Une étudiante transporte les STIM dans le Nord

Publié le mardi 26 septembre 2017

Des enfants portant des lunettes de protection sont assis autour d’une jeune femme qui tient deux bandelettes réactives.

Aybüke Özel donne un atelier sur la santé à des enfants de Whale Cove. Photo : Actua.

Par Brandon Gillet

Native de Turquie, Aybüke Özel en a fait du chemin pour transmettre la joie des sciences au grand public, et particulièrement aux jeunes. L’étudiante de quatrième année en génie civil a passé une partie de son été au Nunavut, où elle a utilisé sa passion pour les sciences, la technologie, le génie et les mathématiques (STIM) pour donner des ateliers à des élèves inuits.

« J’aime enseigner aux enfants et les inspirer, dit-elle. C’est plaisant de travailler avec eux. S’ils vous disent qu’ils vous aiment, vous savez qu’ils sont sincères! »

L’étudiante a décroché un emploi d’été auprès de la Fondation Actua, qui offre divers programmes éducatifs axés sur les STIM à l’intention des jeunes de tout le pays. La Fondation envoie des étudiants enthousiastes enseigner les sciences et la technologie dans des régions isolées du Canada, notamment au sein de communautés autochtones. Aybüke Özel s’est donc rendue dans plusieurs localités du Nunavut.

« J’ai donné des ateliers pour des enfants de la maternelle à la 12e année, dit Aybüke Özel. Il y a eu beaucoup de création de technologie, parfois de la programmation. Les plus vieux travaillaient sur des applications avancées. »

Une formation pertinente et pratique

Plutôt que de voir les enfants apprendre à dépendre de la technologie, Actua veut leur montrer à la créer.  Ses éducateurs ne manquent jamais de mettre la matière en contexte. Par exemple, un atelier dans une station météorologique est une occasion d’aborder des questions environnementales liées à l’Arctique.

Une jeune femme souriante porte un tee-shirt d’Actua.

Aybüke Özel. Photo : Actua

Les participants aux ateliers Actua peuvent toucher à différentes disciplines scientifiques, des sciences infirmières aux sciences de la santé en passant par les sciences environnementales. « Les enfants ont la chance de sortir et d’explorer la flore arctique, pour ensuite fabriquer du dentifrice dans le cadre d’une expérience. L’activité est donc liée à la santé et à la dentisterie, explique Aybüke Özel. On ne se contente pas d’enseigner; on veut que les jeunes s’approprient le projet. »

L’été dernier, elle a été monitrice aux Aventures en génie et en sciences, un camp d’été de l’Université d’Ottawa qui jouit du soutien d’Actua.

Le processus d’embauche de la Fondation Actua cette année comportait un volet où les candidats devaient préparer une leçon. Aybüke Özel s’est fait remarquer lorsqu’elle a commencé la sienne par quelques pas de ballet.

« J’avais cinq minutes, dit-elle. J’ai dansé pendant les trois premières, puis j’ai expliqué les principes scientifiques à la base de la danse classique. »

De la Turquie à l’Université d’Ottawa

Née à Istanbul, Özel a fait sa dernière année de secondaire au Canada grâce à un programme d’échange international. Comme elle fréquentait déjà une école française en Turquie, elle n’a eu aucune difficulté à terminer son secondaire dans une école de Trois-Rivières. Après s’être d’abord inscrite en gestion à l’Université d’Ottawa, elle a changé de domaine et étudie maintenant le génie civil en français.

Après son bac, elle souhaite étudier la conception durable et les matériaux écologiques aux cycles supérieurs et continuer à travailler comme bénévole auprès d’Ingénieurs sans frontières. Elle espère aussi obtenir sa résidence permanente au Canada.

Lorsque les élèves veulent en savoir plus à la fin d’une séance, la jeune femme sait qu’elle a réussi à les accrocher.

« Nous leur montrons que la science n’est pas la propriété de l’enseignant. Elle est déjà autour d’eux, et c’est une matière vivante », dit-elle. 

« Quand on voit leur enthousiasme persister, et qu’ils veulent embarquer leurs amis, c’est vraiment génial. Comme on le dit chez Actua, ils ont réussi à apprivoiser la science. »

Pour en savoir plus :

Aventures en génie et en sciences

Actua

Des enfants courent à l’extérieur. On voit quelques maisons et un lac en arrière-plan.

À Baker Lake, Aybüke Özel s’est servie de jeux comme la tague pour enseigner le principe de contagion. Photo : Actua

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