Étudiante d’aujourd’hui, leader de demain

Publié le dimanche 18 juin 2017

Caitlin Tolley travaille en ce moment comme assistante de recherche parlementaire auprès du sénateur Murray Sinclair. En juillet, elle occupera un poste de stagiaire à Toronto.

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Caitlin Tolley (B.Sc.Soc, 2014, et J.D., 2017) est une Algonquine de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg, située près de Maniwaki (Québec), à environ 90 minutes d’Ottawa. Elle raconte comment le fait d’étudier à l’Université d’Ottawa lui a ouvert de nombreuses portes.


Pour Caitlin Tolley, la préservation de sa culture et de ses traditions est importante. Ici, nous la voyons fièrement vêtue en danseuse à clochettes.

J’ai choisi de poursuivre mes deux programmes d’études, en science politique et en droit, à l’Université d’Ottawa à cause des possibilités uniques que je savais que je trouverais ici. Je sentais également que j’avais le devoir d’apprendre et de travailler sur la terre de mes ancêtres. Ils connaissaient la valeur d’Ottawa bien avant l’arrivée des colons.

Quand j’avais 21 ans, j’ai été élue au conseil de bande de ma réserve pour un mandat. En siégeant à un conseil à un jeune âge, j’ai compris que j’avais encore beaucoup à apprendre. En algonquin, on dit :« Kikinendam nongom, niganin wabang », ce qui veut dire : « Apprends aujourd’hui et mène demain ». C’est là que j’ai décidé d’étudier le droit. Et il m’a semblé logique de rester à Ottawa, là où je pourrais non seulement être au cœur des événements juridiques et politiques touchant au pays, mais aussi demeurer à proximité de ma communauté.

J’encourage souvent d’autres jeunes autochtones qui veulent poursuivre des études postsecondaires à venir à Ottawa, et en particulier, à cette université. Si vous aimez l’action politique, si vous désirez provoquer des changements, c’est ici qu’il faut être. Le fait d’étudier à l’Université d’Ottawa, en plein centre-ville, m’a permis d’être au cœur de l’action.

Pendant mes études de baccalauréat, j’ai fait un peu de bénévolat auprès de l’Assemblée des Premières Nations et j’ai siégé au conseil national de la jeunesse de l’APN. Cet avant-goût de la politique autochtone à Ottawa a suscité en moi un intérêt accru pour la réforme politique, la défense des droits autochtones et les questions juridiques à cet égard, et c’est ainsi que je me suis retrouvée sur mon cheminement professionnel actuel.

Puis, pendant mes études de droit, je me suis rendue souvent à la Cour suprême pour observer des cas. J’ai découvert un monde de possibilités dans cette ville, auxquelles je n’aurais pas eu accès si j’étais allée faire mon droit ailleurs. L’année dernière, l’ambassade américaine m’a sélectionnée pour participer à leur programme de leadership international (International Visitor Leadership Program), lequel consiste à travailler pendant trois semaines aux États-Unis sur la gouvernance autochtone. Et je reviens d’Hawaï, où j’ai également passé trois semaines, grâce à Fulbright Canada, un organisme qui a financé le déplacement de plusieurs étudiants pour permettre à ces derniers d’examiner de près les questions touchant les populations autochtones hawaïennes.

Dans le cadre de mes études de droit, j’ai aussi eu l’occasion de travailler à plein temps pendant quatre mois en tant que stagiaire juridique auprès du sénateur Murray Sinclair. J’ai donc eu le meilleur mentor du monde – car il est très inspirant! À présent, je m’apprête à m’installer pendant un an à Toronto, pour une autre merveilleuse opportunité : un stage à la Banque royale du Canada. Bien sûr, un poste en finance sur la rue Bay sera très différent de ce que j’ai fait jusqu’ici, mais je pense que nous avons besoin de juristes autochtones qui connaissent toutes les facettes du droit. Mon objectif à long terme consiste à contribuer à améliorer la vie des Autochtones, peu importe mes fonctions.

Caitlin Tolley offre des conseils aux jeunes Autochtones qui désirent faire carrière en droit comme elle.

Le 21 juin 2016 (Journée nationale des Autochtones), Caitlin Tolley figurait parmi les 12 jeunes leaders autochtones invités à s’exprimer devant le comité du Sénat sur les Autochtones.

 

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