Simon Brascoupé travaille à la réalisation d’une murale avec Dre Darlene Kitty, Melissa Forgie et le Dr Alex Petiquan.
Le nouveau conseiller spécial auprès de la doyenne pour les questions de santé autochtone estime que son travail avec la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa devrait consister à renforcer les liens avec les communautés autochtones, à rendre les systèmes de santé plus culturellement sécuritaires et à former davantage de médecins, de chercheuses et chercheurs et de leaders du domaine de la santé autochtones partout au Canada.

En février dernier, la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa a nommé Simon Brascoupé à titre de tout premier conseiller spécial auprès de la doyenne pour les questions de santé autochtone.

Il travaillera en collaboration avec des personnes apprenantes, des membres du corps professoral et du personnel, et des leaders autochtones, en plus d’orienter les engagements de la Faculté en matière de santé autochtone, de sécurisation culturelle, de réconciliation et de partenariat respectueux avec les peuples des Premières Nations, inuits et métis.

Après quatre mois en poste, M. Brascoupé, membre de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg, nous raconte ce qu’il a constaté jusqu’ici, et parle des initiatives déjà en cours.

Dre Melissa Forgie, Dre Darlene Kitty and Simon Brascoupé
Simon Brascoupé entretient des relations de longue date avec la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. De gauche à droite : Dre Melissa Forgie, doyenne intérimaire; Dre Darlene Kitty, directrice du Programme autochtone; Simon Brascoupé.

Quel était votre lien avec la Faculté de médecine avant d’accepter ce poste?

Il remonte à plusieurs années et s’appuie sur mon travail dans le domaine de la santé autochtone, en formation médicale et dans le milieu communautaire.

Plus tôt dans ma carrière, au sein de Santé Canada, puis d’organisations autochtones nationales, j’ai participé à des initiatives de ressources humaines favorisant l’accès des personnes autochtones aux professions de la santé un peu partout au pays. Certaines de ces initiatives étaient liées étroitement à la Faculté et à ses projets de formation médicale en santé autochtone, qui en étaient à un stade embryonnaire il y a 20 ans.

J’ai également siégé pendant de nombreuses années au Comité des admissions de la Faculté, et collaboré avec des médecins, des étudiantes et étudiants, des membres du corps professoral et des leaders communautaires autochtones sur des enjeux de santé, de sécurisation culturelle, de mobilisation et de mentorat autochtones.

Le lien est aussi bien personnel : ma fille, la Dre Sarah Funnell, a fait ses études en médecine ici, et est plus tard devenue la directrice fondatrice du Centre de recherche et d’éducation en santé autochtone (CRESA). Grâce à ces relations et à ces expériences, j’ai pu constater l’évolution de la Faculté et prendre part à nombre de discussions sur la transformation de la santé autochtone.

Simon Brascoupé tenant un diplôme
« J’ai pu constater l’évolution de la Faculté et prendre part à nombre de discussions sur la transformation de la santé autochtone. »

Simon Brascoupé

— Conseiller spécial auprès de la doyenne pour les questions de santé autochtone

Qu’est-ce qui vous a attiré vers le rôle de conseiller spécial auprès de la doyenne de la Faculté?

J’ai été attiré par l’occasion de renforcer les liens entre la Faculté de médecine et les communautés autochtones, et de faire progresser la santé autochtone de manière concrète et durable.

La Faculté a déjà accompli beaucoup de travail important, mais elle doit continuer à intégrer le savoir, les perspectives et les priorités autochtones à ses programmes d’études, ses projets de recherche, son processus de recrutement, ses méthodes de gouvernance et ses milieux d’apprentissage.

J’ai passé une bonne partie de ma vie à travailler au confluent du savoir, de l’éducation, des politiques, de la santé et du développement communautaire autochtones. Ce rôle me permettra de mettre à profit toutes ces expériences pour influencer le cours des choses.

C’est aussi une occasion en or de travailler avec la Dre Melissa Forgie, doyenne intérimaire de la Faculté de médecine, qui est bien consciente que, dans ce monde en pleine transformation, la médecine, la santé et les systèmes de connaissances autochtones sont essentiels pour façonner l’avenir de l’éducation médicale et des soins de santé. Sa vision concorde parfaitement avec les perspectives des peuples autochtones sur le bien-être, les relations, la communauté et les approches holistiques de la santé.

Je crois fermement au principe de « la vision à deux yeux », qui associe de manière respectueuse les savoirs autochtones à la science occidentale. La médecine a un grand rôle à jouer dans la réconciliation, et je crois pouvoir apporter ma pierre à l’édifice.
 

Vous êtes entré en poste au printemps. Comment se sont déroulés les derniers mois?

Ç’a été très occupé, mais aussi très constructif et encourageant.

