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Article Vedette

Un homme aux cheveux gris, portant des lunettes noires et une veste à motifs floraux d'inspiration autochtone, posant devant un fond beige-brun

À la rencontre de l’Aîné Simon Brascoupé : tisser des liens entre les communautés autochtones et le milieu de la santé

À titre de conseiller spécial auprès de la doyenne sur les questions de santé autochtone à la Faculté de médecine, l’Aîné Simon Brascoupé travaille à améliorer le soutien à la population étudiante autochtone, les partenariats communautaires, la sécurisation culturelle et la représentation autochtone en médecine. Il cherche à renforcer les liens entre les communautés autochtones et le système de santé tout en créant des milieux accueillants pour les personnes apprenantes, les patientes et patients et les familles autochtones.

Au service de la santé, de l’éducation et des communautés autochtones : Durant ses trois décennies de carrière, l’Aîné Brascoupé a œuvré dans les domaines de la santé et de l’éducation autochtones, des politiques publiques et de la mobilisation communautaire. Il a notamment dirigé un organisme national de santé autochtone et a joué un rôle essentiel dans la création d’un comité sur la santé autochtone au sein du Collège des médecins de famille du Canada, contribuant ainsi à faire progresser la sécurisation culturelle, l’éducation antiraciste et les compétences en santé autochtone en médecine familiale. Son parcours à l’Université d’Ottawa témoigne du même engagement envers la représentation et la relève autochtones dans les professions de la santé : il a siégé au comité d’admission en médecine et enseigné la santé et le bien-être autochtones.

L’Aîné Brascoupé reconnaît que les institutions ne changent pas du jour au lendemain, mais les progrès réalisés l’encouragent : la sécurisation culturelle gagne du terrain, les partenariats avec les communautés autochtones se renforcent et davantage de personnes autochtones font leur entrée en médecine. La relève d’aujourd’hui lui inspire confiance : elle connaît mieux que ses prédécesseurs l’histoire, les cultures et les réalités autochtones, notamment en matière de santé.

Soutenir la population étudiante et les communautés autochtones : L’Aîné Brascoupé souhaite notamment favoriser la présence autochtone en médecine, offrir davantage de soutien et de mentorat aux apprenantes et apprenants autochtones, et renforcer les partenariats avec les communautés. Il met également sur pied des initiatives de recrutement, d’admission et de mentorat ciblant tout particulièrement les Autochtones francophones. Au Québec, un consortium de quatre facultés de médecine a déjà contribué à former un nombre croissant de médecins autochtones. L’Aîné Brascoupé y voit une piste prometteuse pour attirer et accompagner les étudiantes et étudiants autochtones dans le programme francophone de l’Université d’Ottawa.

Il plaide également en faveur des approches de soins communautaires et d’un meilleur accès aux services de santé, particulièrement pour les communautés des Premières Nations, inuites et métisses des régions rurales, éloignées ou mal desservies. Sachant que les collectivités isolées n’ont pas toujours accès à un médecin, il souhaite favoriser leur autonomie en matière de santé et de bien-être.

Par ailleurs, l’Aîné Brascoupé travaille à créer des lieux d’entraide et d’échange pour les apprenantes et apprenants autochtones. Il juge important que la Faculté de médecine se dote d’un salon étudiant autochtone qui offrirait un soutien culturellement adapté et permettrait d’échanger avec des Aînées et Aînés, des gardiennes et gardiens du savoir, des mentores et mentors ainsi que des pairs. Il s’agirait d’un lieu de mentorat formel et informel où les Autochtones pourraient tisser des liens et former une communauté durant leurs études.

Il prône une vision holistique de la santé qui reconnaît l’importance de la communauté, de la culture, des relations et du lien avec le territoire, en plus des soins cliniques. Il souhaite organiser cet automne une promenade médicinale réunissant des Aînées et Aînés, des personnes apprenantes et des membres de la Faculté de médecine. Le groupe pourra découvrir les médecines traditionnelles présentes sur les terrains de la Faculté, de L’Hôpital d’Ottawa et du CHEO, et se familiariser avec les savoirs et pratiques de bien-être autochtones.

