L’Université d'Ottawa dépasse ses objectifs de gestion énergétique

Publié le mercredi 19 avril 2017

Les rénovations écoénergétiques à Roger-Guidon créent des économies d’un million de dollars.

Par Brandon Gillet

Nous avons tous vu, un peu partout sur le campus, les affiches faisant la promotion des pratiques durables et nous encourageant à réduire, à réutiliser et à recycler. Mais que se fait‑il au juste en coulisses pour amoindrir la facture énergétique et l’empreinte écologique de l’Université d’Ottawa?

L’utilisation judicieuse de l’énergie est souvent la pierre angulaire des efforts déployés au nom du développement durable. Le Service des immeubles et son Bureau du développement durable se consacrent depuis des années à une campagne à volets multiples comprenant l’intégration des technologies vertes et la rénovation en profondeur des bâtiments les plus âgés sur le campus.

Prenons le pavillon Roger-Guindon. Avec ses 600 000 pieds carrés et ses nombreux laboratoires, cet édifice demande un entretien onéreux. Or, les rénovations ont entraîné de considérables économies d’énergie.

« Lorsque nous faisons des rénovations en profondeur, nous nous efforçons de réutiliser sous une autre forme l’énergie dont nous disposons déjà au lieu de faire des achats énergétiques coûteux », explique Pierre De Gagné, directeur des services publics et du développement durable.

« Vu les nombreux systèmes d’envergure et les activités de recherche menées dans l’édifice, le projet Roger-Guindon est probablement le plus exigeant que nous ayons piloté jusqu’à présent. Nous visons des économies énergétiques de 800 000 $ par année, mais nous avons tout mis en œuvre pour réaliser des économies d’un million ».

« Réaliser des économies de 5 millions de kWh par année n’est pas une mince tâche. Or, nous avons atteint cet objectif grâce aux rénovations faites seulement dans cet édifice », affirme Pierre De Gagné, qui fait également remarquer que l’ensemble du campus fonctionne avec un peu moins de 90 millions de kWh par année.

Question de mettre les choses en perspective, la consommation annuelle moyenne des ménages peut s’élever à 12 000 kWh, ce qui veut dire que l’énergie consommée à Roger-Guindon pourrait alimenter environ 420 grandes maisons avec spa.

Le remplacement des 150 hottes favorisant la bonne ventilation des laboratoires était au nombre des mesures d’économie d’énergie. Ainsi, le nouveau système sera non seulement écoénergétique, mais également beaucoup plus facile à entretenir.

« Le pavillon Roger-Guindon occupe 10 % de l’espace sur le campus, mais représente environ 25 % de la consommation d’énergie, souligne Pierre De Gagné. Nous avons fait diminuer la consommation d’énergie du tiers tout en desservant le même nombre de personnes et tout en maintenant les mêmes activités de recherche. »

Des économies notables ont également été réalisées à la Centrale thermique. Après des années de progrès grâce à de multiples rénovations écoénergétiques, la plus petite chaudière du bâtiment fait plus répondre à la demande énergétique réduite durant la période estivale. En outre, des économies énergétiques substantielles seront fort probablement réalisées à la suite des travaux réalisés cette année au pavillon Colonel-By et au Complexe des biosciences.

Selon Pierre De Gagné, le campus a plus que triplé en grandeur, en population et en intensité de recherche depuis 1974, année à laquelle l’Université a embauché son premier gestionnaire de l’énergie. Or, la consommation énergétique actuelle par mètre carré est plus faible que la consommation observée il y a 40 ans.

« La moyenne annuelle dans les installations du campus glisse petit à petit vers les 1 000 unités d’énergie par mètre carré, baisse substantielle par rapport aux 3 600 unités enregistrées en 1974. Nous avons également des plans pour réaliser d’énormes économies d’énergie au moyen de nombreuses petites mesures », ajoute-t-il.

Ces gestes anodins aux retombées considérables comprennent l’installation d’ampoules écoénergétiques et le fait de vérifier que les systèmes sur le campus sont éteints lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

L’Université participe également au système d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre de l’Ontario, et ce, même si ses niveaux d’émission se situent sous le seuil au-delà duquel elle serait tenue légalement de participer.

« Notre défi est de réduire l’empreinte écologique de l’Université d’Ottawa même si notre croissance reste constante, affirme Pierre De Gagné. N’oublions pas que la crédibilité se bâtit seulement sur les derniers gestes que nous posons! »

En 2016, les émissions se chiffraient à 15 386 tonnes, ce qui représente une réduction de 30,4 % par rapport aux 22 109 tonnes enregistrées en 2005. Cette diminution démontre que l’Université est en bonne voie pour atteindre son objectif de réduire, d’ici 2020, ses émissions de gaz à effet de serre de 34 % par rapport aux niveaux de 2005, objectif deux fois plus ambitieux que les cibles canadiennes.

 

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