Plus qu’un symbole, le drapeau franco-ontarien raconte une histoire. Celle de personnes et de générations qui ont choisi de vivre en français, parfois dans des contextes où cette langue n’allait pas de soi. Des écoles ont été fondées, des institutions créées, des organismes mis sur pied et des voix se sont élevées pour que le français puisse continuer de prendre sa place. Une histoire de mobilisation qui se poursuit encore aujourd’hui et que retracent l’historien Michel Bock, directeur du Centre de recherche sur les francophonies canadiennes et Alain Dupuis, directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada, dans l’épisode 100 ans de mobilisations franco-ontariennes du balado « Parlez-moi de l’Ontario français ».
Cette histoire se poursuit sous de nouvelles formes. La francophonie ontarienne est plurielle, créative et en mouvement. Elle se fait entendre dans les arts, la recherche, l’éducation, la vie communautaire et dans les nombreux espaces où des francophones choisissent chaque jour de parler, de créer et de travailler en français.
L’Université d’Ottawa fait partie de cette histoire. Depuis plus de 175 ans, le français y occupe une place particulière et continue d’attirer une relève qui souhaite étudier et construire son avenir dans cette langue. En 2025-2026, plus de 15 000 étudiantes et étudiants étaient inscrits dans des programmes en français.
Derrière ces milliers de parcours se trouvent autant de nouvelles histoires à écrire. Car célébrer la francophonie, c’est aussi soutenir celles et ceux qui lui donneront ses prochaines voix, ses prochains projets et ses nouvelles expressions. C’est les encourager à faire vivre le français à leur manière et leur donner les moyens de contribuer à l’avenir de la francophonie ontarienne.
C’est dans cet esprit que l’Université d’Ottawa marque le Jour des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens. La célébration réunissant la rectrice et vice-chancelière Marie-Eve Sylvestre, la vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires Julie Cafley, le vice-recteur associé, Francophonie Yves Y. Pelletier ainsi que des voix de la communauté universitaire et artistique franco-ontarienne donne une place particulière aux arts des mots. L’autrice franco-ontarienne Michèle Vinet présente une œuvre qui retrace, en poésie, le parcours d’une langue qui s’est enracinée dans le paysage ontarien. Le commissaire aux affaires francophones du SÉUO, Dan Ngenzy Ya Ruty apporte pour sa part sa voix à la célébration avec un slam, offrant une autre façon de faire résonner la francophonie.
Poésie et slam résonnent ainsi dans l’Agora du Centre universitaire Jock-Turcot, illustrant à leur manière la continuité entre les générations et la capacité de la francophonie à se renouveler.
Car le Jour des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens n’est pas uniquement un rendez-vous pour regarder derrière soi. C’est une journée pour prendre la mesure de tout ce qui a été accompli et pour imaginer ce qui vient ensuite.
Quelle place voulons-nous donner au français dans les prochaines années? Quelles voix voulons-nous entendre? Quels projets voulons-nous faire naître?
Ces questions appartiennent à toute une communauté et à tous ceux et celles qui contribuent à sa vitalité.