Ana Carolina Muñoz Cruz
Ana Carolina Muñoz Cruz
Cet article est le deuxième d’une série de portraits d’étudiantes-chercheuses à la maîtrise en études du bilinguisme. Ana Carolina Muñoz Cruz est titulaire d’un baccalauréat en didactique des langues étrangères (enseignement du français et de l’anglais langue seconde) de l’Université d’Antioquia, en Colombie. À la maîtrise, elle a choisi l’option avec thèse.

Résumé de son projet de recherche | Politiques linguistiques familiales et intégration : balade linguistico-artistique avec un migrant de la génération 1.5 

Cette étude de cas porte sur les politiques linguistiques familiales à travers l’expérience d’un migrant hispanique de la génération 1.5 arrivé au Canada à 14 ans. Elle s’appuie sur une méthodologie qualitative interprétative rétrospective mobilisant deux formats d’entretiens déambulatoires ainsi que des méthodes basées sur l’art. Elle vise à mieux comprendre les facteurs socioaffectifs, identitaires et idéologiques ayant influencé son parcours linguistique ainsi que le rôle des pratiques familiales dans son rapport à la langue d’origine et à l’identité. Les résultats mettent en évidence la complexité du maintien de la langue d’héritage, les tensions entre légitimation et attrition linguistique, ainsi que la construction d’un sentiment d’appartenance plurilingue. 

La démarche derrière sa recherche 

Pour son projet, elle a choisi une méthodologie rétrospective accordant au participant un rôle actif, au point d’en faire un cochercheur. Elle a mené des entretiens déambulatoires pour aider le participant d’origine colombienne à se remémorer son parcours identitaire. Son approche était celle du nouveau paradigme de la mobilité, où l’espace, la mémoire et la langue sont liés. 

Les histoires de migration peuvent faire surgir des souvenirs difficiles; cette approche permettait au participant de raconter plus librement son récit. La méthodologie artistique lui a également permis d’exprimer ses sentiments intérieurs à l’aide de photographies liées à son parcours sociolinguistique et identitaire (deux entretiens par photoélicitation) ainsi que par le dessin.

L’accent peut être perçu comme un marqueur de différenciation. Durant sa jeunesse, le participant a mis en œuvre de nombreuses stratégies pour cacher son accent et parler l’anglais comme s’il était né au Canada. C’était comme s’il cherchait à se distancier d’une partie de son identité. Il redonne désormais une place importante à sa langue d’origine, l’espagnol, qu’il considère comme essentielle à son identité. Ana Carolina en est venue à la conclusion que l’identité n’est pas fixe, mais bien fluide et dynamique dans le temps. Son étude met aussi en évidence l’évolution des trajectoires linguistiques et identitaires en contexte migratoire. 

Prix d’excellence et subventions 

Cette année, elle a été récipiendaire d’un Prix d’excellence dans les études de la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa. Elle a également obtenu une subvention de la Faculté des arts, de l’aide financière de la GSAÉD et le soutien de son directeur de recherche pour participer à la conférence tenue à l’Université de la Colombie-Britannique. 

Professor Nikolay Slavkov and Ana Carolina Muñoz Cruz
Le professeur Nikolay Slavkov et Ana Carolina Muñoz Cruz

Son expérience à la maîtrise en études du bilinguisme 

Son arrivée au Canada en août 2024 a été très positive. Elle a travaillé comme assistante de recherche pour le professeur Nikolay Slavkov dès le premier trimestre, d’abord, pour l’Initiative de prise de risques linguistiques, puis pour le Service de conseil linguistique aux familles (SCLAF). Elle a aussi été assistante d’enseignement et est aujourd’hui tutrice en français auprès de futurs étudiants et étudiantes à la maîtrise. 

Ses études lui ont permis d’explorer la linguistique, la sociolinguistique, la recherche ainsi que les questions migratoires et identitaires. Elle a adoré ses professeures et professeurs, qu’elle qualifie de « super humains » : des personnes accueillantes, réceptives et passionnées, qui vivent concrètement ce qu’elles enseignent. Leurs cours offraient un espace sûr où l’alternance de codes, le multilinguisme et le plurilinguisme étaient valorisés. Elle espère terminer sa thèse à l’automne 2026. Elle souhaite ensuite entreprendre un doctorat pour poursuivre ses recherches sur le bilinguisme et le plurilinguisme. 

Participation à des conférences