Britney Achu prend la parole lors d'une conférence, debout derrière un podium.
Pour instaurer une réelle équité dans l’enseignement de la chimie, il faut d’abord donner la parole aux étudiantes et étudiants. Inspirée de sa propre expérience, la récente diplômée en sciences biomédicales Britney Achu s’est servie de son projet de recherche de spécialisation pour examiner le désir de changement réel de ses pairs qui s’identifient comme personnes autochtones, noires ou de couleur (PANDC).

La première fois que Britney Achu est entrée dans une classe et a vu qu’une personne de la communauté PANDC allait donner le cours, quelque chose a changé.

« J’étais vraiment heureuse, se remémore-t-elle. Je n’ai pas manqué un seul cours. J’étais toujours assise à l’avant et je posais des questions. » Ce qui aurait pu passer pour un moment anodin s’est révélé être un exemple éloquent de la façon dont la représentation joue sur la participation, la confiance et le sentiment d’appartenance de la communauté étudiante. 

Ces expériences, ajoutées à son mandat de présidente de l’Association des leaders étudiants noirs, l’ont ultimement inspirée à consacrer son projet de recherche de spécialisation – réalisé à sa quatrième année d’études – sur l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI) dans l’enseignement de la chimie. 

Britney a mené ses recherches sous la supervision de la professeure Alison Flynn, chercheuse de premier plan en enseignement de la chimie et en pratiques d’apprentissage axées sur l’équité.

Au-delà de la représentation

Le projet de Britney, intitulé Beyond Representation, analyse l’intersection entre la théorie critique de la race – qui considère le racisme comme intégré aux systèmes sociaux – et la pédagogie culturellement adaptée – une approche de l’enseignement qui tient compte du bagage culturel, des expériences et des identités des étudiantes et étudiants.

« Beaucoup d’études ont porté sur de tels cadres, qui ont été mis au point sur plusieurs années. Mais je voulais en savoir plus sur leur mise en application. »

Britney a réuni les points de vue de professeures et professeurs de chimie, du personnel du Service d’appui à l’enseignement et à l’apprentissage (SAEA) ainsi que d’étudiantes et d’étudiants de premier cycle de la communauté PANDC. Au moyen de questionnaires et d’entrevues de suivi, elle les a sondés sur leur connaissance des approches, leur expérience de celles-ci et les ressources offertes pour en favoriser la mise en œuvre.

Elle a constaté que plusieurs professeures et professeurs travaillent activement à l’instauration d’un environnement d’apprentissage plus inclusif. Parallèlement, de multiples étudiantes et étudiants rapportent un écart entre les intentions institutionnelles et leurs expériences. 

En général, on reconnaît que la situation évolue, mais trop lentement.

Beaucoup d’étudiantes et étudiants ont l’impression que l’Université se contente de « cocher des cases en matière d’EDI » plutôt que de mettre en œuvre des changements concrets, ce qui les amène à créer leurs propres réseaux de soutien par des clubs étudiants et du tutorat entre pairs.

« C’est comme si on ne vous donnait que des miettes. Puis, on s’attend à ce que ça vous suffise même si vous restez sur votre faim. Les microagressions font encore partie du quotidien de nombreuses personnes sur le campus. C’est le genre d’expériences qui peut donner l’impression de ne pas avoir sa place à l’université. »

Les projets de recherche comme celui de Britney permettent de mettre en lumière ces problèmes souvent négligés.

Britney Achu.
Citation
« « Ne baissez pas les bras avant même d’avoir essayé. Et en cas d’erreur, voyez ce que vous avez appris de votre expérience. Et demandez-vous comment prendre appui sur ces leçons pour que les choses se passent mieux la prochaine fois. »

Britney Achu

Des conférences pour gagner en confiance

En mai 2026, Britney a participé aux conférences et expositions 2026 des Sociétés canadiennes de chimie et de génie chimique à Toronto. Elle a également présenté son projet de spécialisation au symposium Empowering Women in Organic Chemistry (EWOC) . 

D’abord hésitante à soumettre son travail par crainte qu’il ne soit pas assez solide, elle s’est laissée convaincre par ses camarades de classe. Elle a osé, et sa décision a porté ses fruits. Avec le recul, elle est particulièrement reconnaissante pour les conversations enrichissantes qu’elle a eues avec ses collègues de recherche en matière d’EDI et pour le prix EWOC EastCAN de la meilleure présentation orale qu’elle a reçu.

Britney encourage les chercheuses et chercheurs de premier cycle dans tous les domaines à ne pas succomber au doute et à saisir toutes les occasions qui se présentent. 

« Ne baissez pas les bras avant même d’avoir essayé. Et en cas d’erreur, voyez ce que vous avez appris de votre expérience. Et demandez-vous comment prendre appui sur ces leçons pour que les choses se passent mieux la prochaine fois. »

En faisant entendre la voix des étudiantes et étudiants, et en mettant au premier plan leurs expériences vécues, la recherche de Britney braque les projecteurs sur les lacunes en équité qui continuent d’influencer l’enseignement de la chimie, contribuant ainsi à jeter les bases d’un changement véritable.

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