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Renforcer ensemble la Francophonie - Une conversation avec la Dre Kay-Anne Haykal et le Dr David Ponka

Chaque mois de mars, le Mois de la Francophonie nous invite à réfléchir à la diversité de la culture d’expression française au sein de notre communauté. Au sein de la Faculté de médecine et du Département de médecine familiale, la Francophonie est à la fois une célébration et une responsabilité partagée : celle de soutenir les personnes apprenantes et d’offrir des soins qui reflètent les réalités linguistiques et culturelles de nos communautés.

Cette année marque le 30e anniversaire des Affaires francophones, un jalon important pour la formation médicale en français à l’Université d’Ottawa. Un récent article de la Faculté de médecine retrace cette évolution : «30 ans d’engagement et d’élan collectif : les Affaires francophones au cœur de notre Faculté» Sous la direction de la Dre Kay-Anne Haykal, vice-doyenne aux affaires francophones, le Bureau renforce la collaboration et la visibilité à l’échelle de la Faculté.

La Francophonie s’étend également à l’échelle mondiale. Le Dr David Ponka, vice-doyen adjoint par intérim du Bureau de la santé internationale et mondiale (BSIM), dirige des partenariats fondés sur la réciprocité, la responsabilité sociale et l’apprentissage mutuel. Qu’il s’agisse du partenariat avec le Bénin, devenu un échange bilatéral, ou encore du programme d’échange étudiant et des initiatives en sciences humaines médicales avec l’Université de Lyon, l’engagement en français contribue à façonner des soins adaptés aux réalités culturelles.

Pourquoi la Francophonie est importante

Ensemble, la Dre Haykal et le Dr Ponka incarnent le caractère dynamique et interconnecté de la Francophonie à l’Université d’Ottawa. À l’occasion du Mois de la Francophonie, nous nous sommes entretenus avec ces deux leaders afin de connaître leurs perspectives, leurs initiatives et leurs espoirs communs pour l’avenir de la formation médicale en français et de la collaboration internationale.

Dre Haykal
« Il ne s’agit pas simplement d’une offre linguistique. C’est une responsabilité, surtout pour la plus grande université bilingue, de garantir un accès équitable à une éducation et à des soins de grande qualité en français. »

Dre Kay-Anne Haykal

La Dre Haykal a souligné que la Francophonie commence par une responsabilité. Il ne s’agit pas simplement d’une option linguistique, mais d’un engagement ancré dans l’identité de l’Université d’Ottawa. Au cours des 30 dernières années, les Affaires francophones sont passées de la création de programmes d’études en français à la promotion d’un accès équitable à l’éducation et aux services en français en médecine, en pharmacie et aux études supérieures, notamment grâce au Consortium national de formation en santé (CNFS). Le CNFS appuie la formation de personnes apprenantes francophones issues de contextes minoritaires partout au Canada afin qu’elles puissent retourner servir des communautés mal desservies, où l’accès à des soins en français demeure limité.

Le Dr Ponka a également souligné que la Francophonie est étroitement liée à la responsabilité sociale, en faisant remarquer que les réseaux francophones à l’échelle mondiale sont depuis longtemps à l’avant-garde de modèles de soins qui répondent directement aux besoins des communautés. Il a mis en lumière des établissements comme l’Hôpital Montfort, où la Francophonie offre un cadre solide pour des services équitables et centrés sur la communauté. Cette tradition de soins adaptés aux besoins des communautés, a-t-il expliqué, offre des pistes précieuses pour mieux comprendre comment la formation médicale et les systèmes de santé peuvent mieux servir des populations diverses grâce à une sensibilité linguistique et culturelle.

En approfondissant la valeur plus large de la Francophonie, le Dr Ponka a décrit Ottawa comme un « espace liminal » où le bilinguisme façonne la manière dont les personnes apprenantes réfléchissent, collaborent et abordent les soins aux patientes et aux patients. « Nous avons beaucoup à apprendre de nos collègues francophones partout dans le monde », a-t-il souligné, en mettant en évidence la façon dont les partenariats internationaux de la Francophonie enrichissent les perspectives des personnes apprenantes, renforcent la responsabilité sociale et approfondissent la compréhension de l’influence de la culture, de la langue et des réalités locales sur la médecine familiale.

Renforcer et soutenir nos communautés francophones

La Dre Haykal a décrit une Francophonie plurielle et dynamique, portée par une communauté francophone diverse et en constante évolution. Elle a souligné que la population immigrante francophone a connu une croissance importante et que les barrières linguistiques accentuent les difficultés que rencontrent de nombreuses personnes lorsqu’elles tentent d’accéder aux soins. Par exemple, dans des secteurs comme Vanier, où vivent d’importantes communautés francophones et immigrantes, de 34 à 38 % des patientes et patients n’ont pas de fournisseur de soins primaires attitré, ce qui met en évidence le besoin constant de médecins bilingues et francophones.

