Motiver de jeunes Autochtones doués

Apporter la science et l’espoir à Cross Lake

Munies d’une imprimante 3D et de « maker kits », Danielle Taillon et Justine Boudreau partagent leur passion pour le génie avec une communauté des Premières Nations et font naître des rêves chez les plus jeunes.

En apprenant que six jeunes gens s’étaient tragiquement ôté la vie dans la nation crie de Pimicikamak à Cross Lake, dans le Manitoba, Danielle Taillon s’est sentie interpellée.

« Dans ma famille, il y a des antécédents de dépression », confie cette étudiante de quatrième année en génie mécanique à l’Université d’Ottawa. Elle a également connu des personnes qui se sont suicidées.

Alors, quand une artiste des Premières Nations a demandé à Danielle et à une de ses professeurs si on pouvait trouver un projet qui occuperait et inspirerait les jeunes de Pimicikamak, la jeune femme n’a pas hésité une seconde. Elle s’est rendu compte que les enfants de Cross Lake manquaient de loisirs organisés, tels que les camps d‘été en sciences et en génie qu’offre l’Université d’Ottawa. Avec son amie et condisciple Justine Boudreau, elle a donc décidé d’apporter les sciences et l’amusement à Cross Lake.

En juillet, les deux étudiantes ont pris l’avion pour Winnipeg, ont ramassé une imprimante 3D et quelques fournitures, puis ont conduit pendant huit heures vers le nord jusqu’à Cross Lake. Là, elles ont animé un camp d’une semaine pour une quarantaine d’enfants et adolescents âgés de 5 à 16 ans, auxquels elles ont fait découvrir la programmation informatique, l’impression 3D et l’entrepreneuriat.

Les jeunes ont appris toutes sortes de choses passionnantes : de la conception et l’impression de jouets, de bijoux ou de robots miniatures à la création de leurs propres jeux vidéo et modèles de maison, ils ont découvert comment on peut développer une idée depuis un simple concept jusqu’à l’achèvement d’un projet. Les élèves ont appris à utiliser l’imprimante 3D ainsi qu’à planifier, construire et « commercialiser » leurs créations. Ils ont aussi appris à mettre en pratique des compétences en mathématiques et en sciences qui semblaient auparavant de peu d’utilité pour eux.

Et ils ont commencé à réaliser que ces aptitudes ouvraient la voie à une richesse de possibilités. Par exemple, après avoir conçu un modèle de maison avec des parterres fleuris et un drapeau canadien, une jeune fille de 13 ans s’est imaginée, pour la première fois, devenant ingénieure un jour.

« J’ai l’impression qu’avant, elle n’avait jamais songé à ce genre de carrière, car elle lutte pour s’en sortir dans sa scolarité », ajoute Danielle.

Elle est consciente du fait qu’un camp d’été d’une semaine ne répondra pas, à lui tout seul, aux graves problèmes sociaux qui restreignent les possibilités pour les jeunes de Cross Lake. Mais elle espère néanmoins avoir semé une graine qui permettra à la communauté de poursuivre des activités positives destinées aux enfants. Et pour cela, elle leur a même laissé l’imprimante 3D.

« Si on procure aux jeunes des activités comme celles-ci, ils sont motivés à apprendre et moins tentés d’aller s’attirer des ennuis ailleurs ou de cultiver un état d’esprit nocif », affirme-t-elle.

Pouvoir inciter les jeunes à aspirer à des carrières en sciences ou en génie a servi de catalyseur aussi pour le second projet qu’ont entrepris Danielle et Justine, le MakerSpace Build Night.

En effet, à l’automne 2016, elles ont commencé à faire livrer des « maker kits » à la Première Nation Whitefish River, près de l’île Manitoulin. Les kits contiennent tout le matériel dont les élèves ont besoin pour assembler un animal en peluche programmable avec des yeux qui s’allument et clignotent. Ils comprennent un guide de l’enseignant et permettent aux jeunes de développer leur créativité au fur et à mesure qu’ils suivent le programme, fabriquent des circuits électriques et cousent leur jouet.

Whitefish River sera jumelée à l’école St. Gabriel à Ottawa, dont les élèves recevront les mêmes kits. Danielle a l’intention de mettre les deux groupes en contact afin qu’ils puissent échanger par clavardage, pour partager leur progrès et se féliciter mutuellement de leur réussite.

Votre soutien aux projets MakerSpace comme celui-ci permettra à davantage de jeunes Autochtones d’avoir accès à des possibilités infinies de carrière en sciences ou en génie. Donnez maintenant.

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, et à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

De profil devant un comptoir, une jeune femme s’affaire à emballer des objets dans une petite boîte, tandis qu’une autre la regarde de loin tout en tenant deux boîtes semblables fermées.

Justine Boudreau prépare le contenu d’un kit d’assemblage.

Deux femmes examinent le contenu de deux petites boîtes tandis qu’une troisième les observe à l’arrière-plan.

Danielle Taillon montre le contenu d’un maker kit à la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne.

Fonds de l'Atelier Makerspace de la Faculté de génie

Les donateurs qui contribuent 500 $ et plus sont membres de la Société Tabaret
L’atelier Makerspace de la Faculté de génie est un espace de collaboration libre où les gens peuvent se réunir pour inventer, jouer, concevoir et construire.
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