La sculpture Elle danse avec la terre, l’eau et le ciel, de l’artiste mohawk et oneida David General.
La sculpture Elle danse avec la terre, l’eau et le ciel, de l’artiste mohawk et oneida David General.
Lancé en 2020, le Plan d’action autochtone encadre les efforts déployés par l’Université pour faire progresser la réconciliation dans les domaines de l’enseignement et de la recherche, du soutien à la population étudiante, des espaces sur le campus, des processus institutionnels et des relations avec les communautés autochtones. Un an après le lancement de la deuxième édition du Plan, il est temps de faire le point sur les progrès accomplis au cours des six dernières années et sur le travail qui reste à faire.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation met cette responsabilité au premier plan. Le 30 septembre est une journée de mémoire et de justice pour les enfants qui ne sont jamais rentrés à la maison, les survivantes et survivants des pensionnats, leurs familles et toutes les personnes qui subissent encore les conséquences des politiques et des lois coloniales. C’est aussi l’occasion de rappeler que la réconciliation ne peut se limiter à des engagements : elle exige des actions concrètes, durables et responsables.

Favoriser la réussite et le mieux-être de la population étudiante autochtone

Pour les étudiantes et étudiants autochtones, le sentiment d’appartenance commence avant même la rentrée universitaire.

En 2025-2026, première année où l’exemption des droits de scolarité accordée aux membres de la Nation algonquine était pleinement en vigueur, l’Université comptait 53 étudiantes et étudiants algonquins, comparativement à 11 l’année précédente. Comme les inscriptions ont fluctué dans le passé, un suivi continu sera nécessaire pour évaluer les effets de cette mesure à plus long terme.

Une fois sur le campus, les étudiantes et étudiants autochtones peuvent compter sur diverses formes de soutien. Au Centre de ressources autochtones Mashkawazìwogamig, les étudiantes et étudiants peuvent recevoir des services adaptés à leur réalité culturelle, dont du counseling offert par une personne autochtone. Grâce à la généreuse contribution de Mike et Colleen Hoyer ainsi que de Chris Lefebvre, le Fonds Bamenimàwàn offre une aide financière supplémentaire. Des espaces réservés à la population étudiante au Carrefour des apprentissages et à la Faculté de médecine offrent également des lieux propices aux échanges et au développement d’un sentiment d’appartenance.

Faire évoluer les pratiques institutionnelles

Après six ans de mise en œuvre du Plan d’action autochtone, certains changements institutionnels sont moins visibles, mais ils influencent la façon dont les Autochtones participent à la vie universitaire et dont leurs contributions sont reconnues.

Une politique et une procédure encadrant l’embauche de membres autochtones du corps professoral, en préparation depuis neuf ans, devraient voir le jour en 2026-2027.

D’autres mesures favorisent également l’intégration des perspectives autochtones aux mécanismes décisionnels de l’Université. Reconstitué récemment, le Comité permanent sur l’engagement autochtone offre un lieu de concertation à l’échelle de l’Université afin d’assurer la coordination et la supervision du Plan d’action.

« Les universités, et le milieu universitaire de façon générale, ont directement contribué à la colonisation. Elles ont déterminé quels savoirs étaient reconnus, quelles histoires étaient enseignées et quelles voix étaient entendues. Sur la voie de la réconciliation, nous souhaitons travailler en partenariat avec les Premières Nations, les Metis et les Inuit dans les domaines de la recherche et de la production de connaissances, tout en appuyant la revitalisation de leurs savoirs, de leurs langues et de leurs cultures », dit Marie-Eve Sylvestre, rectrice et vice-chancelière de l'Université d'Ottawa.

Marie-Eve Sylvestre.
« Nous souhaitons travailler en partenariat avec les Premières Nations, les Metis et les Inuit dans les domaines de la recherche et de la production de connaissances, tout en appuyant la revitalisation de leurs savoirs, de leurs langues et de leurs... »

Marie-Eve Sylvestre

— Rectrice et vice-chancelière de l'Université d'Ottawa

Intégrer les savoirs autochtones à l’enseignement et à la recherche

Les changements apportés dans les salles de classe, les programmes d’études et les milieux de recherche sont importants, puisque les universités et les systèmes de production du savoir ont eux aussi joué un rôle dans l’histoire coloniale.

