Deuxième mandat de la professeure Emmanuelle Bernheim à la CRC en santé mentale et accès à la justice

By Civil law

Communication, Faculty of law

Emmanuelle Bernheim, CRC
La Section de droit civil se réjouit d’annoncer la nomination de la professeure Emmanuelle Bernheim à la Chaire de recherche du Canada en santé mentale et accès à la justice pour un nouveau mandat de cinq ans.

Ce renouvellement témoigne du leadership exceptionnel de la professeure Bernheim au croisement de la santé mentale, du droit et de l’accès à la justice. Par des recherches interdisciplinaires, appliquées et communautaires, ses travaux ont transformé la compréhension qu’ont les chercheuses et chercheurs, les praticiennes et praticiens et les décisionnaires du vécu des personnes soumises à des mesures judiciaires dans des contextes de santé mentale.

La professeure Bernheim a consacré une bonne quinzaine d’années à l’étude des liens entre le droit et la santé mentale dans des contextes civils, pénaux et administratifs. Ses recherches portent sur le recours à des mesures coercitives en psychiatrie et dans le système de justice, notamment l’hospitalisation et le traitement involontaires, la détention, l’isolement et la contention, et visent à situer ces pratiques dans des réalités sociales plus larges comme la précarité du logement, la discrimination systémique et les lacunes des services publics.

Les travaux de la professeure Bernheim sont fondés sur un engagement central, celui de mettre au premier plan le vécu et les savoirs des personnes ayant fait l’objet de mesures judiciaires en contexte de santé mentale. Au lieu de miser essentiellement sur des perspectives médicales ou institutionnelles, ils proposent une approche fondée sur les droits et ancrée dans le vécu, l’accès à la justice et l’analyse critique des rapports de pouvoir dans le système juridique et le système de santé.

Le nouveau programme de recherche de la professeure Bernheim continuera de viser quatre objectifs principaux : documenter les pratiques institutionnelles et le vécu dans les contextes où se croisent santé mentale et justice; analyser ces pratiques de manière critique au moyen de cadres juridiques et sociologiques; concevoir des projets transformateurs capables d’améliorer l’accès à la justice; accroître la reconnaissance des savoirs expérientiels produits par les personnes et les communautés concernées.

L’une des grandes forces de ses travaux réside dans leur caractère profondément collaboratif et interdisciplinaire. La Chaire rassemble des chercheuses et chercheurs et des partenaires issus d’organismes communautaires, de cliniques juridiques et de groupes de défense des droits. De nombreux projets sont menés en partenariat direct avec des communautés noires et autochtones, ce qui contribue à générer de nouvelles connaissances sur les liens entre la santé mentale, la coercition, la discrimination systémique et la justice dans le vécu des personnes concernées.

Les travaux de la professeure Bernheim tombent à point nommé à une époque où les pouvoirs publics et les institutions de nombreux pays envisagent d’élargir les interventions coercitives en matière de santé mentale dans le cadre de dispositifs souvent présentés comme des réponses bienveillantes aux crises sociales. Ses recherches offrent un éclairage critique indispensable sur ces évolutions en examinant leurs conséquences sur les plans juridique, social et humain.

Le renouvellement s’inscrit dans un investissement fédéral majeur du Programme des chaires de recherche du Canada, qui appuie des scientifiques de premier plan au Canada dont les recherches dans les domaines des sciences humaines, des sciences de la santé, du génie et des sciences naturelles ont un caractère innovant et une forte portée.

Félicitations à la professeure Bernheim pour ce nouveau mandat bien mérité!

Pour en savoir plus sur la Chaire de recherche du Canada en santé mentale et accès à la justice et les travaux de la professeure Bernheim, consultez la page de la Chaire.