La première lauréate de la bourse Ian-R.-Kerr aspire à un équilibre entre l’intelligence artificielle et les droits de la personne en Afrique

Faculté de droit – Section de common law
Bourses de stage
CDTS
Maîtrise
Expérience étudiante

Par Common Law

Communication, Faculté de droit

A woman leans on her elbows, she is smiling. There is a vase of roses beside her.
Le Centre de recherche en droit, technologie et société est heureux d’accueillir Ginika Ezeoke, la toute première lauréate de la bourse Ian-R.-Kerr pour la maîtrise en droit (LL.M.) avec concentration en droit et technologie.

Ginika Ezeoke est une avocate nigériane accomplie qui possède une vaste expérience des litiges et du droit commercial et des sociétés. Négociatrice hors pair, elle est spécialisée dans le droit des sociétés, de l’énergie et des valeurs mobilières, la conformité réglementaire, les fusions et les acquisitions, les opérations de capital-investissement, le financement garanti, ainsi que le droit du travail et de la santé.

Elle a été acceptée à la LL.M. avec concentration en droit et technologie. Comme elle satisfaisait aux critères de sélection et que son sujet de recherche – l’éthique entourant l’intelligence artificielle (IA) et les technologies – s’y prêtait, elle a été retenue pour la bourse Kerr à l’automne 2023.

Son plus récent projet consiste à produire une analyse comparative de la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) au Nigéria et au Canada. Son sujet de recherche, qui porte sur la gouvernance de l’IA et la création d’un équilibre entre la transition numérique et la protection des droits de la personne, et plus particulièrement sur le cas de l’Afrique, l’amènera à apporter de précieuses contributions au dialogue sur la technologie et le droit.

« L’objectif de cette recherche est de recommander des solutions entourant la gouvernance et la réglementation de l’IA en Afrique en prenant exemple sur d’autres pays avancés en la matière, comme le Canada », explique la boursière.

« La loi sur la protection des données au Nigéria a été promulguée en juin 2023. L’Afrique du Sud, elle, s’est munie en 2013 d’une loi sur la protection des renseignements personnels (loi 4). Ces deux textes législatifs mettent l’accent sur l’accès aux données et la confidentialité de ces données, ce qui ne représente qu’une facette de la transition numérique et de l’IA. C’est précisément sur cette lacune que j’aimerais beaucoup me pencher dans le cadre de mes recherches à l’Université d’Ottawa. »

A woman stands in front of a stage. The stage has 4 empty chairs. There is a large screen in the background.
Les 19 et 20 octobre, Ginika Ezeoke a participée à l'événement "Shaping AI for Just Futures", dans le cadre de la Conférence internationale IA + société

Dans sa lettre d’intention, Ginika Ezeoke a souligné les raisons faisant d’elle la candidate idéale pour ce programme : « Mon champ d’intérêt est un sujet brûlant d’actualité au Nigéria. Même sans la [Loi sur l’intelligence artificielle et les données], le Canada est un précurseur en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle : étudier ce sujet dans ce pays serait pour moi l’expérience d’une vie. Ces études me permettraient de rester au fait de la gouvernance de l’IA et de la réglementation à cet égard dans les pays avancés, et m’outilleraient pour remplir un rôle consultatif sur le sujet dans un pays en développement. »

Le professeur Michael Geist, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l’Internet et du commerce électronique, a affirmé que « Ian était un ami et un collègue exceptionnel, très en avance sur son temps. Ses écrits sur l’IA et la robotique semblaient à l’époque relever de la science-fiction. Pourtant, c’est bien là où nous en sommes aujourd’hui. Il nous reste de lui ses contributions scientifiques, certes, mais c’est peut-être son dévouement envers la communauté étudiante et notre programme d’études supérieures qui aura le plus marqué notre faculté. Ginika est la parfaite récipiendaire de cette bourse inaugurale, et je sais qu’Ian aurait été ravi de l’accueillir chez nous. »

Ginika Ezeoke est profondément reconnaissante envers les personnes qui ont donné au fonds de bourse, la Faculté de droit et l’Université dans son ensemble. « Les rêves peuvent bel et bien devenir réalité », constate-t-elle. 

« La protection des données, l’intelligence artificielle et l’éthique qui s’y rattache, le lien entre le droit et la technologie – tout ça m’intéresse énormément, ajoute-t-elle.  Je suis d’avis qu’il incombe au monde juridique de voir à ce que la voracité de la technologie n’empiète pas sur les droits des gens. Je suis attentivement le Projet de loi C-27 (Loi édictant la Loi sur la protection de la vie privée des consommateurs, la Loi sur le Tribunal de la protection des renseignements personnels et des données et la Loi sur l’intelligence artificielle et les données et apportant des modifications corrélatives et connexes à d’autres lois). Maintenant que la loi sur la protection des données a été adoptée au Nigéria, j’ai bien hâte d’explorer tout le potentiel du Projet de loi (et, plus tard, sa mise en œuvre) et l’effet qu’il aura sur l’IA et la protection des données au Canada, toujours dans l’esprit de la bourse Ian-R.-Kerr. »

a man is sitting at a desk. His arms are stacked and rested on the desk and his chin is rested on top of his hands. There are small robots in the foreground, on the desk.
Le professeur Kerr tenait à ce que la crème des étudiant.e.s des quatre coins du monde reçoivent le financement et le soutien nécessaires pour leurs recherche sur les questions juridiques, éthiques et politiques entourant les nouvelles technologies.

« Je suis tout particulièrement intriguée par le visionnaire qu’était Ian Kerr et qui, dans ses ouvrages tels que Bots, Babes and the Californication of Commerce (où il anticipait dès 2005 l’avènement d’agentes et d’agents commerciaux virtuels qui gagneraient la confiance des gens pour mieux les exploiter au nom des grandes sociétés, ce qui – tiens tiens – décrit justement notre réalité), a eu une profonde incidence sur la recherche à la croisée du droit et de la technologie. J’ai hâte d’apprendre notamment au contact de l’excellent corps professoral de la Faculté. »

La bourse Ian R. Kerr pour la LL.M. avec concentration en droit et technologie a été mise sur pied en l’honneur du professeur Ian R. Kerr, qui a grandement contribué au droit, à l’éthique et aux politiques entourant les technologies. Perpétuant son action pour rendre le milieu universitaire plus inclusif et soutenir des membres émergents de la communauté de recherche, le fonds créé à sa mémoire vient en aide à des membres de la population étudiante au deuxième cycle, au doctorat et au postdoctorat qui ont un parcours non traditionnel ou des points de vue hors norme, ou encore qui viennent de l’étranger et qui ne profitent généralement pas des modes de financement traditionnels.

Le professeur Kerr tenait à ce que la crème des étudiantes et étudiants des quatre coins du monde reçoivent le financement et le soutien nécessaires pour aller jusqu’au bout de leurs ambitions en recherche sur les questions juridiques, éthiques et politiques entourant les nouvelles technologies au Centre de recherche en droit, technologie et société (CDTS) de l’Université d’Ottawa.

Nous avons hâte de suivre l’évolution des projets de recherche réalisés par Ginika Ezeoke grâce à cette bourse.