Les Sections de droit civil et de common law offrent désormais des cours obligatoires en droit autochtone, auxquels s’ajoutent des activités d’apprentissage expérientiel et axées sur le territoire. La Faculté de médecine intègre la sécurisation culturelle et la lutte contre le racisme à la formation médicale. Elle veille également à ce que les questions de santé autochtone soient prises en compte dans l’ensemble de son programme d’études. Pour sa part, la Faculté des sciences de la santé répertorie le contenu autochtone présent dans ses programmes. 

La Faculté des arts travaille actuellement à la mise en ligne de son cours d’introduction aux études autochtones et prévoit rendre sa version anglaise accessible à l’ensemble de la communauté universitaire. La Faculté des sciences continue de soutenir les étudiantes et étudiants autochtones en STIM grâce à l’Alliance de l’Université d’Ottawa pour le soutien aux étudiantes et étudiants autochtones en sciences (uOASISS), à des séminaires et à des stages de recherche rémunérés durant l’été. De son côté, la Faculté de génie poursuit ses initiatives de sensibilisation, de transition et d’accès aux études adaptées aux réalités autochtones, tout en encourageant la participation à des activités en STIM. Quant à la Faculté des sciences sociales, elle a mis sur pied un programme de mentorat autochtone et élabore actuellement des ressources destinées à l’apprentissage axé sur le territoire. 

Le Plan d’action se concrétise également dans le domaine de la recherche. La Bibliothèque a contribué à la tenue d’une formation sur les principes de PCAP (propriété, contrôle, accès et possession) offerte par le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations. Elle a également intégré des perspectives autochtones sur la gouvernance des données dans la Politique 117 sur la classification et le traitement de l’information. Des discussions sont aussi en cours en vue d’élaborer des lignes directrices institutionnelles sur la recherche autochtone et les protocoles relatifs aux données autochtones.

Accroître la présence des Premières Nations, des Metis et des Inuit sur le campus

Certains changements font désormais partie du quotidien de la communauté universitaire.

Une murale réalisée en collaboration avec des artistes autochtones devrait être achevée cet automne à l’entrée du campus, près de la station de l’O-Train. Des œuvres d’art autochtones trouvent également leur place à divers endroits. Par ailleurs, le mot algonquin nàbowàdjigewogamig (qui signifie « bibliothèque » ou « lieu de lecture »), adopté à la Bibliothèque de gestion, devrait être utilisé dans d’autres bibliothèques de l’Université.

Les perspectives autochtones sont également prises en compte dans les projets d’aménagement du campus. Le projet de nouvelle résidence conçu par Two Row Architects a donné lieu à des consultations auprès de membres des Premières Nations, des Metis et des Inuit issus du corps professoral, du personnel et de la population étudiante, ainsi qu’auprès de représentantes et représentants de Kitigan Zibi. Le Bureau des affaires autochtones siège aussi à des comités consultatifs liés à la conception de nouveaux bâtiments.

Au-delà du campus, les liens avec les communautés se renforcent grâce à des initiatives destinées aux jeunes, à des visites dans les communautés et à diverses occasions d’apprentissage. La Faculté de génie et l’École de gestion Telfer, par exemple, offrent aux jeunes autochtones des occasions de découvrir les études universitaires, tandis que le Centre Mashkawazìwogamig continue d’entretenir ses relations avec les gardiennes et gardiens du savoir.

Après six années de travail, ces initiatives témoignent de progrès tangibles, mais aussi de la nécessité de faire le point sur les avancées réalisées et les chantiers qui restent à mener.

La transparence fait partie de cette responsabilité : il est important d’expliquer clairement ce qui a changé, ce qui prend forme et ce qui reste à bâtir.

À l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, la communauté de l’Université d’Ottawa poursuit cet engagement par l’écoute, l’apprentissage et l’action, ainsi qu’en entretenant les relations nécessaires à des changements durables.