Elle a également partagé son expérience d’arrivée au Canada à l’âge de neuf ans et la façon dont le français lui a permis de tisser des liens pendant que sa famille bâtissait une nouvelle vie. Ces réalités, à la fois personnelles et communautaires, mettent en lumière l’importance d’offrir des soins dans la langue de la patiente ou du patient et continuent d’orienter les priorités des Affaires francophones.

« Depuis mon entrée en fonction, je me suis concentrée sur le renforcement des structures organisationnelles, l’accroissement du rayonnement des Affaires francophones et la mise en place des bases nécessaires à une croissance durable. Au cours de ces premiers mois, j’ai accordé la priorité au renforcement des systèmes internes, à l’amélioration de la visibilité externe et des partenariats existants, ainsi qu’à l’avancement d’initiatives clés favorisant la viabilité à long terme. »

S’appuyant sur ces priorités, son Bureau resserre ses liens avec les études médicales de premier cycle, les études médicales postdoctorales, la pharmacie, les études supérieures, les hôpitaux affiliés, les groupes communautaires francophones et les organisations nationales. Ce travail comprend l’élargissement du mentorat offert aux personnes apprenantes francophones ainsi que la résolution des défis liés au recrutement de cliniciennes et cliniciens francophones, deux éléments essentiels pour soutenir les personnes apprenantes et améliorer l’accès à des soins en français.

Renforcer et soutenir la Francophonie grâce aux partenariats et aux échanges à l’échelle mondiale

Dr David Ponka
« Les partenariats doivent être réciproques. Nous ne voulons pas simplement que les étudiants et étudiantes “partent à l’étranger”. La véritable santé mondiale repose sur l’échange, l’apprentissage mutuel et une responsabilité partagée. »

Dr David Ponka

Le Dr Ponka a mis en lumière la relation de longue date du département avec le Bénin, désormais devenue un échange bilatéral soutenu par un financement fédéral. Des étudiantes et étudiants en médecine de l’Université d’Ottawa se sont rendus au Bénin ce mois-ci, tandis que des personnes en formation et des cliniciennes et cliniciens du Bénin viennent maintenant à Ottawa. Il s’agit d’une avancée importante vers une véritable réciprocité, où l’apprentissage et les échanges se font désormais dans les deux sens. Il a également décrit l’expansion du partenariat en sciences humaines médicales avec l’Université de Lyon et Shanghai, qui mise sur l’apprentissage en milieu muséal et sur des stratégies de réflexion visuelle afin d’approfondir l’observation, l’empathie et la compréhension du contexte, des compétences essentielles en médecine familiale.

Ces initiatives reflètent la vision plus large du Dr Ponka selon laquelle la santé mondiale doit être ancrée dans la responsabilité sociale, la collaboration bidirectionnelle et une compréhension des réalités locales. Il a souligné que, bien que les hôpitaux à travers le monde puissent se ressembler, les soins primaires varient énormément selon les besoins des communautés et leur histoire. Grâce aux échanges bilatéraux avec le Bénin et au travail collaboratif en sciences humaines médicales avec Lyon et Shanghai, les personnes apprenantes élargissent leur perspective clinique, approfondissent leur appréciation des soins centrés sur la communauté et renforcent la Francophonie comme force d’équité et de rapprochement au-delà des frontières.

Aller de l’avant ensemble au sein de la Francophonie

Les deux dirigeantes ont souligné que la Francophonie tire toute sa force de la collaboration. La Dre Haykal espère que le Mois de la francophonie favorisera le tissage de liens et le renforcement de l’action collective entre les programmes, les départements et les partenaires communautaires. Elle a souligné que la pérennité de ce travail exigeait un effort commun et une visibilité au sein de la Faculté de médecine. Le Dr Ponka a fait écho à ce message dans une perspective mondiale, soulignant l’importance de célébrer le leadership francophone à l’échelle internationale tout en encourageant l’engagement réciproque des étudiants auprès des communautés francophones à l’étranger.

Pour l’avenir, ils envisagent un mentorat renforcé, des diplômés bilingues capables de servir des communautés diverses et l’élargissement des partenariats mondiaux, affirmant ainsi le rôle central de la Francophonie dans l’équité des soins et dans le développement de la médecine familiale à l’échelle locale et mondiale.