Mains tendues

L’impression 3D au service de l’entraide

Des étudiants mettent leur expertise en génie et en relations publiques au service d’une bonne cause en enseignant à des jeunes défavorisés d’ici comment fabriquer des mains prothétiques pour des amputés d’autres pays.

Tout le monde a besoin d’un coup de main de temps en temps.

Les gens de Young Makers ont porté cette vérité toute simple à un niveau supérieur. Entreprise d’entrepreneuriat social dirigée par des étudiants, Young Makers enseigne l’utilisation des imprimantes 3D à des jeunes des quartiers défavorisés afin qu’ils puissent, en retour, venir en aide aux enfants des pays en développement.

Tout a commencé il y a trois ans, lorsqu’avec l’appui de donateurs, Luc Lalande, directeur du Carrefour de l’entrepreneuriat de l’Université d’Ottawa, a fait don d’une imprimante 3D à La Porte, un centre où les jeunes de 12 à 18 ans d’Ottawa peuvent se réunir plutôt que de traîner dans les rues.

Entre les soirées cinéma, les tournois de ping-pong et les séances d’information sur la sexualité ou la drogue, Young Makers a offert des ateliers hebdomadaires pour enseigner aux jeunes la conception d’objets en trois dimensions et le chargement dans l’imprimante de filaments de matière plastique. Bientôt, des jeunes comme Nick McGrath étaient en mesure d’utiliser l’imprimante 3D pour fabriquer des porte-clés et des étuis pour téléphone ou encore pour réparer des instruments de percussion. Nick McGrath, qui a par la suite pris en charge la formation en impression 3D dans les ateliers, dit que son expérience lui a permis d’acquérir des aptitudes de leadership tout en lui procurant un sentiment de satisfaction.

Aujourd’hui, Kristina Djukic, étudiante de 4année en génie mécanique, et Jocelyn Courneya, étudiante de 4e année en communications, lancent un nouveau défi aux jeunes de La Porte. Pendant leur séjour comme apprenties au Carrefour de l’entrepreneuriat, elles ont eu l’idée de faire appel à eux pour imprimer en 3D des mains prothétiques à faible coût à l’intention des enfants des pays en développement. Kristina Djukic s’impose de plus en plus comme une grande spécialiste de l’impression en 3D. Ses idées et ses créations lui ont valu de nombreux prix dans des concours pour entrepreneurs. Jocelyn Courneya, quant à elle, possède une expertise en relations publiques et en approche communautaire. Ensemble, elles ont lancé une campagne visant à soutenir le programme Give Us a Hand et à acheter pour La Porte une imprimante 3D dernier cri. Cet automne, à l’aide d’un logiciel libre de la communauté virtuelle e-NABLE de Enabling the Future, les jeunes du centre commenceront à fabriquer des appareils fonctionnels à 30 $ pour les personnes dont les membres supérieurs sont différents.

« Ce projet a presque autant d’importance à mes yeux que mes cours », dit Kristina Djukic. « Il concrétise ce qui constitue pour moi la raison d’être du génie : utiliser les connaissances et les compétences que j’ai la chance et le privilège d’acquérir afin de contribuer à améliorer le monde et la vie d’autrui. »

Pour Jocelyn Courneya, dont la mineure est en développement international et mondialisation, le fait de diriger cette campagne bien réelle a représenté une expérience pratique des plus utiles. Elle a dû organiser des rencontres avec les médias, mettre sur pied un site Web et superviser la production, par deux étudiants en arts de l’Université d’Ottawa, d’une vidéo promotionnelle et de matériel visuel.

« On se trouve à enseigner la philanthropie et ce que cela veut dire que d’aider les autres. Et on enseigne aussi l’impression 3D à un niveau avancé », dit-elle. « Je me réjouis qu’on puisse changer les choses de manière positive à la fois chez nous et dans un pays étranger. »

Pour Luc Lalande, ce projet illustre à merveille la mission du Carrefour de l’entrepreneuriat – fournir aux étudiants des différentes facultés un espace où ils peuvent apprendre par l’action. Plutôt que de travailler à temps partiel dans un emploi peu intéressant, les étudiants du Carrefour sont payés pour travailler dans leur domaine d’étude.

« Je veux encourager les étudiants à laisser libre cours à leur esprit d’entreprise », dit-il. « L’entrepreneuriat, ça va plus loin que de fonder une entreprise. Ça consiste aussi à développer ses talents. »

Luc Lalande ainsi que d’autres donateurs apportent leur contribution en soutenant financièrement des stages d’apprentissage par l’expérience, axés sur des projets. Jusqu’à présent, près d’une douzaine de ces projets ont vu le jour au Carrefour de l’entrepreneuriat. Ne vous contentez pas d’applaudir à ce beau succès : pourquoi ne pas faire un don pour soutenir la prochaine vague d’expériences d’apprentissage?

 

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, ainsi qu’à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

Deux jeunes femmes et deux adolescents, un garçon et une fille, travaillent avec une imprimante 3D.

De gauche à droite : Kristina Djukic, Nicholas Beauchemin, Jocelyn Courneya et Miranda Guillou

Une main prosthétique en plastique rose vif, tenue au creux des mains d’une étudiante.

 

Fonds du Carrefour de l'entreprenariat de l'Université d'Ottawa

Les donateurs qui contribuent 500 $ et plus sont membres de la Société Tabaret

Soutenir financièrement les activités du Carrefour de l’entrepreneuriat de l’Université d’Ottawa.

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