Mois national de l'histoire autochtone.
Pour bien des gens, le Mois national de l’histoire autochtone, c’est l’occasion de célébrer les histoires et les contributions des peuples des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Tareyn Johnson, directrice du Bureau des affaires autochtones de l’Université d’Ottawa, y voit une invitation à interagir avec des communautés dynamiques, des systèmes de connaissances et des traditions qui façonnent encore aujourd’hui notre pays.

Toute initiative, aussi petite soit-elle, peut mener à des conversations enrichissantes et à une meilleure compréhension, que ce soit la participation à une activité, l’étude d’un aspect de l’histoire autochtone ou la découverte d’une langue, d’une démarche artistique ou d’une perspective. 

Tareyn Johnson recommande aux gens de commencer par un sujet qui les intéresse, plutôt que de se sentir obligés de comprendre tous les aspects des histoires et des communautés autochtones. 

Dans ses cours, elle encourage souvent les étudiantes et étudiants à partager leurs apprentissages avec trois autres personnes. La transmission du savoir, selon elle, contribue à transformer l’information en compréhension durable tout en favorisant les conversations qui vont au-delà d’un événement, d’une journée ou d’un mois donné.

L’histoire de la Journée nationale des peuples autochtones

On sait que le 21 juin est la Journée nationale des peuples autochtones, mais les raisons derrière le choix de cette date sont moins connues. 

Elle coïncide avec le solstice d’été, qui revêt depuis longtemps une importance particulière pour bon nombre de peuples autochtones. Cette journée était l’occasion pour les familles et les communautés de se rassembler pour renouer, échanger des histoires et célébrer les unes avec les autres. 

Cette tradition date de bien avant la reconnaissance officielle de la Journée. En fait, c’est l’importance du solstice d’été qui a poussé la Fraternité des Indiens du Canada, maintenant appelée Assemblée des Premières Nations, à réclamer que le 21juin soit reconnu comme la Journée nationale des peuples autochtones. 

Cette appellation officielle ne rend pas compte de toute la signification du 21juin. TareynJohnson observe que la Journée nationale des peuples autochtones n’a pas gagné en importance avec le temps, mais en visibilité. La sensibilisation a fait mieux connaître les traditions, les histoires et les modes de connaissance qui comptent depuis longtemps pour les communautés autochtones. 

Cette histoire se perpétue à travers les rassemblements, comme les pow-wow. Si les pow-wow intertribaux modernes ont vu le jour après le contact avec les peuples européens, ils permettent aux communautés de recréer les grands rassemblements estivaux qui ont longtemps fait partie intégrante du mode de vie de bien des nations. 

Les pow-wow allient la danse, la musique, la nourriture, l’art et l’esprit de communauté, et TareynJohnson encourage tout le monde à y participer. 

«Les personnes non autochtones sont plus que les bienvenues, précise-t-elle. Vous vous y sentirez à votre place.»

Tareyn Johnson.
« Les personnes non autochtones sont plus que les bienvenues. Vous vous y sentirez à votre place. »

Tareyn Johnson

— Directrice du Bureau des affaires autochtones, Université d’Ottawa

Participer à un pow-wow local, c’est une façon enrichissante de découvrir les cultures et les communautés autochtones. 

Souvent, les gens se sentent dépassés par la diversité des histoires et des communautés autochtones. TareynJohnson leur donne alors un conseil simple: commencer par ce qui est local et significatif. 

À l’Université d’Ottawa, on pourrait vouloir en apprendre plus sur la Nation algonquine Anishinàbeg, dont le territoire non cédé accueille le campus. On pourrait également s’intéresser à une autrice ou un auteur, une ou un artiste, une langue ou un enjeu contemporain.

Le Mois national de l’histoire autochtone à l’Université d’Ottawa

Le Mois national de l’histoire autochtone offre également l’occasion de réfléchir au rôle que jouent les universités pour enrichir les relations avec les peuples autochtones. 

Située sur le territoire non cédé de la Nation algonquine Anishinàbeg, l’Université d’Ottawa a inscrit les relations avec les Autochtones et la réconciliation parmi ses priorités. Selon TareynJohnson, le Mois national de l’histoire autochtone permet de mettre en valeur et d’amplifier les voix autochtones tout en faisant le point sur les progrès et en réitérant les engagements. 

Durant le mois de juin, l’Université proposera des occasions d’interagir avec les histoires et les modes de connaissance autochtones par l’intermédiaire du Bureau des affaires autochtones et de ses partenaires sur le campus. Cette année, le programme prévoit notamment l’Exercice des couvertures de Kairos, une présentation de Dara Wawatie-Chabot sur son expérience de la vie universitaire en tant qu’étudiante algonquine et mère, et un atelier de création en piquants de porc-épic conçu pour les étudiantes et étudiants autochtones. 

Les conversations entamées en juin n’ont pas à se terminer à la fin du mois. Commencez donc par quelque chose qui vous intéresse, faites-en part à d’autres et poursuivez la discussion.