Étudier en français, c’est bon pour le CV

Publié le mardi 28 février 2017

Three students sitting around a table. An iPad and a coffee cup are on the table

Une recherche récente sur l’identité francophone a été menée auprès de 984 élèves franco-ontariens de douzième année d’écoles francophones. Photo : Mathieu Girard

Par Valérie Charbonneau

La recherche d’un emploi d’été est déjà bien entamée pour la plupart des étudiants. Certains finissants ont même commencé à tout mettre en œuvre pour percer définitivement le marché du travail. La préparation pour y parvenir peut être fastidieuse. L’est-elle davantage lorsque l’on vit en milieu minoritaire?

« Apprends l’anglais le plus tôt possible pour réussir professionnellement. » Combien de francophones évoluant dans un contexte minoritaire ont déjà entendu cette assertion? Est-il vrai de dire que les jeunes francophones en milieu minoritaire accéderont plus difficilement au marché du travail?

André Samson, vice-doyen et professeur agrégé à la Faculté d’éducation

Le professeur André Samson s’est penché sur la question des difficultés dans la réalisation d’un choix d’orientation chez les élèves franco-ontariens vivant dans un contexte dominant anglophone.

André Samson, vice-doyen et professeur agrégé à la Faculté d’éducation, s’est penché sur la question avec ses collègues Julia DiMillo (Université d’Ottawa) et Laurent Sovet (Paris Descartes).

Plus précisément, les recherches du professeur Samson portent sur deux types de Franco-Ontariens, ceux qui se perçoivent davantage comme francophones, et à l’inverse, ceux qui se perçoivent davantage comme anglophones.

« Après une recherche récente menée auprès de 984 élèves franco-ontariens de douzième année dans des écoles francophones, nous avons remarqué que plus l’identité de ces Franco-Ontariens est forte, plus ceux-ci célébreront leur différence et plus ils se sentiront prêts à entrer sur le marché du travail », explique André Samson.

« L’élève franco-ontarien qui se perçoit davantage comme un francophone qu’un anglophone se sent beaucoup plus autonome dans ses prises de décision et ressent un sentiment de bien-être psychologique qui sera bien perçu par les employeurs potentiels », poursuit-il. « En somme, plus un jeune franco-ontarien célèbre sa différence et développe une identité francophone forte, plus il sera favorisé, tant sur le plan de ses études que de sa carrière. »

Selon le professeur Samson, la meilleure façon pour un jeune franco-ontarien de voir sa francophonie comme un atout, c’est donc d’étudier en français. La probabilité est forte qu’il perde son identité francophone ou qu’elle se dilue, s’il étudie en anglais.

« Peu à peu, on arrivera au phénomène de bilinguisme soustractif. L’acquisition et l’utilisation de la langue anglaise chez le jeune franco-ontarien se font au détriment de sa langue maternelle, c’est ce qu’on appelle un processus d’assimilation », précise-t-il.

La formule miracle n’existe peut-être pas pour enrayer le phénomène. Or, explique André Samson, « là où on pourrait en faire plus, c’est en identifiant en amont les élèves qui éprouvent des difficultés sur le plan de leur construction identitaire et en les aidant à célébrer leurs différences. »

Ce travail est déjà bien entamé dans les écoles franco-ontariennes, qui sont conscientes de leur responsabilité vis-à-vis du bilinguisme additif, ce bilinguisme qui permet d’apprendre une autre langue sans entraîner d’effet néfaste sur sa langue maternelle.

Célébrer la différence apporte son lot de bienfaits. La francophonie en milieu minoritaire est une force qu’il faut, selon André Samson, reconnaître et accueillir positivement.

Le mois de mars est le Mois de la francophonie à l’Université d’Ottawa! Pour savoir ce qui se passe sur le campus, consultez le calendrier des activités.

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