Les humanités numériques : qu’est-ce que ça mange en hiver?

Publié le mardi 21 août 2018

La professeure Constance Crompton

Les champs de recherche de la professeure Constance Crompton sont l’histoire queer, la culture visuelle et populaire victorienne, la prosopographie, le Web sémantique et le code comme mode de communication représentatif.

Par Robert Greeley

Le domaine des humanités numériques peut sembler mystérieux. Nous avons demandé à la professeure Constance Crompton, titulaire de la Chaire de recherche en sciences humaines numériques de la Faculté des arts, de nous expliquer de quoi il s’agit exactement.

Qu’est-ce que les humanités numériques?

Dans les sciences humaines numériques, les ordinateurs nous aident à approfondir les connaissances des sciences humaines. Ils nous permettent de poser des questions que nous n’aurions jamais pu aborder autrement et de trouver des réponses. Par exemple, il serait impossible pour une personne de lire 5 000 ouvrages du 19e siècle, mais des algorithmes peuvent faire ressortir des tendances permettant de mieux comprendre des virages culturels et des innovations de cette époque.

Grâce à des visualisations numériques, nous pouvons aussi faire ressortir des liens entre des personnes et ce, mieux qu’à l’écrit. Il est possible de créer des expositions numériques qui regroupent des éléments rares et inusités qui ne pourraient jamais être réunis dans le monde réel.

Pourquoi est-il important d’étudier les humanités numériques?

Les sciences humaines sont reconnues pour aborder des questions complexes qui façonnent notre quotidien, que ce soit la façon d’atténuer les effets de la xénophobie ou du racisme, ou de maintenir une démocratie florissante. Il est important que les sciences humaines soient prises en compte dans l’avancement des technologies, de l’intelligence artificielle et des médias, tout comme il est important que les outils numériques aident à répondre aux questions des sciences humaines.

Les sciences humaines, et les arts en général (l’histoire, la philosophie, les études littéraires, la communication, les beaux-arts, etc.), nous aident à comprendre l’histoire et à trouver des façons d’apporter des changements concrets. L’ajout d’outils numériques aux recherches en sciences humaines et, en contrepartie, des recherches en sciences humaines aux innovations du monde numérique, permet de réaliser de grandes choses.

La professeure Constance Crompton et un étudiant regardent un écran sur lequel un graphique est affiché.

La prrofesseure Crompton et ses étudiants conçoivent des représentations graphiques de réseaux dynamiques pour explorer l’histoire gaie canadienne.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui se dirigent vers les humanités numériques?

Cette discipline est idéale pour ceux qui aiment créer des choses pour mieux les connaître. Je recommande aux gens qui s’intéressent aux sciences humaines numériques d’aller de l’avant et de se bâtir une tolérance à la répétition en participant à des projets qui mettent à profit leur capacité d’effectuer des recherches en arts et en sciences humaines. Suivez un cours de sciences humaines numériques, participez à un atelier ou rejoignez les rangs de l’équipe de recherche d’un professeur.

Qu’est-ce qui fait d’Ottawa un bon endroit pour travailler dans ce domaine?

C’est une ville formidable. L’Université d’Ottawa est une pionnière dans le domaine : elle a été parmi les premières au Canada à se doter d’un laboratoire de sciences humaines numériques. Elle recèle d’activités intéressantes liées aux sciences humaines numériques, comme une mineure, une série de conférences et des ateliers offerts par la bibliothèque. La plupart des universités qui ont des programmes de sciences humaines numériques ne les offrent qu’aux cycles supérieurs, mais l’Université d’Ottawa permet aux étudiants de s’y inscrire dès le premier cycle.

De plus, la ville regorge d’institutions et d’événements qui donnent l’occasion aux étudiants de mettre en pratique les sciences humaines numériques, comme Bibliothèque et Archives Canada, le Musée des sciences et de la technologie du Canada ou les événements de HackerNest et Start-Up Weekend. Imaginez toute cette synergie de sciences humaines numériques en un même endroit!

La professeure Constance Crompton et un étudiant regardent un écran d’ordinateur.

La professeur Crompton croit que les humanités numériques peuvent nous aider à comprendre le passé pour créer un avenir meilleur.

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