Miser sur la médecine familiale pour renforcer les partenariats : L’Aîné Brascoupé souhaite également travailler étroitement avec les équipes de médecine familiale, qui jouent un rôle central dans les collectivités autochtones et la prestation des services de santé. Le dialogue, la compréhension culturelle et une vision holistique du bien-être sont à ses yeux autant de moyens de rapprocher les personnes apprenantes, les communautés, les Aînées et Aînés et les professionnelles et professionnels de la santé. Ces liens peuvent à leur tour encourager des soins respectueux des cultures et axés sur la collectivité, et des milieux de soins où les personnes apprenantes, la patientèle et les familles autochtones se sentent reconnues, soutenues et bienvenues.

Pour en savoir plus sur le rôle et le mandat de l’Aîné Brascoupé à la Faculté de médecine, lisez l’article « La Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa nomme l’Aîné Simon Brascoupé comme conseiller spécial auprès du décanat pour la santé autochtone ».

Découvrez le parcours de l’Aîné Brascoupé et son dévouement à la santé, à l’éducation et à la mobilisation des communautés autochtones : « Notre parcours collectif, selon l’Aîné Simon Brascoupé ».

Projets en Vedette

Dre Lissa Bair

Portraits de leaders en médecine familiale : des soins équitables à l'échelle locale et mondiale

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec la Dre Lissa Bair, professeur et directrice de la santé mondiale et co-organisatrice du stage au choix international au Bénin. Avec la Dre Charlotte Roy, Professeur et médecin de famille, Dre Bair contribue à une collaboration de longue date entre la Faculté de médecine et ses partenaires à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) et à l’Institut Régional de Santé Publique (IRSP), au Bénin, un important partenariat qui prend de l’ampleur depuis plus de 20 ans.

Établie en 2003 par le Bureau des Affaires Francophones de la Faculté de médecine, cette initiative est le fruit du dévouement d’un groupe de médecins engagés à Montfort et s’est développée au fil des ans jusqu’à devenir un important partenariat international en santé. Aujourd’hui, le programme offre aux étudiantes et étudiants en médecine et aux résidentes et résidents des stages internationaux de groupe axés sur les grands principes de la santé mondiale, notamment l’engagement communautaire, la responsabilité sociale et la prestation de soins avec des ressources limitées. Chaque année, des stagiaires partent pour un séjour de quatre semaines au Bénin, qui commence par une période d’observation dans un hôpital à Cotonou, où l’on soigne des maladies peu répandues au Canada comme la malaria et la drépanocytose, pour les familiariser avec l’expertise clinique des médecins béninois qui disposent de peu de moyens.

Les stagiaires passent également une semaine dans un village partenaire de longue date pour travailler dans une clinique communautaire aux côtés des professionnels de santé locaux.

La Dre Bair se réjouit de l’évolution du partenariat ces dernières années, qui a pris la tournure d’un véritable échange réciproque. En effet, depuis le lancement du projet CEReSA au Bénin dans le cadre du programme Bourses Canadiennes de Développement International (BCDI 2030), la Faculté de médecine accueille elle aussi des stagiaires et des professionnelles et professionnels de la santé béninois. Ces échanges bilatéraux traduisent une approche moderne de la santé mondiale ancrée dans la collaboration, l’apprentissage mutuel et le renforcement des capacités à long terme.

« Cela ressemble beaucoup à un partenariat. Nos collègues viennent désormais ici aussi, ce qui donne vraiment l'impression d'une relation bilatérale. C'est passionnant et cela va dans le sens des objectifs mondiaux en matière de santé. »

Pour l'avenir, la Dre Bair et la Dre Roy espèrent développer davantage ce cours optionnel en collaboration avec la Faculté des sciences de la santé et encourager davantage d'activités communes entre nos apprenants et les étudiants et résidents en médecine béninois. Ils saluent également le travail accompli dans le cadre du projet BCDI et se réjouissent de la poursuite de cette importante initiative.