Étudier le droit avec un associé à quatre pattes

Publié le vendredi 22 septembre 2017

Lors de la collation des grades du printemps 2017, Sheila Nemcsok a reçu son diplôme de Juris Doctor aux côtés d’Aislin, sa chienne d’assistance, qui a obtenu un « Juris Dogtor » pour sa présence à la Faculté de droit. Photo : Kenya-Jade Pinto

Par Linda Scales

Sheila Nemcsok est arrivée à l’Université d’Ottawa avec tout un bagage de ressources personnelles pour mener à bien ses études de droit. En tant qu’étudiante adulte, elle a mis à profit son expérience de fonctionnaire fédérale. Ancienne nageuse compétitive, elle était aussi bien équipée pour relever le défi que représentent les études de droit. Et comme personne ayant un handicap auditif profond, elle a bénéficié de l’appui de son compagnon à quatre pattes, une gentille Labrador noire appelée Aislin, et du Service d’accès (appelé maintenant SASS – Accommodements scolaires) de l’Université d’Ottawa.

En ce moment, Sheila Nemcsok est en stage à la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral, un tribunal indépendant quasi judiciaire situé à Ottawa. La Gazette l’a récemment rencontrée, avec sa chienne Aislin, pour en savoir plus sur son expérience à l’Université d’Ottawa.

Pourquoi avez-vous choisi l’Université d’Ottawa?

Parce qu’elle est située dans la capitale nationale, la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa parvient à attirer des professeurs et des conférenciers de haut calibre qu’on ne retrouve pas dans d’autres établissements. Il y a aussi différentes possibilités d’apprentissage, comme des stages à la cour fédérale. Et en plus, et c’est tout aussi important, la population étudiante est très chaleureuse et accueillante.

Quel est votre champ d’intérêt?

Je m’intéresse au droit du travail et de l’emploi, ainsi qu’aux droits de la personne. J’ai travaillé pendant près de 10 ans en ressources humaines au gouvernement fédéral, et je m’intéresse aux droits de la personne en raison, notamment, des nombreux obstacles – parfois dressés par mes employeurs – que j’ai eu à surmonter à cause de mon handicap auditif. Le droit du travail et de l’emploi englobe toutes les expériences que j’ai vécues, ce qui me donne la capacité d’éprouver de l’empathie envers mes clients potentiels et de travailler avec eux à trouver des solutions.

À quel moment Aislin est-elle entrée dans votre vie?

Je suis née avec un handicap auditif profond, alors je lis sur les lèvres, je porte des prothèses auditives et je compte sur Aislin. Quand les gens nous voient ensemble, ils croient que je suis aveugle, car les chiens d’assistance sont souvent perçus comme étant seulement au service des personnes aveugles. Mais au Canada, les chiens d’assistance accompagnent des gens vivant avec différentes incapacités, comme un trouble de stress post-traumatique, ou un handicap moteur.

Quand j’ai commencé à habiter seule, j’ai réalisé à quel point j’étais dépendante des autres. Le matin, je restais endormie malgré l’alarme du réveille-matin parce que je n’avais plus de colocataire pour me lancer des oreillers! Pendant un voyage d’affaires, j’ai mis la réception de l’hôtel au courant de mon handicap pour qu’elle puisse m’avertir si quelque chose arrivait pendant la nuit. Le lendemain matin, j’ai appris qu’il y avait eu une évacuation. L’hôtel m’a dit que quelqu’un avait cogné à ma porte, mais comme j’avais enlevé mes prothèses auditives pour dormir, je n’ai rien entendu.

C’est pourquoi Aislin est entrée dans ma vie : je n’entendais ni les sons pratiques ni les bruits qui nous avertissent que notre vie est en danger. Aislin est entraînée à réagir à la plupart des sons. Si quelqu’un m’appelle, Aislin me donne de petites tapes et me conduit vers le son. Si c’est une alarme d’incendie, elle me tapote et fait un tour sur elle-même.

Comment avez-vous trouvé votre expérience à l’Université d’Ottawa?

C’est important de renforcer le lien avec notre chien d’assistance en l’amenant avec nous le plus souvent possible. J’ai passé beaucoup de temps à la Faculté de droit, donc Aislin m’y a accompagnée. Notre relation aurait pu être compromise si je l’avais laissée à la maison.

Aislin a fait ressortir le meilleur de tous ceux et celles que j’ai rencontrés. Je crois qu’elle a amélioré l’expérience de beaucoup de mes collègues de classe, grâce à son calme pendant les cours qui portaient souvent sur des sujets délicats. Aislin ronflait pendant les cours, alors j’avais peur de déranger les autres étudiants. Mais ceux-ci m’ont demandé de ne pas la réveiller parce qu’elle nous faisait du bien en nous faisant rire un peu.

Pour ma part, le Service d’accès a embauché des preneurs de notes et des sténographes afin de « saisir » les cours directement sur l’écran de mon ordinateur, pour que je puisse lire ce qui se disait. Ce système très efficace m’a permis de faire mes études de droit en toute confiance; je les ai réussies grâce à ces services.


Carrefour accessibilité de l’Université d’Ottawa

Le Carrefour accessibilité est une ressource en ligne créée par le Bureau des droits de la personne de l’Université à l’intention des étudiants, des employés ainsi que des visiteurs. En repérant et en éliminant les obstacles à l’accessibilité à l’Université d’Ottawa, le Carrefour souhaite faire du campus un lieu inclusif où tous et toutes se sentent appuyés. Le site contient de l’information, des outils et des ressources sur la façon d’acheter un permis de stationnement accessible, de fournir des renseignements accessibles, de demander des mesures d’adaptation, d’être bénévole à la brigade du Carrefour accessibilité, de connaître les perturbations de service sur le campus, et plus encore.


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