À la recherche de sons du passé

Publié le mardi 9 mai 2017

Professeur Jean-Francois Lozier (à gauche), Bryan Dewalt (troisième à partir de la droite), et Morgan Weir (quatrième à partir de la droite) avec ses collègues de classe de diverses disciplines des arts, y compris l’anglais, le théâtre et les études médiévales.

Par Brandon Gillet

Pendant le trimestre d’hiver 2017, la Faculté des arts et le Musée des sciences et de la technologie du Canada (MSTC) ont fait équipe afin d’offrir un cours unique en son genre qui a permis aux étudiants de chercher des sons du passé. Cette année, le nouveaux séminaire bilingue de quatrième année en études interdisciplinaires (AHL 4900) offert par la Faculté des arts est venu avec une touche de fraîcheur : plutôt que de passer tout leur temps en classe, les étudiants se sont aussi aventurés dans un entrepôt où le MSTC conserve ses collections et ont pu y conduire des recherches interdisciplinaires sur des sons du passé.

Ce cours a été donné par Jean-François Lozier, professeur du Département d’histoire qui a obtenu une absence autorisée du Musée canadien de l’histoire. Selon lui, c’est Kevin Kee, doyen de la Faculté des arts, qui avait d’abord proposé cette idée nouvelle comme moyen de collaborer avec le MSTC qui s’intègre dans la poussée de la Faculté vers les sciences humaines numériques.

« Nous voulions donner aux étudiants de la Faculté des arts la chance de découvrir de nouvelles disciplines et d’explorer un environnement de travail : [nous voulions] leur donner l’occasion de sortir du contexte universitaire habituel. »

Bryan Dewalt, directeur de la Division des conservateurs du MSTC, a expliqué que le musée est fier d’organiser des activités qui impliquent ses collections. Cependant, M. Dewalt savait que son personnel ignorait comment donner accès aux collections à ces sept étudiants de l’Université d’Ottawa, puisque le musée subit d’importantes rénovations afin de préparer 7400 mètres carrés de nouvel espace d’exposition avant la réouverture en novembre 2017.

« Nous voulions vraiment travailler avec l’Université d’Ottawa, mais nous sommes débordés de travail à cause de l’ouverture du musée et nous ne pensions pas avoir le temps nous préparer suffisamment, dit‑il. Nous avons alors pensé, ‟pourquoi ne pas les faire travailler avec des objets que nous avons déjà sélectionnés pour l’exposition?” »

La console de commande militaire faisant partie du système de radar à BFC North Bay, utilisée vers 1960 pour protéger le Canada et les États-Unis contre les attaques aériennes.

Ainsi, le musée a attribué à chaque étudiant un objet qui fera partie de l’exposition pour la réouverture du musée. Les étudiants ont cherché les sons que ces objets auraient pu produire, puis ont créé des enregistrements afin d’ajouter une dimension à l’exposition.

« Dans un musée, le son est souvent un élément négligé. Nous avons donc tenté de trouver un moyen d’amener les artefacts à s’ouvrir par le son, de leur insuffler un peu de vie. »

Comme les conservateurs avaient choisi le thème de la science-fiction, plusieurs des objets étaient des artefacts futuristes datant de l’époque de la guerre froide, tels un microscope électronique et des vestiges des débuts de la fuséologie. M. Lozier a lui-même décidé d’étudier le son qui aurait animé un pupitre de commande militaire.

« Ça m’a permis de partager cette expérience avec les étudiants, dit-il. Mon rôle n’était pas tant celui d’un professeur qui débite des connaissances, mais plutôt celui d’un entraîneur. Je suis persuadé que ce cours aura offert aux étudiants une expérience qui sort de l’ordinaire. »

Un tube à rayon x fabriqué par Canadian General Electric entre 1900 et 1920.

Dès que Morgan Weir a appris l’existence de ce cours par un courriel de la Faculté, elle a saisi l’occasion pour acquérir de l’expérience dans un musée. L’étudiante en études anciennes a été affectée à l’étude d’un prototype de rayon x qui ressemble à une grosse ampoule électrique dont l’intérieur émettait de vives étincelles. Elle a rapidement constaté que ce serait un défi de déterminer le son que produisait cet objet, étant donné qu’il n’avait pas fonctionné depuis presque un siècle.

« À partir de mes recherches et des connaissances d’un des conservateurs, j’ai pu créer un paysage sonore correspondant au bruit que je pense que le tube à rayons X émettrait, dit-elle. »

« Ce qui m’a le plus marquée est la manière dont les employés du musée ont offert leur aide sans être trop s’impliquer. Ils étaient toujours présents pour nous fournir de l’information historique et pour faire des suggestions auxquelles nous n’aurions pas pensé nous-mêmes, mais ils nous ont laissé le plein contrôle créatif. »

Une fusée fabriquée dans les années 1960 par Bristol Aerospace pour transporter de l’équipement scientifique dans la haute atmosphère pour faire des expériences et des observations.

 

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