Présenté cette année dans la catégorie Chercheuse ou chercheur en milieu de carrière ou chevronné, le prix récompense les scientifiques dont les travaux contribuent de façon exceptionnelle à l’excellence en recherche et témoignent d’un engagement soutenu en faveur de l’équité, de la diversité et de l’inclusion dans toutes les dimensions du travail universitaire.
Situés au carrefour du droit, de la migration, de l’identité et de la citoyenneté, les travaux de la professeure Liew enrichissent de façon novatrice l’étude de l’apatridie et la manière dont les systèmes juridiques créent et perpétuent des conditions d’exclusion. S’appuyant sur des méthodologies sociojuridiques, féministes et de théorie critique de la race, ils se distinguent par une volonté marquée d’intégrer des points de vue multiples – en particulier ceux des personnes apatrides ou anciennement apatrides, mais aussi ceux des communautés, des militantes et militants, et des professionnelles et professionnels actifs dans les systèmes d’immigration et d’accueil des personnes réfugiées.
Dans sa monographie publiée en 2024, Ghost Citizens: Decolonial Apparitions of Stateless, Foreign and Wayward Figures of Law (Fernwood Publishing), la professeure Liew a introduit le concept de « citoyenneté fantôme » pour rendre compte des réalités vécues et juridiques de l’apatridie et de l’exclusion. Cet ouvrage a suscité un vif intérêt dans le milieu universitaire et chez le grand public, notamment grâce à des reportages diffusés dans les émissions Ideas sur CBC et The Agenda sur TVO, et a été présélectionné pour le prix du livre Wesley Pue de l’Association canadienne Droit et Société. Son roman Dandelion (Arsenal Pulp Press), publié en 2022, porte également l’expérience de l’apatridie à la connaissance d’un public plus large et a été finaliste au concours Canada Reads 2025.
La professeure Liew mène la plupart de ses recherches en collaboration avec des avocates et avocats, des organismes communautaires et des personnes qui vivent une situation d’apatridie ou de migration, car elle a à cœur de produire des ouvrages susceptibles d’éclairer les politiques, de soutenir une réforme juridique et de contribuer directement à la défense de l’intérêt public. Elle participe aussi activement au dialogue politique et occupe notamment un rôle de direction au Conseil canadien pour les réfugiés. Elle intervient dans des litiges et des affaires portées devant la Cour suprême aux côtés d’organisations comme Amnesty International et elle contribue régulièrement aux travaux de comités parlementaires. De plus, elle anime le balado primé Migration Conversations, qui rassemble des personnes migrantes, des praticiennes et praticiens et des universitaires autour d’échanges accessibles sur l’immigration, le droit et le colonialisme.
Mentore dévouée, la professeure Liew s’investit aussi pleinement dans le milieu universitaire. Elle est membre du Caucus des personnes noires, autochtones et racisées et membre fondatrice du Racialized and Indigenous Legal Scholars (RILS), un réseau qui favorise les échanges scientifiques, le mentorat et la collaboration entre les chercheuses et chercheurs en droit racisés et autochtones. Par ces différentes fonctions, elle a contribué à créer des espaces qui permettent à la relève d’élaborer des projets de recherche, de tisser des liens et de progresser dans une carrière universitaire.
Grâce à ses travaux scientifiques, à son engagement public et à son leadership axé sur la collaboration, la professeure Liew a favorisé la compréhension de l’équité, de l’inclusion et du sentiment d’appartenance dans le droit et la société.
La Faculté de droit la félicite pour cette distinction bien méritée, qui témoigne de son travail marquant et influent.