J’ai passé beaucoup de temps à tisser des liens et à écouter. J’ai rencontré des membres de la communauté étudiante et enseignante, du personnel et de la direction, des médecins, des chercheuses et chercheurs et des partenaires communautaires pour savoir ce qui fonctionne déjà bien et ce qui peut être amélioré, ainsi que les espoirs de toutes ces personnes quant à l’avenir de la Faculté.

J’ai aussi eu la chance de forger d’étroites relations professionnelles et personnelles au sein de la Faculté de médecine et de l’ensemble de la communauté de l’Université d’Ottawa. C’est un aspect résolument positif de mon travail, puisque les efforts en santé autochtone sont toujours ancrés dans les relations, la confiance et la réciprocité.

Il y a un fort désir au sein de la Faculté de faire progresser les initiatives en santé autochtone de manière réfléchie et concrète. En même temps, on sait que les efforts doivent perdurer et être intégrés à toutes nos activités.

J’ai aussi été encouragé par la grande volonté d’apprendre, de réfléchir et de collaborer.

Simon Brascoupé à un podium
Simon Brascoupé, recevant son doctorat honorifique en juin 2025.

Quelle est votre vision de ce poste et de son influence?

Je veux faire en sorte que la Faculté de médecine soit un endroit où les personnes apprenantes, le personnel enseignant et administratif, les patientes et patients et les communautés autochtones se sentent sincèrement respectés, accueillis et vus.

J’aimerais que le savoir et les perspectives autochtones soient intégrés avec intention à l’échelle de l’établissement – dans la formation médicale, la recherche, la gouvernance, les politiques, le recrutement, le mentorat, les milieux cliniques et les partenariats avec les communautés.

J’espère aussi que nous continuerons à faciliter l’accès aux études en médecine et en sciences de la santé pour les jeunes Autochtones, particulièrement pour celles et ceux provenant de communautés nordiques, rurales et mal desservies. Je décris souvent cela comme un parcours « du territoire au leadership » : il s’agit d’aider nos jeunes à faire le pont – de leur communauté, leur culture, leur territoire et leur identité, vers des rôles de direction et de recherche dans le domaine de la santé.

À long terme, je souhaite que le poste contribue à renforcer les liens avec les communautés autochtones, à rendre les systèmes de santé plus culturellement sécuritaires et à former davantage de médecins, de chercheuses et chercheurs et de leaders du domaine de la santé autochtones partout au Canada.
 

Quelles ont été vos premières priorités?

J’ai d’abord voulu tisser des liens et être à l’écoute.

J’ai rencontré divers groupes au sein de la Faculté et de la communauté pour mieux comprendre les initiatives en cours, les occasions, les inquiétudes et les domaines où la collaboration peut être renforcée.

J’ai aussi participé à des discussions sur les perspectives autochtones quant aux programmes d’études, à la sécurisation culturelle, aux voies de recrutement, au mentorat et à la gouvernance.

J’ai longuement réfléchi à la manière de consolider les assises établies grâce au CRESA et aux précédentes initiatives en santé autochtone de la Faculté.

J’estime que la vision du Centre demeure très importante. Elle doit refléter le type de milieu d’apprentissage et de guérison que beaucoup espéraient voir émerger : un espace ancré dans les relations, le bien-être, les savoirs autochtones et les liens avec les communautés. J’ai bon espoir que nous aurons bientôt davantage d’information à diffuser à ce sujet.
 

Y a-t-il une autre question que vous aimeriez que l’on vous pose?

J’aimerais parfois qu’on me demande à quoi on reconnaît la réussite de la transformation de la santé autochtone.

Pour moi, cette réussite passe non seulement par des politiques ou des programmes, mais également par les relations, la confiance, le sentiment d’appartenance et le changement à long terme.

La réussite, c’est de voir des étudiantes et des étudiants autochtones qui estiment avoir leur place en médecine. Des communautés qui se reconnaissent dans les systèmes de santé et la formation médicale. Des environnements où le savoir autochtone est tout aussi respecté que la science occidentale.

La réussite, en fin de compte, c’est l’amélioration du bien-être des prochaines générations.

Notre travail s’inscrit dans un parcours bien plus vaste, ancré dans l’humilité, la réciprocité, l’apprentissage et la responsabilité partagée.

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En 2025, Simon Brascoupé a reçu un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa en reconnaissance de son travail pour faciliter l’accès des communautés autochtones à des soins sécuritaires.

Photo principale : Simon Brascoupé (deuxième à partir de la gauche) travaillant sur une murale lors des célébrations du 20e anniversaire du Programme autochtone de la Faculté de médecine. De gauche à droite : Dre Darlene Kitty, directrice du Programme autochtone; Simon Brascoupé; Dre Melissa Forgie, doyenne intérimaire de la Faculté de médecine; Dr Alex Petiquan, responsable du mentorat pour le Programme autochtone.
 

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