Des étudiants réfugiés reprennent leur envol à l’Université d’Ottawa

Publié le lundi 19 juin 2017

Un garçon de treize ans au camp Za’atari pour réfugiés syriens en Jordanie. Les jeunes réfugiés sont ceux qui sont le plus à risque de ne pas recevoir d’éducation de qualité, particulièrement au niveau postsecondaire. Photo : Pablo Tosco/Oxfam

Par Kelly Haggart

Six étudiants entrés au Canada comme réfugiés ont effectué leur première année d’études, bien entourés par la communauté universitaire. Les membres du personnel et le comité d’Entraide universitaire mondiale du Canada à l’Université les ont accueilli chaleureusement et leur ont procuré de l’aide financière et diverses formes concrètes de soutien, notamment la recherche d’un logement.

Aujourd’hui, le comité d’Entraide universitaire à l’Université d’Ottawa et le Service du logement travaillent de concert pour favoriser encore davantage l’intégration en douceur des étudiants réfugiés qui arriveront en septembre prochain. Par exemple, ces derniers pourront habiter dans une des chambres réservées pour eux sur l’étage interculturel de la résidence Marchand au lieu de vivre hors campus, souvent dans des secteurs périphériques de la ville.

« Les nouveaux arrivants vivront donc avec d’autres étudiants internationaux et des étudiants canadiens ayant choisi de vivre sur cet étage, explique David Menéndez, coprésident sortant du comité. Les étudiants parrainés nous ont indiqué qu’ils préféraient vivre sur le campus durant leur première année et qu’ils avaient noué la plupart de leurs amitiés dans cette résidence. Nous sommes vraiment reconnaissants envers l’administration de l’Université; nous espérons que tous ces efforts constituent la prémisse de belles choses à venir pour les étudiants. »

Les membres du comité d’Entraide universitaire mondiale du Canada à l’Université d’Ottawa et des étudiants parrainés lors d’une randonnée pédestre au parc de la Gatineau. Grâce au filtrage pré-immigration, les nouveaux arrivants obtiennent leur résidence permanente dès leur arrivée au Canada.

Du soutien de qualité

Un des étudiants parrainés arrivés l’été dernier a tenu des propos qui résument probablement très bien l’expérience de ses congénères en parlant du mal du pays et du choc culturel initial. Cet étudiant, qui n’a pas de famille à Ottawa, était reconnaissant de pouvoir compter, à son arrivée sur le campus, sur un réseau social composé des membres du comité local d’Entraide universitaire.

« La qualité du soutien offert par le Bureau international de l’Université d’Ottawa a facilité ma transition », fait remarquer l’étudiant, qui dit avoir senti « beaucoup d’empathie et de respect » et rencontré des professeurs tous « très gentils et compréhensifs » pendant cette période exigeant des ajustements majeurs.

Après avoir obtenu un baccalauréat en Syrie, où il voulait faire carrière dans l’enseignement, il a fait pendant trois ans du bénévolat dans des organisations humanitaires au Liban. Depuis son arrivée à Ottawa, il s’est fait un point d’honneur de faire du bénévolat sur le campus et dans la communauté. « Je sais à quel point le bénévolat est important, dit-il. Cette activité m’aide à comprendre le contexte canadien, à me faire des contacts et à acquérir de l’expérience de travail. » 

Il a également créé une page Facebook où les étudiants syriens déjà au Canada peuvent afficher des informations à l’intention des étudiants récemment arrivés au pays ou leur apporter du soutien moral. « Notre groupe de 30 étudiants issus de 20 universités aux quatre coins du pays a aidé environ 200 nouveaux arrivants jusqu’à présent », dit-il.

Caroline Renaud, directrice du Bureau international, affirme que « l’accueil des étudiants sur le campus est un des aspects les plus gratifiants de son travail. J’ai rencontré des étudiants merveilleux, qui font preuve d’un courage, d’une motivation et d’une ouverture sur le monde incroyables, se réjouit-elle. J’espère que notre appui les aidera à développer un sentiment d’appartenance ».

Les statistiques présentées dans un récent rapport des Nations Unies révèlent toute l’ampleur et l’urgence du problème de l’éducation des réfugiés dans le monde.

Aide financière et aide concrète

Au cours de la dernière année scolaire, trois étudiants syriens ont reçu de l’aide du fonds pour les initiatives d’aide aux réfugiés d’Ottawa. Cet organisme, qui a amassé 461 000 $ depuis sa création en 2015, dont 215 000 $ en dons jumelés de l’Université, soutient également le Programme d’appui au parrainage de réfugiés de l’Université d’Ottawa, qui offre de la formation et des services juridiques gratuits dont se sont prévalus jusqu’à présent des milliers de réfugiés et parrains privés.

En 2016-2017, trois autres étudiants provenant respectivement du Rwanda, du Soudan et du Soudan du Sud ont reçu un soutien financier sous forme de contributions de 2 $ par trimestre des étudiants de premier cycle de l’Université d’Ottawa, versée directement au Programme d’étudiants réfugiés d’Entraide universitaire. Pendant l’année, le Programme soutiendra financièrement trois nouveaux étudiants sur le campus, et le Fonds de bourses pour les étudiants réfugiés de l’Université continuera à soutenir les étudiants déjà à l’Université.

Le Programme d’étudiants réfugiés, partie intégrante du programme de parrainage privé de réfugiés du Canada depuis la création de ce dernier en 1978, a permis à plus de 1600 jeunes de 39 pays d’étudier dans des universités et des collèges un peu partout au Canada. Entraide universitaire travaille en ce moment avec le gouvernement fédéral, le Haut-Commissariat des Nations Unies et d’autres partenaires dont l’Université d’Ottawa à exporter le modèle de parrainage privé canadien dans le reste du monde.

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Appuyez le Fonds de bourses pour les étudiants réfugiés de guerre

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