Une initiative nouvelle en faveur de l’égalité des sexes

Publié le mercredi 13 avril 2016

Martine Lagacé
Martine Lagacé, la nouvelle directrice à l’égalité des sexes et à la diversité de l’Université.
Par Mike Foster

Pourquoi les femmes restent-elles sous-représentées au sein du corps professoral, y compris à l’Université d’Ottawa?

Voilà l’une des questions qu’explorera au cours des trois prochaines années Martine Lagacé, nouvelle directrice à l’égalité des sexes et à la diversité de l’Université. Ce poste a été créé sur recommandation du Comité de direction du recteur sur l’égalité des sexes au sein du corps professoral. Mis sur pied par le recteur Allan Rock, ce comité vise à répondre aux préoccupations des membres féminins du personnel enseignant au sujet des barrières et difficultés diverses auxquelles elles se butent au cours de leur carrière universitaire.

Ancienne journaliste de Radio-Canada, Mme Lagacé, qui est vice-doyenne à la gouvernance et secrétaire de la Faculté des arts, entreprendra sous peu un vaste examen du statut des professeures. Son objectif final : aider les facultés à mettre en place des initiatives destinées à combler le fossé entre les sexes. La Gazette l’a rencontrée pour lui demander comment elle entend s’attaquer à cette tâche.

Q : Qu’est-ce que cela représente pour vous, de vous voir confier cette responsabilité?

R : J’en suis très, très heureuse. Cela s’inscrit dans la continuité de la recherche que je mène depuis 20 ans. Mon doctorat, obtenu à l’École de psychologie de l’Université (2004), portait sur les questions d’inclusion et d’exclusion et sur les stéréotypes. L’une des études que j’ai dirigées a mis en lumière les effets psychologiques négatifs de l’exclusion en milieu de travail : elle entraîne un désengagement de la part des employés et une diminution de leur estime de soi. Mon nouveau poste apparaît donc comme une suite logique de mon travail passé.

Q : Quelle est la situation des professeures à l’Université d’Ottawa, et comment cette dernière se compare-t-elle sur ce plan avec d’autres universités nord-américaines?

R : L’Université n’est pas sans problème, mais beaucoup de progrès ont été accomplis. Le nombre de femmes occupant des postes menant à la permanence augmente, même s’il y a encore place à l’amélioration. Par ailleurs, il faut en moyenne six mois de plus à une femme qu’à un homme pour être promue au rang de professeur titulaire. Mon mandat consiste notamment à tâcher de comprendre pourquoi il en est ainsi. Y a-t-il des obstacles structurels? De nombreuses autres universités éprouvent les mêmes difficultés en ce qui concerne la titularisation. Je ne dirais pas que l’Université d’Ottawa est à la traîne : elle se situe dans la moyenne.

Q : Comment vous y prendrez-vous pour vous attaquer à cet enjeu important?

R : La première étape de mon travail consistera à mettre sur pied un comité, réunissant idéalement des représentants de chaque faculté. Une autre priorité sera d’évaluer l’état actuel de la situation. Les données dont nous disposons actuellement remontent à 2008. À l’époque, seulement 36 %, environ, des membres de notre corps professoral étaient des femmes. On peut penser que les choses ont changé depuis. Je compte aussi organiser dans chaque faculté, vers le début de l’année prochaine, des groupes de discussion réunissant des professeurs des deux sexes, afin qu’ils puissent exprimer leurs préoccupations. Enfin, je souhaite recruter dans chaque faculté des alliés qui collaboreront avec moi.

Mon mandat porte au premier chef sur l’égalité des sexes. Cela dit, la célébration des différences et la reconnaissance de leur valeur pour notre milieu de travail sont également primordiales. Nos recherches montrent que plus les équipes de travail sont diversifiées, regroupant des personnes d’âge, de culture et de genre différents, plus elles sont productives. Je crois qu’un dialogue sur la diversité naîtra de nos discussions avec les membres du personnel enseignant.

Q : Comment la communauté universitaire a-t-elle réagi jusqu’à présent?

R : Lorsqu’Allan Rock a annoncé la création de mon poste, j’ai reçu près de 50 courriels de la part de collègues, dont certains que je ne connais même pas, qui me disaient à quel point cette initiative les réjouissait. Je sens donc de l’enthousiasme, et une volonté de travailler à l’amélioration de l’égalité entre les sexes et de la diversité. Si nous voulons rester concurrentiels sur le plan de la recherche et de l’enseignement, en offrant des chances égales aux meilleurs éléments, qu’ils soient hommes ou femmes, l’action de notre comité sera extrêmement importante.

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