En 2025, l’ICC a entrepris un processus d’actualisation de sa stratégie scientifique, en tenant compte des progrès réalisés à ce jour, des points forts et des occasions de produire des résultats. Ce processus a abouti à la mise à jour de quatre piliers scientifiques destinés à orienter les découvertes scientifiques vers l’objectif ultime de l’ICC, à savoir la santé cérébrale et cardiaque pour tout le monde.
Stratégie scientifique de l'ICC 2026-2030
Depuis sa création en 2023, l’ICC soutient la recherche interdisciplinaire sur le cerveau et le cœur axée sur l’amélioration de la prévention, du traitement et des soins des troubles concomitants du cœur et du cerveau.
Responsables : Katey Rayner et Ruth Slack
Les maladies du cœur et du cerveau représentent la plus importante cause de morbidité et de mortalité au Canada. Elles touchent plus de quatre millions de personnes, et leur prévalence augmente d’année en année. Des données probantes démontrent maintenant que les fonctions du cerveau et du cœur sont étroitement liées, et que ce lien contribue à accélérer la progression concomitante des maladies qui affectent ces fonctions. Toutefois, les mécanismes qui sous-tendent cette interrelation demeurent largement méconnus, alors que leur compréhension serait indispensable à la conception d’interventions réellement efficaces.
L’objectif de ce premier pilier est de découvrir de nouvelles voies pathologiques et d’accélérer le développement de traitements prometteurs ainsi que de biomarqueurs capables de détecter les affections plus tôt et de mieux les traiter.
Priorités de recherche :
- Élaboration d’un Atlas de l’interconnectome cœur-cerveau, grâce à l’intégration de données multiomiques dans des modèles de maladies concomitantes du cœur et du cerveau, afin de déceler des voies pathologiques qui aboutiront à des traitements. Sélection des avenues thérapeutiques les plus pertinentes, éclairées par les données cliniques humaines, et mise à profit des capacités analytiques et de l’expertise offertes par la plateforme ARCHIMEDES. Analyses d’échantillons de tissus humains et d’organoïdes dérivés de cellules souches pluripotentes induites pour valider les cibles et les solutions les plus prometteuses.
- Optimisation de l’immunométabolisme pour limiter la progression des maladies concomitantes du cœur et du cerveau,en recourant à une combinaison de nouvelles voies (fonction mitochondriale, signalisation inflammatoire) et de traitements existants (GLP-1RA, statines, etc.) pour agir sur l’axe inflammatoire-métabolique, principal moteur des affections du cœur et du cerveau.
- Analyse des troubles génétiques associés à une prédisposition aux maladies concomitantes du cœur et du cerveau, par l’examen de l’influence des mutations héréditaires et acquises sur les voies neurologiques et cardiovasculaires interconnectées, afin d’améliorer le diagnostic précoce et de développer des traitements ciblés.
- Considération de la contribution de la microvascularisation à la santé cœur-cerveau comme un moteur systémique de dysfonction cérébrale et cardiaque, afin d’orienter les stratégies de prévention, de diagnostic et de traitement.
Responsables : Hanns Lochmüller et Peter Liu
L’objectif du deuxième pilier est de combler les principales lacunes en matière de solutions innovantes pour traiter les maladies qui touchent à la fois le cœur et le cerveau.
Les patientes et patients disent préférer des traitements ciblés qui tiennent compte de leur état pathologique, de leur profil de risque et de leurs besoins particuliers. Il est essentiel de miser sur la médecine de précision pour réduire les taux de morbidité et de mortalité, préserver les fonctions cérébrales et cardiaques, et améliorer la qualité de vie.
La médecine de précision tire parti d’outils diagnostiques novateurs (biomarqueurs, imagerie avancée ou dispositifs de surveillance physiologiques) validés cliniquement pour le traitement des maladies du cœur et du cerveau. Parmi les approches ciblées émergentes figurent, notamment, les peptides et anticorps, ainsi que les traitements à base d’ARN et les immunothérapies. Des approches non traditionnelles, comme la musicothérapie ou l’art-thérapie, appliquées de manière ciblée auprès des populations à risque, peuvent également être envisagées pour favoriser l’autonomisation et l’amélioration de l’état des patientes et patients. On encourage les équipes de recherche à collaborer étroitement et à partager leurs outils, innovations et approches pour augmenter l’efficience et accélérer les avancées.
Priorités de recherche :
- Validation et évaluation clinique de nouveaux biomarqueurs ou outils diagnostiques, conformes aux exigences de la médecine de précision et aux cadres réglementaires.
- Mise à l’essai de traitements de précisionqui visent à coordonner les soins neurologiques et cardiovasculaires pour des pathologies aiguës, persistantes ou génétiques.
