Vers des soins de santé équitables

Faculté des sciences de la santé
Sciences de la Réadaptation

Par l'École des sciences de la réadaptation

Isabelle Briand-Turpin - Communication, Faculté des sciences de la santé

tableau noir sur lequel on peut lire hello bonjour
« Bonjour, hello! » Deux mots si simples et accueillants peuvent faire toute la différence lors d’une consultation médicale. Mais est-ce vraiment si facile que ça, l’offre active de services de santé en français? En fait, non. Il faut prendre le temps de déterminer la langue officielle dans laquelle la personne est la plus à l’aise et, surtout, s’assurer de faire tout en son pouvoir pour lui offrir le service demandé et les ressources nécessaires dans cette langue.

Jacinthe Savard (Ph.D.), professeure à l’École des sciences de la réadaptation et ergothérapeute, concentre sa recherche sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Son but : identifier les défis vécus par celles-ci, ainsi que des solutions qui permettraient à la population francophone en Ontario d’obtenir des soins dans la langue de Molière. 

La Québécoise d’origine a compris l’importance de la lutte menée par les francophones en situation minoritaire lors de la crise SOS Montfort en 1997. Au fil des ans, elle a aussi appris que les services de santé offerts aux gens dans leur deuxième langue pouvaient comporter une barrière à la guérison. Après tout, plusieurs études démontrent que les patientes et patients qui ne sont pas soignés dans leur langue posent moins de questions pendant les consultations et sont plus à risque de recevoir un mauvais diagnostic ou de vivre un incident lors d’une hospitalisation. 

Si l’on veut faire une différence et amener des changements durables dans le milieu des soins de santé, il faut commencer à la source. La professeure Savard et ses collègues l’ont bien compris, et c’est pourquoi depuis 2010, tous les étudiants et étudiantes des programmes de maîtrise de l’École reçoivent une présentation sur l’offre active. Des vignettes sont aussi insérées dans différentes composantes des cours afin de rappeler à la communauté étudiante d’appliquer le concept tout au long de leur programme. Ce faisant, on les amène à penser à l’impact potentiel sur la santé et le rétablissement d’une patiente ou d’un patient lorsque les soins ne sont pas prodigués dans la langue de préférence. 

La professeure Savard poursuit d’ailleurs ses recherches sur le sujet. Depuis 2019, elle est cotitulaire de la Chaire de recherche de l’Université d’Ottawa et de l’Institut du Savoir Montfort sur la santé des francophones de l’Ontario avec la professeure Louise Bouchard. La Chaire fait actuellement porter ses études sur la population aînée, mais ses activités de mobilisation des connaissances s’étendent à tous les groupes d’âge. 

En ce mois de la Francophonie, l’heure est à parler des défis auxquels font face les CLOSM. Vous vous demandez ce que vous pouvez faire concrètement? Aux francophones, la professeure Savard rappelle l’importance de : 

  • Revendiquer des services dans leur langue lorsqu’ils en ont la force 

  • Faire des démarches afin d’obtenir des services en français, dans la mesure où cela n’allonge pas indûment les délais d’attente 

  • Comprendre la nature des relations thérapeutiques et l’importance de se faire expliquer les choses dans sa langue 

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