Fierté paralympique à l’Université d’Ottawa

Publié le mercredi 7 septembre 2016

Andrew Todd wearing lycra shorts and sleeveless shirt with an oar slung across his shoulder

Le rameur paralympique Andrew Todd doit certains des plus beaux souvenirs associés à son sport à l’Université d’Ottawa. « L’aviron m’a permis de vivre une expérience universitaire complète, avec d’un côté les études, de l’autre le sport et la possibilité de nouer des amitiés » Photo : Kevin Light Photo.

Par l’équipe de la Gazette

NDLR : Andrew Todd et ses coéquipiers ont obtenu le bronze dans le quatre mixte avec barreur à Rio, la première médaille du Canada en aviron depuis l’introduction de ce sport aux Jeux paralympiques en 2008.

Deux athlètes paralympiques ayant des liens avec l’Université d’Ottawa ont chacun une histoire bien particulière à raconter. Mais tous deux ont en commun d’avoir surmonté d’importants obstacles pour participer aux Jeux paralympiques de 2016.

Au printemps 2013, Andrew Todd, ancien membre de l’équipe d’aviron des Gee-Gees, tentait de conquérir une place au sein de l’équipe masculine poids léger qui allait représenter le Canada aux Championnats du monde d’aviron. Un jour qu’il faisait du vélo, il a été happé par un autobus scolaire. L’accident a bien failli le tuer et mettre fin à son rêve de se rendre un jour au Brésil comme olympien.

La gravité de ses blessures menaçait de l’empêcher de pouvoir refaire un jour de l’aviron. Mais avec l’appui de ses parents, de sa grand-mère et de sa petite amie, Jenna Pelham (B.Sc. 2012 et ancienne rameuse pour les Gee-Gees), il a réussi à passer à travers 28 mois de récupération et plus de 10 interventions chirurgicales.

« En raison de tous les dommages subis par les muscles et le genou, le quadriceps et les ischiojambiers de ma jambe droite n’ont plus que les trois quarts de la force de mon côté gauche », dit-il. « J’ai des lésions permanentes aux nerfs dans la partie inférieure de ma jambe, ce qui altère la stabilité de ma cheville et diminue ma force. J’ai aussi eu le bassin fracassé et le genou fracturé en plusieurs endroits. »

« C’est l’aviron qui a été une puissante source de motivation pendant ma convalescence », ajoute-t-il. « Je savais que remettre le pied dans un bateau et recommencer à ramer m’aiderait à reprendre le dessus. »

« Après l’accident, je n’aurais jamais cru qu’il m’aurait un jour été possible d’aller à Rio. J’ai été le premier surpris! »

Aux Jeux paralympiques 2016, du 9 au 11 septembre, Andrew Todd prendra part à l’épreuve de quatre mixte (c’est-à-dire deux rameurs et deux rameuses) avec barreur, dans la catégorie JTB, qui désigne les athlètes ayant des mouvements des jambes, du tronc et des bras. Dans la même épreuve, l’équipe dont il faisait partie s’est classée troisième aux Championnats du monde d’aviron 2015, en France, assurant ainsi au Canada une participation aux Jeux paralympiques. Il s’agissait d’une première compétition de niveau international pour Andrew Todd.

Originaire de Thunder Bay, en Ontario, celui-ci n’a commencé à pratiquer l’aviron qu’en 2007. Il a été membre de le club competitif d’aviron des Gee-Gees de 2008 à 2011. En 2012, tout en continuant de s’entraîner avec les Gee-Gees, il a commencé à viser une place au sein de l’équipe nationale. L’année suivante, il a été invité par Aviron Canada à venir faire un essai. Il était à l’entraînement lorsque l’accident s’est produit.

Malgré ce coup dur, Andrew Todd est maintenant en voie de réaliser son rêve de participer aux Jeux de Rio, grâce à un entraînement intensif sur l’eau et en salle de gym au centre d’entraînement d’Aviron Canada, à London, en Ontario.

« Je suis excité, évidemment, d’aller aux Jeux, mais je ne peux pas encore dire mission accomplie. Si je veux pouvoir chérir plus tard ce moment précieux, je dois me concentrer sur ce qu’il me reste à faire maintenant. »

Après les Jeux, ce diplômé d'un programme conjoint de sciences et génie en biochimie et génie chimique (biotechnologie), souhaite continuer l’aviron et entreprendre une carrière en médecine.

« C’est avec cet objectif en tête que j’ai fait le programme de biotechnologie. Je pense que mon expérience m’a beaucoup appris et a renforcé mon désir d’aider les gens grâce à la médecine. »

Deuxième participation aux Jeux paralympiques pour la nageuse Camille Bérubé

Camille Bérubé wearing a swimsuit, with her muscular arms crossed

Camille Bérubé. Photo : Richard A. Whittaker.

Mieux vaut tard que jamais : Camille Bérubé n’a su qu’elle irait à Rio de Janeiro que tout récemment. Celle qui s’apprête à entamer une troisième année au sein de l’équipe de natation des Gee-Gees participera aux Jeux pour la deuxième fois de sa carrière.

Cette native de Gatineau faisait partie des quatre nageurs qui, le lundi 29 août, sont venus grossir l’équipe canadienne à 26 membres. L’ajout de ces places supplémentaires a été rendu possible par la décision du Comité paralympique international de suspendre toute l’équipe paralympique de Russie. 

Ayant raté de peu sa qualification pour accéder à l’équipe, lors des essais en avril, Camille Bérubé a vu dans cette annonce la chance de se reprendre. Athlète accomplie ayant remporté trois médailles aux Jeux parapanaméricains de Toronto 2015, elle avait vécu son échec initial comme un coup dur.

« Il n’y a pas de mot pour décrire la fierté que je ressens à l’idée de participer à mes deuxièmes Jeux paralympiques », a dit l’étudiante en communication dans un tweet. À Rio, elle nagera le 100 mètres brasse, épreuve qui lui a valu une médaille de bronze aux Jeux parapanaméricains.

À la suite d’un diagnostic de cancer reçu à la naissance, Camille Bérubé n’a qu’une mobilité réduite dans les jambes. Elle a dû travailler très fort pour devenir l’athlète de haut niveau qu’elle est aujourd’hui.

« Nous sommes extrêmement fiers de Camille, et je sais qu’elle sera une excellente ambassadrice pour le Canada encore cette fois », a déclaré Dave Heinbuch, entraîneur-chef des Gee-Gees, qui a aussi été l’entraîneur du club où s’entraînait la nageuse avant de se joindre aux Gee-Gees.

Camille Bérubé a nagé quatre épreuves différentes aux Jeux paralympiques de Londres, en 2012. Elle a terminé au 11e rang dans le 100 mètres dos et le 200 mètres quatre nages individuel.

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