que l’on vive en résidence, à dix minutes de marche ou à trente minutes de route de l’Université, tout le monde devrait s’y sentir chez soi. »

En transformant l’empathie en gestes concrets, la professeure Standen contribue à bâtir une communauté scientifique où chaque personne se sent valorisée, soutenue et encouragée à faire entendre sa voix. 

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