L'agression chez les enfants  | par Clara Desharnais

Il est difficile de se prononcer sur le fait que certains comportements humains proviendraient de la nature. En effet, l’agression et la violence sont des comportements souvent interpellés comme provenant de la socialisation des humains, c’est-à-dire que ce seraient des comportements appris par la présence d’autres acteurs humains, et non comme étant inhérents à la nature humaine. Or, l’agressivité serait une faculté inhérente à l’être humain, qui serait présente dès la naissance (Vaillancourt, 2023). Ce comportement ne serait pas perçu négativement de prime abord. En effet, le groupe social reconnu comme étant le plus agressif serait les tout-petits enfants (toddler, en anglais), soit les enfants âgés de 1 et 3 ans (Vaillancourt, 2023). Comme ces enfants sont en plein apprentissage, la réaction violente ou agressive de l’enfant, telle que mordre, frapper, pousser, lancer des objets, etc. est considérée par les plus vieux comme étant anodine, puisqu’elles sont inoffensives.

Cependant, les comportements agressifs restent ancrés dans la nature humaine. Au sein même de ses comportements agressifs, il y a des distinctions entre les hommes et les femmes. De ce fait, les violences utilisées par les hommes sont des formes de violence plus directe, soit plus visible à l’œil, tant dans les gestes que tant les conséquences sur la personne victime de cette agression (Vaillancourt, 2023). Tandis que les femmes sont plus sujettes à utiliser des formes de violence moins perceptibles, telles que la violence psychologique. L’utilisation de formes de violence indirecte par la femme fait en sorte qu’elles sont considérées comme des individus moins violents, puisque ces formes sont plus difficiles à percevoir tant par la nature de l’acte que par l’impact que ces formes de violence laissent chez les personnes qui les subissent (Vaillancourt, 2023). Étant sociabilisées afin de ne pas utiliser la violence dite physique, d’autres types de violences surgissent. Tel est le cas de la violence psychologique, par exemple. Cette violence indirecte est surtout utilisée par les femmes, et ce même à leur très jeune âge (Vaillancourt, 2023). C’est de cette manière que certains enfants sont exclus de leur groupe d’amis, soit par les rumeurs que les autres lancent à leur égard, ou encore en les excluant volontairement de leur cercle d’amis parce qu’ils ne sont pas assez cool ou à la mode. Les personnes exerçant cette forme d’intimidation sont des individus ayant un leadership inné, qui ont des aptitudes sociales très hautes (Vaillancourt, 2023).

De plus, cette violence psychologique est grandement utilisée dans les situations de violence conjugale. C’est souvent de cette façon que les personnes au pouvoir au sein de la relation amoureuse prennent de l’emprise sur leur partenaire avant que s’émît la violence physique. Roy Dupuis, comédien dans l’émission à cœur battant, établit que la violence est un trouble, une maladie, qui se repend si elle n’est pas traitée (Radio-Canada, n.d.). Au cours de son entretien à l’émission, tout le monde en parle le 22 janvier 2023, il discute également de la violence conjugale dont il a été victime enfant. Il explique les répercussions de cette violence sur son parcours de vie (Radio-Canada, n.d.). L’émission à cœur battant démontre le contexte de la violence conjugale sous des perceptions différentes, soit l’aspect de condamnation de la violence ainsi que l’aspect de traitement de la problématique de violence.

Diverses formes de violence peuvent être utilisées afin d’isoler la victime de ces violences. C’est ce qui est possible de percevoir dans les cas d’intimidation à l’école primaire et secondaire, mais aussi dans les cas de violence conjugale. Or, un enfant victime de violence conjugale et familiale peut décider de se venger sur un ou plusieurs collègues de classe en ayant acquis des formes de violence perceptibles à la maison. À l’inverse, un enfant dans une position similaire à la maison peut choisir de s’exclure lui-même de son groupe d’amis et vivre une certaine forme d’intimidation de la part des autres enfants de son groupe en raison de ce choix. De ce fait, le trauma qu’intériorise l’enfant témoin et/ou victime de violence conjugale nuit à son développement. Le développement de l’enfant est donc affecté par ce trauma, faisant en sorte de nuire à son droit à un développement optimal. Roy Dupuis témoigne que le traumatisme qu’il retient de son expérience constitue les coups que sa mère a reçus de son père (Radio-Canada, n. d). Bien évidemment, le trauma de l’enfant peut provenir tant de la violence vécue à la maison que de la violence qu’il expérimente dans la cour de récréation par l’intimidation perceptible (Gachnochi, 2014).

Bien que l’agressivité soit inhérente à l’être humain, celle-ci peut être modulée au sein de la socialisation des individus. Dans certains cas la socialisation augmentera le niveau d’agressivité d’un individu alors que dans d’autres celui-ci sera diminué. Les dommages causés aux enfants intimidés ou exposés à la violence conjugale sont plus grands que ce que l’on croit, allant de la reproduction des gestes à l’acceptation de ses gestes dans leur relation future. Il serait donc pertinent de se concentrer sur la recherche de moyens pouvant limiter ces formes d’agression, qu’elles soient directes ou non. De plus, les mesures mises en place afin de contrer l’intimidation dans les cours de récréation doivent considérer toutes formes d’agression incluant les formes non directes qui sont autant nuisibles, mais beaucoup plus difficiles à percevoir.

Références