Des étudiants élaborent des plans de paix pour des pays en conflit

Publié le mardi 13 décembre 2016

Eighteen well-dressed students surround a man in a suit and tie. Everyone is smiling.

Les étudiants de quatrième année en études de conflits autour du premier secrétaire de l’ambassade d’Azerbaïdjan Arif Mammadov.

Par Brandon Gillet

Christoph Zuercher, professeur à l’Université d’Ottawa, procure à ses étudiants de quatrième année un apprentissage expérientiel d’un tout nouveau genre.

Dans un cours qu’il a spécialement conçu à l’intention des personnes inscrites dans le programme Études de conflits et droits humains, le professeur Zuercher offre à ses étudiants l’occasion d’élaborer des propositions de paix visant à résoudre le conflit qui oppose l’Arménie à l’Azerbaïdjan, puis de les présenter à des attachés d’ambassade de ces pays.

Ce conflit de longue date découle de revendications territoriales sur la région du Haut-Karabakh dans le Caucase du Sud. Si on le considère comme étant une guerre depuis la fin des années 1980, les tensions remontent cependant à la dissolution de l’empire russe en 1917.

A man in suit jacket and open neck shirt.

Le professeur Christoph Zuercher

Le professeur Zuercher explique les raisons qui l’ont motivé à mettre sur pied un projet universitaire qui défie véritablement les conventions :

« Parler d’un conflit de manière théorique est certes très pertinent, mais on reste souvent dans les généralités, car la théorie s’applique à toutes sortes de conflits. Je tenais à faire le contraire : examiner un conflit en particulier, pour que les étudiants en appréhendent toutes ses dimensions et chacun de ses aspects. Après quoi, nous avons relié notre étude au monde réel, en invitant un représentant de chaque pays, ce qui a permis non seulement de mieux comprendre les mécanismes de la politique, mais aussi de découvrir le côté psychologique de la question. Il s’agit d’une guerre, et quand les parties concernées en discutent, les émotions s’agitent, et nous devons comprendre cela. »

Répartis en trois groupes, les étudiants ont consacré le trimestre à étudier le conflit du Haut-Karabakh dans toute sa complexité. Bien que la raison et le dialogue jouent un rôle prépondérant dans la résolution de conflits, les étudiants ont pu constater également que les facteurs personnels et émotionnels exercent autant d’influence que la politique interne et externe sur le développement de la situation.

Les étudiants ont ainsi élaboré des propositions de paix dont l’approche se fondait sur la prise de décision conjointe, la restauration de la confiance, la réconciliation et la possibilité d’un référendum populaire sur l’indépendance.

La Gazette s’est entretenue avec des représentants des trois équipes, afin de recueillir leur perspective quant à leur expérience.

Forest Poff-Smith a surtout aimé le côté apprentissage expérientiel du cours et a loué cette occasion unique de collaborer avec des acteurs appartenant vraiment au contexte dont il était question.

« Pouvoir travailler auprès de hauts fonctionnaires arméniens et azerbaïdjanais a été une occasion sans pareil et une véritable récompense pour nous, après avoir étudié dans le domaine des conflits et des droits humains. En allant jusqu’au fond de ce conflit en particulier, nous avons pu saisir les multiples dimensions liées à ce genre de conflit et constater que la poursuite de la paix peut être un processus très complexe dans la réalité. »

 “Phase 6, Preparing for a Referendum”

Kaira Bakkestad-Legare

Sarah Black affirme que les étudiants ont pu mettre en pratique leurs connaissances pendant ce cours et que la rétroaction des représentants des deux nations a été utile à bien des égards.

« Cet exercice nous a permis de puiser dans tout ce que nous avons appris individuellement et collectivement au cours des quatre dernières années et d’avoir confiance dans notre formation. Nous avons su apprécier et comprendre de quelle manière les ardeurs humaines peuvent rejaillir sur les éléments intellectuels d’une proposition. Par ailleurs, cet exercice nous a procuré un aperçu de ce qui nous attend dans notre vie professionnelle et de l’importance de faire preuve d’adresse par rapport à ces enjeux si délicats. »

Kaira Bakkestad-Legare remarque que la participation des fonctionnaires a permis aux étudiants de ne négliger aucun aspect de la situation politique et de veiller ainsi à ce que les propositions soient réalistes.

« Grâce à cet exercice, nous avons pu sortir du cadre théorique pour orienter nos travaux universitaires vers la pratique. Dans ce cours, nous n’avons pas eu besoin d’imaginer la réaction des deux gouvernements, puisque nous avons eu l’occasion de rencontrer les représentants de leurs ambassades. Mais surtout, le fait de pouvoir discuter de nos propositions avec eux nous a permis de garder à l’esprit les enjeux très réels qui entourent un conflit. Ce cours nous a amenés à comprendre que lorsqu’on cherche et étudie des solutions pour promouvoir la paix et la sécurité, il ne faut jamais perdre de vue les répercussions du conflit sur la vie quotidienne des personnes. »

Seventeen well-dressed students surround a man in a suit and tie. Everyone is smiling.

L’ambassadeur d’Arménie au Canada Armen Yeganian avec les étudiants du cours. Photos : Sonia Vani

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