Réconcilier compétitivité et climat : Valériane Thool étudie les nouveaux outils juridiques de la tarification internationale du carbone

Par Communications

Faculté de droit, Section de droit civil

Valériane Thool
Le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais son système de tarification carbone, qui vise principalement les grands émetteurs industriels, reste moins ambitieux que celui de plusieurs de ses partenaires commerciaux.

Cet écart n'est pas sans conséquence : depuis 2026, l'Union européenne applique un ajustement carbone à la frontière qui impose aux produits importés, dont plusieurs exportations canadiennes, le même coût carbone que ceux fabriqués en Europe. Le Royaume-Uni a emboîté le pas, et l'Australie évalue une mesure similaire. Les entreprises canadiennes, notamment dans des secteurs comme l'aluminium et l'acier, se retrouvent ainsi en terrain incertain.

C'est ce contexte que Valériane Thool, nouvelle stagiaire postdoctorale à la Faculté de droit, sous la supervision de la professeure Geneviève Dufour, se propose d'éclairer. Financé par une bourse postdoctorale du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), son projet de recherche examine les stratégies juridiques dont dispose le Canada pour répondre aux limites de son système actuel de tarification carbone.

Trois pistes seront explorées sur deux ans. D'abord, les mécanismes d'ajustement carbone aux frontières, comme celui de l'Union européenne, dont la Dre Thool analysera le fonctionnement et les impacts concrets pour les industries canadiennes, notamment par des entretiens avec des représentants du secteur de l'aluminium des deux côtés de l'Atlantique. Ensuite, les « clubs climatiques » – des regroupements de pays partageant un même niveau d'ambition environnementale, à l'image de celui créé par le G7 en 2022 – dont elle recensera et analysera les initiatives naissantes. Enfin, l'idée, de plus en plus discutée à l'OMC et au FMI, d'un cadre mondial harmonisé de tarification du carbone, dont elle évaluera le degré d'adhésion des grandes puissances économiques.

Cette recherche s'inscrit dans la continuité des travaux doctoraux de la Dre Thool sur l'efficacité des accords internationaux en matière de biodiversité marine, et poursuit sa réflexion sur la capacité du droit international à répondre à la triple crise environnementale. Elle mobilisera à la fois une lecture économique du problème inspirée des travaux du prix Nobel William Nordhaus sur le « parasitisme » climatique, et une approche de droit international attentive à l'équilibre entre souveraineté des États et recherche du bien commun. Cette recherche s’inscrit pleinement à l’intersection du droit international économique et du droit international de l’environnement.

Les résultats de cette recherche, qui seront diffusés dans des articles scientifiques, des conférences internationales et des documents de vulgarisation destinés aux décideurs, visent à outiller le Canada pour qu'il puisse à la fois honorer ses engagements climatiques et préserver la compétitivité de ses entreprises sur la scène internationale. 

À ce jour, les travaux de la Dre Thool l’ont amenée à évoluer dans les milieux universitaire, juridique et gouvernemental. Avant de se joindre à l’Université d’Ottawa, elle a effectué un stage postdoctoral à l’Université de Sherbrooke, où elle s’est penchée sur les limites de la tarification volontaire du carbone et sur les pistes permettant d’y remédier. Elle a également enseigné à l’Université de Sherbrooke, à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université Toulouse Capitole, et a occupé des fonctions de leadership au sein de cliniques de droit international et de réseaux professionnels.

Découvrez le parcours de la Dre Thool dans sa biographie complète sur notre page consacrée aux études postdoctorales.

La Faculté de droit souhaite la bienvenue à Valériane Thool au sein de la communauté de recherche de l’Université d’Ottawa.