Une nouvelle chaire de recherche pour faire face aux défis planétaires de notre époque

Publié le mardi 2 février 2021

Oeuvre abstraite peinte dans les tons de turquoise et de blanc qui représente des étendues de terre interreliées sur une étendue d'eau

L'artiste et employé de l'Université d'Ottawa Roméo Godin a été mandaté pour peindre une œuvre inspirée de l’urbain anthropocène dans le cadre du lancement de la chaire de recherche. 

L’anthropocène est le terme utilisé pour désigner les impacts de l’activité humaine sur la planète, et ce, à une échelle encore jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Certains l’attribuent à une époque géologique, d’autres aux effets cumulatifs depuis la révolution industrielle caractérisée par le développement du capitalisme. Une nouvelle chaire de recherche vient d’être créée pour étudier plus spécifiquement l’urbain anthropocène, soit la confluence entre deux transformations contemporaines majeures : la crise environnementale et les enjeux urbains du XXIe siècle. 

Cette nouvelle chaire de recherche conjointe entre l’Université d’Ottawa et l’École urbaine de l’Université de Lyon se penchera sur la relation entre la croissance accélérée des villes et la crise climatique, ses conséquences, ainsi que les façons de relever les défis connexes. Le titulaire de cette chaire, l’anthropologue et professeur à la Faculté des sciences sociales Vincent Mirza, travaillera ainsi en étroite collaboration avec le géographe Michel Lussault, directeur de l’École urbaine de Lyon.

« Le changement global étant au centre de nos préoccupations, nous avons créé cette chaire de recherche conjointe afin de faire émerger des outils communs pour faire face aux enjeux urbains et anthropocèniques actuels et développer des thèmes de recherches autour des villes et de l’anthropocène », partage le professeur Mirza.

Il nous explique d’ailleurs que les enjeux dont il est question sont principalement attribuables à l’accélération du développement économique et industriel. Alors que la population mondiale continue d’augmenter et que les développements urbains modernes se font à une vitesse exponentielle, on observe des transformations environnementales majeures et irréversibles. Pensons aux changements climatiques, aux catastrophes naturelles, à l’extinction des espèces et à l’épuisement des ressources, y compris celles que nous estimons renouvelables. 

Une approche novatrice pour un domaine de recherche en émergence

Portrait de Vincent Mirza

Vincent Mirza est professeur à la Faculté des sciences sociales et titulaire Chaire conjointe de recherche uOttawa-ULyon sur l’urbain anthropocène.

La Chaire conjointe de recherche sur l’urbain anthropocène s’inscrit dans une approche créative et expérimentale afin d’élaborer des solutions qui répondront à cette situation sans précédent. Le professeur Mirza y voit en quelque sorte un incubateur de recherches innovantes. 

Pour approfondir des questions variées, y compris l’aménagement des espaces urbains, notre relation au travail, les inégalités, la production agricole et l’approvisionnement alimentaire, la Chaire adopte une perspective interdisciplinaire. Elle fera ainsi appel à des expertises diversifiées, entre autres en anthropologie, géographie, urbanisme, droit, biologie, génie, économie, politique et études environnementales.

Par ailleurs, la Chaire vise à dynamiser la façon de réfléchir aux enjeux auxquels nous faisons face collectivement en mobilisant un éventail de parties prenantes et en encourageant le débat public. Il est notamment question de proposer des événements qui misent sur la participation citoyenne pour développer des connaissances et des solutions afin de repenser l’avenir des villes.

« Nous souhaitons nous appuyer sur une manière originale de faire de la recherche avec des partenaires universitaires et communautaires dans une perspective de co-construction des savoirs. Pensons par exemple à des collaborations avec des artistes, des architectes et des membres de la société civile pour produire différentes formes de connaissances sur le monde et favoriser la réflexion sur le monde qui nous entoure », ajoute le professeur Mirza.

Faire appel à l’expertise internationale  

La création de la Chaire en collaboration avec l’École urbaine de Lyon permet de tirer parti de l’expertise canadienne et française et de valoriser les courants intellectuels francophones. 

Dans sa démarche globale, elle sollicitera aussi des groupes de recherche de partout dans le monde. Grâce à des partenariats déjà bien établis, elle favorisera le partage des connaissances dans un réseau international.

« Il s’agit de contribuer à l’élaboration d’un nouveau mode collectif d’appréhension des problématiques urbaines et environnementales », conclut Vincent Mirza. 

Cette approche favorisera la mobilité des chercheurs et chercheuses et des étudiants et étudiantes s’intéressant aux processus urbains et à l’anthropocène, lorsque les voyages internationaux seront de nouveau possibles. 

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