De gauche à droite : Malorie Kanaan, Lilyane Badaoui, Benjamin Elfassy
De gauche à droite: Malorie Kanaan, Lilyane Badaoui, Benjamin Elfassy
Former des juristes qui rayonnent au-delà de nos frontières est l’une des grandes fiertés de la Section de droit civil. Année après année, des diplômés poursuivent des parcours remarquables dans les milieux académiques et professionnels, au Canada comme à l'international.

Trois diplômé·es de la Section de droit civil entameront à l’automne des programmes de recherche parmi les plus sélectifs au monde : à Oxford, à Cambridge et à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA). 

Apprenez-en plus sur les accomplissements de deux autres diplômées qui ont décroché des stages à la Cour d’appel du Québec dans le deuxième texte de notre série sur le rayonnement de nos anciens et anciennes.

Malorie Kanaan (LL.L. 2020; J.D., 2021; et LL.M., 2024) : Boursière Clarendon et doctorat à l’Université Oxford

Malorie Kanaan amorcera en septembre un doctorat (DPhil in Law) à l’Université Oxford, en Angleterre, après avoir terminé sa maîtrise à Harvard. Elle est récipiendaire de la prestigieuse bourse Clarendon, qui couvre tous les frais de scolarité et offre une allocation de dépenses – une première pour une diplômée de la Section.

Cette reconnaissance s'accompagne, pour Malorie Kanaan, d'autant de fierté que de responsabilité. « Mon père et mes quatre grands-parents n’ont pas eu accès à l’université. La majorité n’est pas allée au secondaire. J’ai la chance de poursuivre des études supérieures toutes financées dans les deux meilleures écoles au monde. C’est un peu irréel, et je ne le tiens pas pour acquis », souligne-t-elle. 

Sa recherche, intitulée « A Theory of Constitutional Adjudication in an Era of Social Science » (Une théorie du contrôle de constitutionnalité à l'ère des sciences sociales), mélange la philosophie et le droit constitutionnel. La chercheuse s’interrogera notamment sur les conditions dans lesquelles les tribunaux considèrent la recherche en sciences sociales comme faisant autorité et les implications épistémologiques de ces pratiques. 

Cet intérêt remonte à son projet de recherche sur le profilage racial pour l'affaire Luamba, mené quand elle était étudiante à la Section, qui l'a amenée à explorer comment la recherche empirique peut étayer un dossier en droit constitutionnel. « Quand j’étais auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada, j’ai aussi pu constater que la recherche en sciences sociales faisait partie du quotidien de l’art de juger en droit constitutionnel », ajoute-t-elle.

La boursière Clarendon souhaite mener une carrière qui jumelle pratique et recherche académique. « Je crois dans le potentiel de la recherche. Elle peut bâtir des ponts entre le monde universitaire et les tribunaux. Et avoir un impact sur les citoyens », conclut-elle.

Lilyane Badaoui (LL.L., 2026) : Maîtrise à Cambridge

Lilyane Badaoui traversera l’Atlantique en octobre 2026 pour étudier à la maîtrise à l’Université Cambridge, en Angleterre.

L’étudiante a toujours voulu étudier à la maîtrise, mais visait de prime abord des universités canadiennes, qu’elle estimait « plus atteignables », explique-t-elle. « J’ai souvent le syndrome de l’imposteur, comme énormément d’étudiants en droit. Dans ma famille, je suis la première à avoir ces possibilités-là. »

Chelsea Paradis, gestionnaire du Centre de développement professionnel de la Section, l’a mise en contact avec des anciens de la Section qui ont étudié à Cambridge. Ceux-ci l’ont encouragée à soumettre sa candidature et lui ont fait réaliser qu’elle avait un bon dossier. 

Lilyane Badaoui souligne aussi l’apport de professeurs de la Section qui l’ont aidée à aiguiser ses capacités de recherche et ont soutenu ses réflexions, notamment David Robitaille, Mariève Lacroix et Sophie Thériault. 

« Même en tant qu’étudiante, on m’écoutait », note-t-elle. « Ça m’a donné l’impression que j’avais quelque chose à dire à la communauté juridique. »

Même si elle veut d’abord essayer la pratique, la carrière académique intéresse Lilyane Badaoui: « Je me plais à expliquer le droit, à prendre le temps de faire de la recherche. J’aime explorer les failles et les incohérences du système. » Celle qui travaillera cet été au cabinet McMillan, à Montréal, s’intéresse surtout au litige commercial, au droit constitutionnel, et aux droits de la personne.

Son admission à Cambridge représente la concrétisation d’un travail soutenu, les dernières années ayant, selon elle, principalement pris l’allure d’une course. « Je suis fière de moi », remarque-t-elle, soulignant au passage qu’elle a de la difficulté à prononcer cette phrase. « J’arrive finalement à faire ce que j’aime et ce dont j’ai envie ! »

Benjamin Elfassy (LL.L., 2025) : Maîtrise à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA)

Ayant tout récemment terminé la Clinique du Barreau, Benjamin Elfassy étudiera à la maîtrise en droit des affaires et droit des technologies à UCLA en 2026-2027.

Le juriste s’intéresse à la pratique en fusion et acquisition, notamment en matière de transactions transfrontalières. Son intérêt pour le droit des technologies s’est développé avec l’arrivée en puissance des outils d’intelligence artificielle. Il travaillera cet été chez Borden Ladner Gervais, cabinet dans lequel il effectuera également son stage du Barreau.

Pourquoi UCLA? « Je veux faire ma maîtrise en Californie parce que c’est vraiment l’épicentre de la technologie », explique-t-il. Il souhaite également se familiariser avec le marché américain et y développer un réseau.

Il note que ses succès académiques et professionnels sont en partie dus à la communauté qui l’épaulait lors de ses années à Fauteux : de ses collègues de classe au corps professoral. 

Benjamin Elfassy souligne particulièrement l’apport de la professeure Marie-France Fortin, qui a dirigé la rédaction de sa dissertation sur les dommages punitifs contre l’État. « Elle fait preuve d’une rigueur que j’ai rarement vue dans ma vie. Elle m’a poussé à m’élever à un niveau que je n’avais jamais atteint auparavant », précise-t-il.

C’est avant tout la pratique privée en droit transactionnel qui l’intéresse comme juriste. « Je veux être capable d’offrir des services juridiques de la plus haute qualité aux entreprises, de leur phase émergente jusqu’à leur introduction en bourse », conclut-il.