Colloque étudiant du Département de français : Appel à communications

Français
Francophonie
Conférence
Étudiants cycles supérieurs
logo uOttawa ; Les processus de migration et de transformation dans les lettres françaises : les voies de la littérature, de la création et de la langue ; Université d'Ottawa ; Vendredi 3 mars 2023 ; images de livres
L'association étudiante des cycles supérieurs du Département de français (AÉCS) a le plaisir d'annoncer son prochain colloque intitulé « Les processus de migration et de transformation dans les lettres françaises : les voies de la littérature, de la création et de la langue ». Il aura lieu le vendredi 3 mars 2023 à l'Université d'Ottawa à l'occasion du mois de la Francophonie. L'AÉCS vous invite à soumettre des propositions de communication avant le 22 décembre 2022.

Ce colloque propose d’étudier les concepts de migration et de transformation dans la littérature de langue française.

Le nom « migration » dérive de « migrare », un verbe latin traduit en français par « émigrer » qui signifie changer d’endroit. Le dictionnaire Latin-Français de Lebaigue (2022) traduit également ce terme par « se transformer » et « se déplacer ». Présent dans une multitude de domaines, il se définit ici par tout processus par lequel les êtres et les choses se meuvent et entraînent avec eux des transferts qui, comme le propose Elien Declercq (2011), « en contexte migratoire conduisent inévitablement à des échanges discursifs, voire à des formes d’hybridation qui engagent les genres, les langues, les topographies ou les postures d’énonciation » (p. 301). Le mot « transformation » dérive quant à lui du nom latin « transformatio », qui désigne la métamorphose comme changement de forme et/ou de structure. Ce changement est « engendré par le transfert d’éléments d’une formation discursive spécifique, d’un domaine social ou d’un média à un autre » (Verstraeten et Van den Bossche, 2015, p. 1. Traduction libre).

De cette façon, il s’agira d’interroger la relation plurielle entre migration et transformation, mais aussi de concevoir les transformations comme des possibilités de migration en termes de mouvement (des discours, des formes, des langues).

Trois axes sous-tendront notre exploration : la littérature, la recherche-création et la langue.

Ce premier axe s’intéresse aux notions de migration et de transformation telles qu’elles s’inscrivent dans la littérature.

Le thème de la migration est abordé de plusieurs manières dans la littérature, que ce soit à travers l’évocation de la déculturation des personnages, compris comme le rejet de la culture d’origine face à la découverte d’une autre culture, ou à travers le traitement des enjeux liés à l’intégration des populations migrantes dans un nouveau territoire, entre autres.

En termes de transformation, les jeunes chercheurs·ses peuvent étudier les métamorphoses physiques qui s’opèrent sur le corps, évoquées dans la littérature de science-fiction ou dans les corpus qui traitent de la corporéité, ainsi que les évolutions identitaires qui accompagnent le processus de migration ou les errances de personnes confinées dans la marge, par exemple.

Ce deuxième axe propose de s’intéresser aux migrations et aux transformations rendues possibles par la création littéraire. L’objectif est de se questionner sur le rôle de créateur·rice en tant que participant·e à l’élaboration d’un savoir et d’un discours en constant mouvement.

Tout d’abord, on suggère de se pencher sur les processus d’actualisation et de modernisation des textes littéraires. Plusieurs auteur·e·s, tel·le·s que Sylviane Ahr (2017), posent que l’actualisation d’une œuvre revient à mettre « en tension l’horizon du lecteur réel, inscrit dans une temporalité qui lui est propre, et le texte du passé, qui, pour continuer d’agir sur ce lecteur, doit lui apporter une réponse à une question que le texte lui pose » (p. 3). Cela peut notamment se faire par l’entremise d’une actualisation d’un texte ou d’une modification de genre/structure. Les procédés d’actualisation et de (re)contextualisation suscitent une série de questions quant à leur intérêt, mais aussi à leur pratique : de quelles façons ces procédés sont-ils politiques ou subjectifs ? Quels sont les processus d’écriture qui sous-tendent ces pratiques et qui permettent de faire part, par exemple, de la déchirure identitaire ?

Dans un autre ordre d’idées, la transformation et la migration en création littéraire permettent de s’arrêter sur les adaptations inter/intralinguistiques réalisées au moyen d’un changement de la langue du texte. Finalement, l’adaptation peut aussi être le résultat d’une transposition en littérature d’œuvres d’autres arts ou d’une adaptation du discours social ou intime grâce à la transmédialité.

Ce troisième axe propose d’étudier les migrations et les transformations qui s’opèrent sur le plan de la langue.

La migration a une incidence sur les pratiques langagières des individus dans la mesure où elle résulte en une confrontation de plusieurs langues différentes. Quelques effets de la migration sur la langue sont le plurilinguisme, en termes de cohabitation de plusieurs langues dans un même espace, et le bilinguisme et/ou le multilinguisme qu’acquièrent par exemple les migrant·e·s qui apprennent une nouvelle langue à la suite de leur arrivée dans un nouveau pays ou dans une nouvelle région.

En ce qui concerne les transformations, la langue a connu et continue de connaître de nombreuses modifications. Les transformations langagières peuvent notamment être étudiées à partir d’une perspective diachronique, en analysant le passage de la langue française d’une période à une autre, mais aussi à travers une perspective d’actualisation et de modernisation de la langue française qui se fait en lien avec les avancées sociales et technologiques.

Les propositions de communications seront rédigées en français et comprendront un maximum de 250 mots. Celles-ci devront inclure le titre de la communication, un résumé du projet et une brève notice bio-bibliographique précisant l’institution d’attache.

Les propositions devront être envoyées avant le 22 décembre 2022 à l’adresse suivante : [email protected]

Une réponse sera donnée aux participant·e·s sélectionné·e·s le 16 janvier 2023. Les communications orales seront d’une durée de 20 minutes.

Comité d’organisation : Eve Bilodeau (Université d’Ottawa), Jean Bosso (Université d’Ottawa), Nikita Kamblé-Bagal (Université d’Ottawa), Noël Kavaka (Université d’Ottawa), Frédéric Lanouette (Université d’Ottawa).