- Conception et mise au point de thérapies moléculaires ciblées (p. ex., protéines, ARN, agents immunitaires ou autres molécules sur mesure) pour traiter les maladies concomitantes du cœur et du cerveau.
- Développement et validation des outils cliniques de nouvelle génération capables de mesurer, en temps réel et pour chaque patiente ou patient, les anomalies de l’axe cœur-cerveau. Il peut s’agir d’améliorer les plateformes numériques de surveillance, les capteurs portables, les diagnostics fondés sur des biomarqueurs et les technologies d’imagerie afin d’optimiser la détection précoce et le traitement des affections.
- Conduite d’études cliniques pilotes sur des thérapies de précision, afin de favoriser l’accès à du financement supplémentaire.
Responsables : Tracy Vaillancourt, Lucas Godoy,Maiya Geddes,
Les troubles neurologiques et cardiaques sont la première cause de handicap, de morbidité et de mortalité dans le monde, et les données montrent clairement que les risques émergent de façon précoce et s’aggravent avec le vieillissement. Les efforts de prévention demeurent cloisonnés selon le type d’affection, le groupe d’âge ou l’environnement de soin, et d’importantes inégalités persistent dans le domaine de la santé cœur-cerveau au Canada, touchant de manière disproportionnée les peuples autochtones, les populations marginalisées, les minorités raciales et ethniques, ainsi que la communauté LGBTQ2S+ et d’autres groupes intersectionnels. Il devient impératif d’adopter des stratégies de prévention intégrées et fondées sur les données qui permettent de déterminer les facteurs en amont influençant la vulnérabilité cœur-cerveau, et d’offrir des solutions adaptées aux communautés et aux stades de vie, et déployables à grande échelle.
L’objectif du troisième pilier est de diminuer la prévalence des troubles concomitants du cœur et du cerveau en misant sur la prévention proactive et des interventions rapides pour freiner l’évolution de la maladie et les complications à l’échelle individuelle, communautaire et sociétale.
Priorités de recherche :
- Élaboration, mise en œuvre et évaluation des lignes directrices de prévention des maladies du cœur et du cerveau (p. ex., le projet C-CHANGE) dans les milieux cliniques et communautaires.
- Détermination des facteurs en amont qui influencent la vulnérabilité cœur-cerveau à chaque stade de la vie ainsi que les stratégies d’atténuation les plus efficaces (p. ex., des initiatives scolaires de réduction des risques ou des interventions liés aux modes de vie).
- Mise au point et validation de stratégies de prévention spécifiquement adaptées aux populations les plus vulnérables aux complications neurologiques et cardiovasculaires, notamment les peuples autochtones, les personnes aux diverses identités de genre, les minorités racisées et les groupes marginalisés.
Responsables : Sharon Johnston, Krystal MacLeod et Malcolm King
L’objectif du quatrième pilier est de développer et d’évaluer de nouvelles approches de soins connectés qui sont intégrées, participatives, culturellement adaptées, appuyées par la technologie et fondées sur les données.
On vise à concevoir un nouveau modèle de soins des troubles concomitants du cœur et du cerveau qui tient compte des facteurs de risque communs, relie les systèmes de santé et mise sur un continuum de soins qui tire parti des ressources communautaires.Les innovations et les modèles de soins sont conçus conjointement avec les parties prenantes, notamment les ministères de la Santé et les patientes et patients, afin que les solutions efficaces puissent être reproduites et déployées à l’échelle provinciale, nationale et internationale. L’Interconnectome cœur-cerveau se donne aussi pour mission d’améliorer l’équité dans le domaine de la santé cœur-cerveau pour les personnes autochtones, en s’appuyant sur son partenariat avec Mitewekan et les principes de l’etuaptmumk. Les approches territoriales et la promotion de la résilience demeureront au cœur des efforts pour renforcer la santé cerveau-cœur.
Priorités de recherche :
- Intégration des soins associés à la connexion cœur-cerveau – Mise sur pied de modèles de soins communautaires et de cliniques spécialisées pouvant être déployés au Canada et ailleurs.
- Santé cœur-cerveau chez les populations autochtones – Application des principes de l’etuaptmumk pour orienter les apprentissages, soutenir la mise en œuvre des initiatives et générer des résultats mesurables.
- Perfectionnement des technologies propulsées par l’IA pour mieux repérer les risques et soutenir l’autonomie en matière de soins par la mise en place de mécanismes d’évaluation et d’amélioration continue de la qualité.
- Outils numériques et mobilisation des connaissances pour optimiser la santé cœur-cerveau. Partenariat avec les ministères de la Santé, dont ceux du Québec et de l’Ontario, pour définir les défis et les initiatives de recherche, et soutenir le déploiement à grande échelle des programmes éprouvés.